PRÉLIMINAIRES ET CAUSES DE LA RÉFORME ET DE LA
Toutes les révolutions , toutes les guerres civiles sont le résultat forcé de l'opiniâtreté et de l'entêtement des dépositaires ou plutôt des détenteurs du pouvoir. Que ce soit la religion ou la politique qui sert de prétexte aux immobilistes de tous les temps , l'humanité marche toujours en avant , et si les nouvelles idées qu'elle enfante ou qu'elle ressuscite trouvent une résistance systématique dans le pouvoir, un éclair jaillit par le choc , éclair bientôt suivi du tonnerre des révolutions. Ce tonnerre , ces révolutions sont souvent les dissonnances symphoniques de la grande épopée qui s'appelle l'histoire de l'humanité.
La guerre des paysans était d'abord le résultat de la
lutte spirituelle soutenue par Luther et ses devanciers
contre la hiérarchie romaine , lutte qui dès l'invention
de l'imprimerie éclata avec violence , dans la philosophie , dans la littérature et jusque dans les sermons de la chaire*
Longtemps avant Luther, l'esprit du peuple allemand, se réveillant de sa longue léthargie , se manifesta violemment par deux genres d'écrits , les uns sérieux et philosophiques , les autres populaires et satiriques. Il parut en Allemagne, tant en prose qu'en vers, un grand nombre de brochures , de pamphlets , de libelles et de satires, la plupart dirigés contre le pape, le clergé et les princes. Bon nombre de ces écrits populaires respirent une profonde religiosité évangélique , tels que ceux de Tauler, Jean Ruysbock , Thomas à Kempis et Jean Wessel. Ceux de Rosenbluth, Rollenhagen, Sébastien Frank et Thomas Murner déversent continuellement des flots de satires sur les affaires religieuses et politiques de Rome et de l'Allemagne. Ces satires se distinguent autant par la hardiesse de l'idée que par la crudité cynique de l'expression. Murner le cordelier et Henri Rebel le Vielleur, espèce de Bohémien philosophe, allant de village en village chanter ses couplets satiriques contre Rome et la prêtraille (pfaffenpack) , sont surtout si audacieux et parfois si licencieux , que la plume se refuse à les traduire littéralement.
L'homme qui savait à la fois traiter en maître et le genre sérieux et le genre satirique, ce fut Ulric de Hutten, intermédiaire entre la littérature populaire et la lit-
térature savante. Ses lettres sur les hommes obscurs (Epistolœ obscurorum virorum) sont des pages virulentes, haletantes d'indignation contre les oppresseurs de la liberté humaine. Il publia en outre des caricatures sur les mauvais prêtres de son époque ; leur succès devint si général que le pape jugea à propos de lancer un interdit contre elles. Ulric de Hutten et son ami intime, Franz de Sikingen, la fleur de la chevalerie allemande, et dont il sera question plus d'une fois dans le courant de notre histoire , sont les caractères les plus dramatiques , les plus touchants et en même temps les plus humanitaires de cette époque.
Si Hutten peut être appelé le J.-J. Rousseau du seizième*siècle , Érasme , son ami ingrat , en fut le Voltaire.
Érasme était un ennemi déclaré du clergé corrompu de son temps. 11 avait beaucoup d'esprit , des connaissances très-étendues et un style aussi facile qu'élégant. Ses principes sur la religion frisaient le scepticisme, et il les formula sans trop de détours, tant qu'il n'y eut pas de danger pour sa personne et que ses saillies faisaient rire les évêques eux-mêmes. Mais dès que l'orage qu'il avait aidé à provoquer éclata , dès qu'il y eut le moindre péril à s'exposer, le froid rieur se retira dans sa villa suisse, comme un limaçon dans sa carapace. Sa porte ne s'ouvrit même pas à son ancien ami Ulric de Hutten , poursuivi comme une bête fauve , et errant à
travers champs et forêts , sans trouver ni abri ni secours.
