‹ La guerre des blasons: comédie en trois actesChapitre 6 sur 22 · Scène IW · texte numérisé non relu

Scène IW

Les MÊMES, LE DUC, KARL, MAURICE, LE COMTE.

{Tous en tenve de cavalier, excepté le Comte qui est en habits de ville. Le Duo seul porte la poudré),

LA COMTESSE (reî7t;nani à la vue du Due).

Ah I je respire. Nous voici en nombre.

- iH ^

VALENTINE [bas) ,

Pas un mol, de grâce.

LA COMTESSE {bus).

Tu me crois donc bien bavarde? (à part) Ce que c'est que d'être la femme d*un député I

LE DUC [baisant &a fille au front).

Vous voici, belle paresseuse I

VALENTINE

Nous étions légèrement fatiguées, mon père, et nous avon» ralenti notre course,

LE DUC

Et ma petite comtesse, si brave d'ordinaire, pour qui, l'automne dernier encore, le sauid'un fossé n'était qu'un jeu, a déserlé nos rangs, sans l'ombre d'un regret?

Vous en parlez à votre aise, mon cher duc, vous qui aif«r le privilège des monopoles. Un œil de poudre^ et vous voilà frais comme un chanoine. Tandis que nous, pauvres femmes, de par la mode, nous en soiiunes réduites à ne plus mentir. Si notre visage se ride ou se fane de fatigues, il faut se résigner au coin du feu, sous peine d'être détrônées. [Soupirant). Ah I \d bon temps est bien passé I

KARL [avec galanterie).

On voit, comtesse, que vous ne vous êles jamais fntiguée.

LA COMTESSE

Ah I je vous dénonce, prince : vous devenez dangereux. Nous avons décidément bien fait^ pour notre repos, de voua^ fausser compagnie.

KAHU

Merci l

KAUAIGlt.

Je demande que Karl soit frappé d'ostracisme, pouf tentatives de séduction. Encore deux jours de galanterie, comme aujourd'hui, et ces dames déserteront» sans esprit de retour, Ost insupportable!

LE DUG

Comtesse, ménagez la fatuité de Karl.

LE COMTE [d'un air précieux. C'est son alhére habituelle).

D'ailleurs, en qualité de mari, je deviendrai jaloux.

LA COSITESSË.

Il ne vous manquait plus que cette qualité-là. [Le Comte gesticule),

vALEWtiNE {bas à la Comtesse),

Méchante!

MAURICE [bas à Karl),

Traître, je te devine, tu essaies de la corruption, pour arriver à tes fins.

LA COMTESSE (à SOU frère qu'elle a entendu).

Fais en autant. C'est de bonne guerre*

LE DGC.

En vérité, Mesdames, vous avez perdu (se reprenant), nouâ avons perdu à votre absence. La chasse a été splendide. La meute a mené comme au bon vieux temps, et Tanimal s'est bravement conduit. NosDianes chasseresses manquaient seules à la fête.

L£ COMTE

Pour moi, quoiqu'on voiture, je n'ai pas perdu un seul coup de voix.

MAURICE

Est-ce que lu as janiais perdu quelque chose, loi?

LE COMTE

Vu mes principes d'économie domestique, je hais la prodigalité. C'est égal, si ces dames eussent accepté mon équipage, pour suivre la chasse, je l'eusse mené aussi prudemment.... [cherchant) que le char de TEtat.

MAURICE

Vous étiez sûres de verser.

LE DUC [on entend les fanfares; ilprite l oreille).

Ecoutez, Mesdames, voici Thallali qui sonne. Allons, à cheval, et dans une demi-heure, piquons droit au château.

LA COMTESSE

Ce malheureux cerf n'était donc pas encore forcé I

LE DUC {d'un air gracieux) .

Il vous attendait. Il avait déjà pris Teau, lorsque Germain est venu m'arrêter au rond-point. Votre absence m'inquiétait déjà, et je suis accouru vous chercher avec ces messieurs. Mais hâtons-nous, si vous voulez lui porter le premier coup. (Fausse sortie).

vALEifTiNE [retenant le Duc en r embrassant).

Arrêtez, mon bon père; rien ne m'attriste, malgré moi, comme les larmes de ces pauvres bêles, épuisées par la fatigue et harcelées par les chiens. Aujourd'hui, où la cruauté ne peulêtre excusée par l'enivrement de la course, je vous demande sa grâce, et je suis sûre, d*avance, que nous serons tous complices de voire générosité. (5e retournant). N'est-ce pas, Laure?

LE DUC

De grand cœur, s'il en est temps encore. Ai-je rien à le refuser? Courez alors, et je vous attends ici.

YALEfVTINB.

Merci; nous serons vile de retour.

LA COMTESSE

Où sont nos complices?

KARL ET MAURICE [se précipitant).

Acceptez nos bras.

LE COMTE [à Maurice qui lui fait signe).

Moi, je reste avec H. le Duc. [Valentine donne le bras à Maurice, la comtesse à Karl).

LA COMTESSE

Cette fois-ci, c'est, vu vos mauvais principes....

VALENTINE

D'équitation. Vous êtes tout pardonné; voustene^ compa-* gnie à mon père. {Ils sortent).

LE COMTE (lorgnant Valentine).

Charmante! {A part). Quel joli couple cela feraiti

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