‹ La guerre des blasons: comédie en trois actesChapitre 5 sur 22 · VALK?ITI!ME · texte numérisé non relu

VALK?ITI!ME

Mais par où se serail-il échappé?

LA coMT£ssE [cherchant).

Par celle vaste cheminée.

VALBNTINE.

Impassible. Une grille de fer en défend l'ouverture, et d'ailleurs, m Tavons-nous pas laissé, courant aux côlés du duc, à la poursuite d'un cerî?

C'est vrai, el même, hardi comme un centaure, il franchissait des obstacles à donner le vertige... Je suis en déroule... (Se parlant à elle-même) Ce ne peut être une femme, et puis, qui dit deux amies, dit deux rivales I — Un homme se fût trahi cent foisi Toute une saison de patience pour un arifïour anonyme, c'est bon dans les contes de fée! Je ne vois plus que Maurice, ton aulre adorateur.

VALENTiNE {souriant).

N'en ai-je que deux?

LA COMTESSE

Coquette I II a de l'esprit, monsieur mon frère, mais jamais une idée pareille ne lui pousserait. Pour un banquier, les arts sont des zéros sans unités. Cela se porte au passif.

VALENTINE

Je défends monsieur Maurice. Ne fail-il pas le plus généreux emploi de sa fortune? De ton propre aveu, ses salons sont cités partout comme le rendez-vous de toutes les célébrités artistiques.

LA COMTESSE

Affaire de mode ! Mais quelle chaleurl Prends garde, si le Prince l'entendait, il pourrait être jaloux.

VALENTINE

Que non. Ils sont trop amis pour avoir ce ridicule.

LA COMTESSE

Mais loi, n'as-lu conçu quelques soupçons qui puissent nous mettre sur la voie? Aide-moi donc un*peu.

VALENTINE

Tout d'abord, je devins inquiète, presque chagrine de cette association mystérieuse. Puis, peu à peu, je suis tombée sous le charme. Celte communauté d'art avait tant d*atlraits, que j'en fus presque étourdie! Dis-moi le pourquoi, si tu peux?

LA COMTESSE

Il ne me reste plus qu'à croire aux revenants. . . ou au diable. En entrant, ce pavillon me Taisait peur. Maintenant, j'ai presque envie de me trouver mal. Ma chère petite, tu m'as demandé un conseil. Je repars demain pour Paris : viens avec moi. Là-bas, on sacrifie aux pompes de Satan, mais on n'est pas exposé à un tête à tête avec sa laide personne.

VALENTINE

Que lu es amusante !

LA COMTESSE

Tant que tu voudras, mais nous sommes ici en pleine sorcellerie. Je parierais que lorsque minuit soniie, cela sent le soufre. Pour moi, je me sauve. Qui m'aime me suit (Elle se sauve en courant) .

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