Érasme n'était susceptible ni d'enthousiasme ni de dévoûment. Il n'aurait pas fait le moindre sacrifice pour la cause commune. Son mérite réel f c'est d'avoir propagé et encouragé les lettres classiques de l'antiquité. On dit que son meilleur ouvrage est sa traduction latine de la bible hébraïque , qui a servi de modèle à tous les autres traducteurs, même à Luther.
La figure d'Érasme est éclipsée par celle de Jean Reuchlin. Fils d'un messager de Pforzheim , il sut , par son érudition et ses travaux littéraires, s'élever jusqu'au rang de réformateur. Reuchlin n'aurait pas hésité un instant à payer de sa vie la victoire et la réalisation de ses principes philosophiques et politiques. Dénoncé et poursuivi par les partisans de Rome , il trouva abri et protection près de l'électeur Albrecht , archevêque de Mayence , homme éclairé , ami et protecteur de Hutten, de Sikingen, de Luther et d'Albert Durer (1).
(1) Albert Durer, le plus grand artiste de cette époque, était adonné de cœur à la réforme religieuse. Dans un mémoire sur son voyage dans les Pays-Bas, se trouve à ce sujet une note très-curieuse. On sait que Luther, après avoir comparu à la diète de Worms, fut enlevé par ses amis et amené dans un castel près d'Eisenach. Le bruit se répandit alors en Europe que Luther avait été enlevé et assassiné par les gens de Charles-Quint. Durer, en apprenant cette fausse nouvelle à Gand, fut saisi d'un sentiment de tristesse tel que pendant huit jours il s'enferma dans sa chambre, sans voir personne, t II est
L'archevêque de Mayence n'était pas le seul parmi le clergé qui fût favorable à la réforme. Jean, évêque de Meissen, prêcha publiquement l'Évangile, en disant qu'il y trouvait une toute autre religion que celle du pape. Il chassa de son diocèse tous les marchands d'indulgences. L'abbé d'Einsiedel, Conrad de Rechberg, refusa de dire la messe. « Si le Christ, disait-il, est dans l'hostie , je suis indigne de le contempler, encore moins digne de le sacrifier au Père. S'il n'y est pas , malheur à moi , misérable créature , de présenter au peuple un morceau de pain à la place du verbe de Dieu ! »
Soixante ans avant la première manifestation de Luther, le prêtre Jean de Wessalia (nom qu'il porta de sa ville natale WesseL, en latin Wessalia), en même temps
mort I s'écrie-t-il dans un accès de désespoir ; il est mort , le grand homme, le vrai chrétien , l'apôtre de la vérité , le libérateur de l'Allemagne, le véritable fils de Jésus-Christ, le nouveau rédempteur de Thumanité, le messie de la liberté, — mort à tout jamais ! Qui nous délivrera maintenant de la tyrannie de Rome, de l'esclavage de la superstition ? qui nous prêchera l'Évangile, le Verbe pur et immaculé de Jésus-Christ notre Sauveur? Qui veut, qui peut le remplacer?—» A toi , Érasme : Luther mort, il n'y a que toi qui puisses continuer son œuvre divine. Sors de ta cachette, illustre Érasme, montre-toi , et grâces te seront rendues 1 Qu'importe la mort 1 l'immortalité et l'éternité t'attendront au seuil du paradis. — Ah 1 si j'étais aussi savant que toi 1 »
Il est probable que Durer a écrit à Érasme une lettre conçue dans le môme sens que cette note. Le froid dialecticien, incapable d'enthousiasme, et se moquant autant de l'immortalité que du pape, doit avoir ironiquement souri eu lisant les conseils naïfs du grand artiste»
professeur à l'université d'Erfurt, déclara publiquement qu'il ne reconnaissait pas les dogmes de l'Église , que les indulgences étaient une vile duperie, que le pape ue pouvait rien faire pour la béatification des hommes ; que le Christ n'avait jamais commandé ni jeûne , ni confession , ni fêtes , et que la seule confession imposée par l'Évangile était celle contenue dans ces'paroles : « Allez, repentez-vous, et ne faites plus le mal; » qu'enfin, tous les chrétiens étaient frères et égaux par le baptême ; que partant il ne peut y avoir ni esclave , ni serf, ni homme lige , et par contre-coup , ni seigneurs féodaux et cléricaux. Dans ses sermons publics, il lança ses foudres oratoires contre Rome , déclara le pape faillible comme un corsaire (le pape Jean XIII , de scandaleuse mémoire , avait été corsaire dans sa jeunesse) , et rejeta les conciles et tous les livres sacrés , à l'exception de l'Évangile, comme non obligatoires.
