‹ La guerreChapitre 15 sur 178 · TABLEAU IL SCENE VLL · texte numérisé non relu

TABLEAU IL SCENE VLL

cinq mille... Nauendorf, dix mille... Soixante mille hommes ! {U un ton d'agitatiofi extrême, exprimant le doute et l audace.) Soixante mille hommes!.,. (^"(^mVt;?;;/ devant Pfersdorf.) Ce n'est pas possible... l'archiduc me connaît... il connaît aussi mes forces ! . . . 5

Pfers. Ge'néral, avant de partir, l'archiduo lui-même a conduit Korsakow dans chaque position. Il lui disait: — Un régiment ici... un bataillon là! — Et le Russe lui répondait: — Oui, un régiment autrichien, cela veut dire un bataillon russe !...Un bataillon autrichien, cela veut dire une compa- lo gnie russe !

Mass. , d'un ton ç:;ogue7iard. Ah ! si les compagnies russes valent des bataillons autrichiens, Korsakow a raison... il est le plus fort !...

Pfers. Vous ne croiriez jamais, général, ce que les 15 jeunes officiers russes racontent à leur table !

Mass. Quoi ?

Pfers. Qu'ils marchent sur Paris, et qu'ils vous emmèneront à Saint-Pétersbourg.

Mass. INIoi? 20

Pfers. Oui, général.

!Mass. J'espère aussi qu'ils viendront à Paris, après la bataille... Mais Saint-Pétersbourg est un peu trop loin, pour y mener soixante-dix mille hommes. {Se rasseyant et regardant la carte.) Laissons ces jeunes gens fumer leur cigare ; 25 la jeunesse voit des châteaux en Espagne. {C/iangea?!t de ton brusquement.) Je dis que le départ de l'archiduc est une ruse, pour m'engager à livrer bataille. Je dis qu'il se tient là-bas, tout prêt à revenir au bruit du canon, tomber sur mon aile gauche... L'archiduc est un homme de guerre... 3^ il sait ce qu'il fait. ..Son départ pour la Souabe me livrerait Hotze et Korsakow... On ne court pas de tels risques, pour satisfaire de petites rancunes d'état-major.

Pfers. Général, je vous affirme que l'archiduc Charles est en route pour la Souabe... qu'il va débloquer Philips- 35 bourg...

IMass., rbiterrompant. C'est impossible !...A moins que les Russes n'attendent des renforts...

Rhein., paraissant à gauc/ie. Général, une dépêche d'Italie... 4°

Mass. Ah ! (// rqoit la dépêche, rouvre avec précipitation et y jette un coup d'œil. Criant:) Voilà !...Sou\vorow est en route !... [Efuii accent de résolution.) Ah ! maintenant, je comprends !... L'archiduc est parti, parce que Souworow vient le remplacer... {Agita7tt la dépêche avec vivacité.) Maintenant il n'y a plus une minute à perdre... {D'un accent impérieux.) Que le porteur de la dépèche entre... que je lui parle... que je sache... (Rheinwald sort par la gauche. — A Pfersdorf.) Laissez-nous, Pfersdorf.

Ffers., saluant. Général!...

[Il sort par la droite. Au même instant, la porte de gauche s'ouvre, Ogiski paraît sur le seuil, brisé de fatigue.^

MASSÉ.VJ, OGISKI, puis RHEINWALD.

15 Masskna. Ogiski!...

Ogiski. Oui, général, c'est moi !...La nouvelle était si grave, que j'ai voulu l'apporter moi-même... Je craignais...

Mass., vivement. Asseyez- vous ! {Ogiski s'assied.) Souworow a quitté Alexandrie le 10 septembre? 20 Ogis. Avec vingt-quatre mille hommes... j'étais là... déguisé en crieur public. ..j'ai tout vu. ..tout entendu. ..En partant, il a annoncé à ses soldats qu'il allait rejoindre Korsakow, et qu'après vous avoir écrasé, il marcherait sur Paris, pour rétablir les Bourbons. Son avant-garde était à 25 Bellinzona le 19; elle arrivera aujourd'hui au pied du Saint- Gothard.

Mass., brusquement. Nous avons le temps de livrer

bataille! {Courant à la porte de gauche.) P.heinwald?

Rhei:^., entrant. Général?

30 Mass., ^?/«^ voix sourde. Nous allons nous battre!...

Le prince Charles est parti pour débloquer Philipsbourg...

Souworow vient le remplacer... Le hussard de Szekler avait

raison !...Tout le monde à cheval... Faites entreries officiers

d'état-major... Je vais dicter mes ordres. (Rheinwald se

35 dirige rapidemerit vers la droite.) Pas de bruit. ..du calme !...

[Rheinwald incline la tête et sort^

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