TABLEAU IL SCENE X
MASSÉNA, OGISKT, puis RHEINWALD.
jMass., se retournant vers Ogiski. Êtes-vous encore en état de monter à cheval, Ogiski?
Ogis. De quoi s'agit-il, ge'néral ? -
jMass. De porter mes ordres au ge'ne'ral Lecourbe. Vous pouvez lui être très-utile, dans la lutte qu'il va soutenir contre Souworow.
Ogis., se levant. Je suis prêt !
!Mass. Bon! (// s'assied devant la table. Ecrivant.) 10 "Au géne'ral Lecourbe. Mon cher ge'ne'ral. L'archiduc est parti pour la Souabe, avec trente bataillons et quarantedeux escadrons. Souworow vient le remplacer. Retardez sa marche autant que possible, disputez-lui chaque pouce de terrain. Moi, j'attaque Hotze et Korsakow; aussitôt que 15 j'en aurai fini avec eux, j'arriverai à votre secours, et nous tâcherons d'enfermer Souworow dans les montagnes. Salut et amitié. — Masséna. — Confiance absolue dans le porteur. {Ll plie la lettre et la cacheté. Se levant.) Voilà ! "
Ogis., recevant la lettre. Je serai à Altorf entre deux et 20 trois heures.
Rhein., entrant. Général, tout est prêt... les officiers sont là...
Mass. Qu'ils entrent !... (^ Ogiski, qui se dispose à sortir :) Prenez un de mes chevaux, Ogiski. 25
Ogis., se retournant. Merci, général !
!Mass., le regardant sortir. A part. Voilà les plus terribles ennemis de la Russie !
\Lcs officiers d^ état-major entrent et se placent devant les tables. JMass EN a reste debout^ 30
SCÈNE X. MASSÉNA, RHEINWALD, OFFICIERS D' ÉTAT-MAJOR. Mass., après un instant de réflexion, dictant: "Quartier général du mont Aibis, le 2 vendémiaire, an VIII de la République française. Soldats de l'armée d'Helvétie ! Je 35 vais vous conduire au combat..."
Tous les officiers, se levant comme îin seul homme. Vive la République!