Déjà vieux et relevant à peine d'une longue maladie , Wessalia fut traîné devant l'inquisition. Son ami et correligionnaire Dieter d'Isenbourg , évêque de Mayence , ne put le sauver, ayant eu lui-même avec Rome des démêlés fort vifs , qui lui coûtèrent presque son siège épiscopal.
Wessalia mourut par la torture.
Savonarole, successeur d'Arnold de Brescia, fut brûlé à Florence en 1498. En 1502 , quatre ans plus tard , le pieux Hilten d'Eisenaob • penseur vigoureux , marchant
sur les traces de Wessalia , fut traîné en prison , où il mourut quelque temps après.
Chose singulière et digne de remarque ! à mesure que le respect pour les serviteurs de la religion diminuait, que les nouvelles idées de la science et de la philosophie scintillaient comme des étoiles dans la nuit obscure du moyen-àge, l'inquisition, n'ayant pour toute réponse aux principes de l'intelligence que la prison, la torture, le poison et la mort , inventa miracle sur miracle, dans le vain espoir de pouvoir ranimer la foi ébranlée ; elle eut recours à l'exposition des saintes reliques et des images superstitieuses , ainsi qu'aux persécutions sanglantes contre les juifs.
Le chroniqueur Sébastien Frank raconte qu'en 1516, le docteur Balthasar Hubemayer ayant , dans la chaire de Ratisbonne , prêché une croisade contre les juifs, au nom du pape, la foule, après avoir démoli toutes les maisons appartenant à ces malheureux, pénétra dans la synagogue , et y massacra tous ceux qui , n'ayant pas eu le temps de se sauver, s'étaient réfugiés dans cet asile. La synagogue fut également démolie , et à sa place on éleva une chapelle vouée à la Sainte-Vierge , sous le nom de la Belle-Marie. La Belle Marie possédait le talent miraculeux de guérir, par le contact, toutes les maladies du corps et de l'esprit, moyennant toutefois une messe payée aux prêtres. Il y eut une telle affluence de femmes, d'entants et de vieillards, qu'il fallut tripler
le nombre des desservants. Bientôt la Vierge ressuscita les morts, et on n'avait plus qu'à tomber à genoux en vue de la chapelle et à implorer son secours pour être exaucé. L'affluence enfin devint si grande, les génuflexions au milieu de la ville furent si fréquentes, que la magistrature de Ratisbonne , afin de mettre fin à ces excès et à cette superstition pernicieuse , défendit expressément de pèlerinager à la Belle Marie, sous peine de prison.
Dans l'année 1518, suivant ce que rapporte le chroniqueur Anselme, les moines prédicateurs de Berne corrompirent le gardien de la chapelle Sainte- Anne, pour qu'il leur livrât une relique du corps de la sainte. Celuici, tout en acceptant leur argent, leur donna les débris d'un crâne ordinaire, enveloppés soigneusement dans du coton embaumé et recouverts de soie rouge. Albert de Stein rapporta à Lausanne cette sainte relique comme un véritable trésor. Là, l'évêque s'en empara et la promena en longues processions , auxquelles assistèrent un grand nombre d'ecclésiastiques et de nobles seigneurs, jusque devant les portes de Berne même, où les magistrats la reçurent en grande cérémonie , pour la déposer sur l'autel de la chapelle de Sainte-Anne. L'abbé de Lyon eut beau déclarer publiquement que tout cela n'était qu'une fraude religieuse, que les moines n'avaient acheté qu'un morceau de crâne profane ; l'ambassadeur de France corrobora même cette opinion par un témoignage officiel ; le clergé n'en persista pas moins dans
sa croyance, et le peuple s'empressa de sacrifier sur l'autel de Sainte-Anne or, argent, bijoux, cierges et prières.
