‹ La guerreChapitre 10 sur 178 · TABLEAU IL SCENE II L · texte numérisé non relu

TABLEAU IL SCENE II L

Rhein. Lecourbe, Gudin, Loison et Molitor sont bien là-bas, dans les glaces du Saint-Gothard, avec onze mille hommes pour l'arrêter au besoin ; mais si, par malheur la jonction s'opérait, ce serait notre coup de grâce.

Le cour. Jamais ce fou sauvage n'aura d'idée pareille. 5 Une voix, dehors. Qui vive ?

Zer., allaîit aux fenêtres. La reconnaissance est terminée ; voici le général en chef.

\Aiissitôt le courrier se levé. Un groupe d'officiers d' étatmajor à cheval parait à çuelçue distance, en face des 10 fenêtres. Les paysaîis se précipitent à sa rencontre, en criant dhine voix lamentable. Tumulte au dehors. La salle se remplit d'officiers ; quelques paysatis et paysannes se trouvent dans le nombre.^

LES PRÉCÉDENTS, OFFICIERS D' ÉTAT-MAJOR, AIASSENA, potirsiiivi par les nialhenretix.

Un paysan. Général ! au nom de Dieu, général...

[// veut r arrêter.']

Masséna. Qu'est-ce que ces gens-là?... Qu'est-ce que 20 tout cela? J'avais déjà dit...

Un autre paysan. Général, le village tout entier vient d'être pillé. ..J'arrive...

Mass. J'avais déjà dit d'écarter ce monde... Ils viennent me redemander leurs vaches, leurs chevaux, leur foin, leur 25 ])2i\\\e:...{Apercevajit une vieille fenune et sa file, à genoux devant lui, il s'arrête eti s' écriant :) INIon Dieu, que voulezvous que j'y fasse? {S'attetidrissant.) On les a pris. ..on lésa mangés. ..On avait faim!.. Que voulez-vous?. ..moi, je ne suis pas un dieu... Je ne peux pas emjDêcher les soldats 30 d'avoir faim ! . . .

La vieille femme, e?t sanglotant. Général, on nous a tout pris. ..Je suis vieille. ..J'ai toujours travaillé pour vivre... maintenant faut-il apprendre à mendier?

Mass., ému. Qui donc a pillé, brave femme, dites ? 35

La femme. Vos soldats...

Mass. De quel bataillon?

La femme. Je ne sais pas... Je n'ai pas regarde'... ma pauvre enfant criait... \La fille sanglote.'\

Mass. Quel est votre village?

5 La femme. Le hameau de Weerde.

Mass., à Rheinwald. Ge'ne'ral, vous saurez ce qui s'est

passé là... Je veux qu'on me fasse un rapport demain... je

\t\x^... {Attendri.) Pauvre vieille mère!... Pauvre fille!. ..Ils

seront fusillés!... mais après... après? {S' éloignant.) La

I o guerre ! . . . Oh ! la guerre ! . . .

[^Deux se?itinellcs entrent, et font évacuer la salle par les paysans.]

LES PRÉCÉDENTS, moins LES PA YSANS.

15 'R.WY.iy.., présentant le courrier à Massén.a. Un courrier du Directoire.

Mass. Un courrier !... S'il nous apporte de l'argent, il est le bienvenu.. .Oui, le fameux million qu'on nous promet depuis cinq mois, s'il arrive, est le bienvenu. {Lisant la

20 dépêche.) Ah! je sais. ..je sais. ..on m'a déjà prévenu: le général Muller assiège Philipsbourg...Les Autrichiens feront sans doute un détachement, pour sauver cette place... Ce sera autant de moins le jour de la bataille ! {Tendant la dépêche à Rheinwald.) Tenez, Rheinwald, ce n'est pas de l'argent...

25 mais c'est quelque chose!... {Regardant le feu.) Un beau feu ! Allons, messieurs, allons, c'est bien.

\Les officiers qui accompagnaient Masséna sortent.] Rhein. Général, faut-il donner des ordres pour introduire ici ?...

30 Mass. Oui, je reste, ce beau feu me réjouit. Qu'on fasse venir les ordonnances, les prisonniers, et que les autres s'en aillent... qu'ils s'en aillent tous ! {Ll Jette son manteau et son chapeau sur une chaise. Tout le monde sort, à r exception û't' Rheinwald.) Rheinwald, vous écrirez !...Oudinot ne ren-

35 trera pas cette nuit. ..Il surveille le transport des barques, à Dietikon.. .C'est une opération délicate... Mais demain tout sera prêt, et si l'occasion se présente !...

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