Les beaux-arts aussi étaient au service de la religion. Aucune époque du moyen-âge ne fut si riche en chefsd'œuvre de peinture et de sculpture que le seizième siècle. Presque tous les artistes éminents traitaient des sujets religieux. Le culte avait atteint les dernières limites du beau plastique ; les statues et les tableaux des premiers maîtres ornaient les colonnades des temples catholiques, et ces dômes gigantesques que nous admirons encore aujourd'hui, allaient presque tous recevoir leurs portails magnifiques, leurs autels dorés et sculptés, leurs chœurs resplendissants et ces flèches hardies qui semblaient braver la foudre du ciel.
Mais, hélas ! tout cela n'était que le dernier flamboyement d'une lumière qui s'éteint, d'une vie qui se retire. Ces splendeurs, ce luxe des arts par lesquels la forme déjà vieillie de la religion croyait se rajeunir , n'étaient pour elle que de pâles reflets de pompes funèbres , et déjà une jeunesse ardente, pleine de vigueur et d'enthousiasme, charpentait le cercueil , pour y déposer le cadavre du règne féodal et clérical.
Il fallait briser avant tout les chaînes de ces dogmes pétrifiés, condamnant la vie comme un crime perpétuel, et tenant la raison et l'intelligence sous les genoux oppresseurs d'un clergé inintelligent et despotique. Ces
entraves enlevées , les droits politiques et pratiques qui
en découlent forcément, jaillirent de tous côtés, comme autant de ressorts cachés.
Luther lui-môme ne se doutait nullement de la portée politique de la Réforme. Il croyait ne combattre que les abus théologiques et religieux. Mais une religion admettant en principe la rédemption et l'égalité des hommes, peut-elle longtemps en pratique maintenir le servage, la corvée, les dîmes, enfin l'exploitation de l'homme par l'homme ? Nullement. La logique fut plus forte que Luther et les paysans avec leur simple bon sens étaient de plus grands philosophes , de meilleurs chrétiens que le théologien de Wittemberg. 11 est vrai qu'ils avaient des maîtres tels que Hutten et Munzer,
L'Allemagne d'alors plus encore que celle d'aujourd'hui était morcelée en une multitude de provinces, et ces provinces à leur tour étaient découpées en duchés, margraviats, palatinats, électorats, évêchés et archevêchés- Partout, le paysan était serf, double esclave de la noblesse laïque et du clergé ; partout existaient les mômes causes de troubles ; partout le pauvre succombait sous les dîmes, grandes et petites , corvées, taxes , impôts et vexations de tout genre (1),
(1) Un paysan ayant pris quelques écrevisses dans un étang appartenant au seigneur d'Eppstein, celui-ci le fit appréhender au corps et envoya chercher le bourreau de Francfort , le priant de lui décapiter son paysan. Le bourreau en référa au magistrat, qui lit dire au seigneur, qu'il n'avait pas le droil de couper la t&c a un homme
LA GUERRE DES PAYSANS* il
Déjà en France, en Angleterre et en Bohême les paysans avaient fortement secoué le joug féodal et clérical. En Allemagne même, des troubles et des révoltes éclatèrent longtemps avant la Réforme, mais ces soulèvements partiels n'ayant aucun lien d'unité, aucun principe central pour ciment , échouèrent rapidement contre la force combinée de l'aristocratie bourgeoise , nobiliaire et cléricaje.
Avec la Réforme, avec la révélation de l'Evangile, la scène changea de face. Ce n'est pas que la Réforme seule fût la cause de la guerre, les paysans eux-mêmes, comme nous le verrons bientôt dans leur charte révolutionnaire rejettent cette supposition. L'Evangile, ce fut le cordon magnétique auquel se rattachaient , un à un , tous les éléments d'affranchissement , comme autant de grains dans un chapelet. Ce fut le lien d'unité t la bannière commune,
«Le peuple, dit Zimmermann,cet historien sourcier de la Guerre des paysans, le peuple, si malheureux qu'il soit ne se soulève pas sérieusement, quand il n'a pas la conscience de son droit. Ce droit d'affranchissement et d'étralilé lui fut révélé par le Verbe, ce ciment spirituel , sans lequel rien de stable ne se fait dans le domaine matériel
pour woir volé des écrevisscs. Mais le seigneur ne tenant aucun compte de cet avis, se procura un aide de bourreau et fit exécuter le malheureui paysan dans son château même, (Kirschnbr. Archives de
Francfort).
de la politique. Le Verbe , incarnation du monde et de Dieu, le Verbe, révélé par l'Evangile, le Verbe est et sera toujours le centre divin de tous les rayons de l'humanité. »
De nos jours on a cru pouvoir calomnier le Verbe , en disant : « Les paroles sont des femelles, et les faits sont des mâles. » Oui , la parole est une femelle, mais c'est la mère du mâle !
Donc après la parole de Dieu traduite par Luther et expliquée au peuple par les mille bouches des prédicateurs consciencieux , surtout après les paroles chaleureuses et entraînantes de Hutten et de Munzer, la lutte commença entre les oppresseurs et les opprimés, entre les seigneurs et les paysans , les prolétaires d'alors, et cette lutte à mort devait nécessairement aboutir à quelque résultat sérieux.
Bientôt il ne s'agit plus de Rome, de ses évêques et de ses marchands d'indulgences , mais bien des droits naturels et imprescriptibles du cultivateur , en opposition avec les droits soi-disant seigneuriaux et féodaux. Les évêques ne furent plus attaqués à cause de leurs principes ultramontains, mais à cause des dîmes, des droits de corvée, de la main-morte , des impôts qu'ils prélevaient sur le pauvre peuple, à cause enfin de tous les privilèges attachés arbitrairement à leurs fonctions, au détriment et au préjudice des travailleurs, des cultivateurs et des artisans.
La guerre des Paysans éclata malgré Luther, qui, d'agitateur qu'il fut en 1517, se fit conservateur en 1523 et 25. Ce fut une guerre sainte , annoncée longtemps d'avance, soit par des agitations sociales en tous genres, soit par des soulèvements partiels des paysans contre leurs oppresseurs, dans toutes les parties de l'Europe. De part et d'autre, elle fut terrible, sanglante , traînant à sa suite, comme toutes les guerres , des malheurs publics et privés ; mais est-ce la faute de l'opprimé ou de l'oppresseur, du valet ou du maître ? La bête , dans la forêt, erre haletante par la chaleur du jour , pour trouver une source rafraîchissante. Pourquoi l'homme, cette image de Dieu , ne chercherait-il pas la source vivifiante, le principe de sa double existence morale et physique : la liberté et le bien-être? « Nous voulons bien, dit un orateur paysan de cette époque dans son langage imagé, nous voulons bien qu'un hêtre soit un hêtre, et un chêne un chêne ; mais le chêne, ne faut-il pas qu'il vive ? N'a-t-il pas besoin d'une place au soleil pour croître et se développer ? Soyons chênes ; — mais si les hêtres empiètent sur notre existence, coupons-les, au risque même d'être coupés à notre tour. Une génération future viendra et ensemencera la terre de l'humanité avec une rétribution plus juste, plus équitable, et selon les lois éternelles de l'Évangile et de la liberté humaine ! Un peuple qui ne sait pas affronter la mort ne vivra jamais! »