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LES PRÉCÉDENTS, 0 GIS KL

Ogiski, présentant la feuille à Ivanowitche. Voici, capitaine, l'histoire de l'illustre feld-maréchal.

Hat., riant. 11 t'appelle capitaine, Ivanowitche, ça vaut 5 deux kopecks de plus.

IvANOWiT, Et je veux qu'il les ait. Tiens, mon brave. Ogis. Merci, commandant.

IvANOWiT. Ah ! le gueux, il va m'appeler ge'ne'ral, il faudra que je lui donne ma bourse. . {Pliant la feuille. — A 10 Ogiski.) Tu n'es cependant pas Italien? Ogis. Pardon, colonel !

IvANOWiT., secouant la tète. Un Italien avec des cheveux blonds et des yeux bleus ! Regardez-moi ce gaillard-là, mère Hattouine. Vous avez vu des figures de tous les pays 15 depuis soixante ans, est-ce qu'il n'a pas une tête de Slave ? Hat., regardant Ogiski. C'est pourtant vrai ! Ogis., à Hattouine. Votre Seigneurie me fait trop d'honneur !

IvANOWiT., ria7it. Ah ! voilà qui tranche la question! 20 Du moment qu'il appelle la vieille matouchka: Votre Seigneurie ! — ça ne peut être qu'un Italien.

Hat., riant. Oui. ..oui. ..c'est un véritable Italien. ..Ah ! le gueux... Il me fait du bon sang!...

[Ils se mettent tous à rire. Ogiski salue et sort par la 25 droite, en criant: — Histoire de Souworow, etc. — Le défilé recommence.^ IvANOWiT., te7idant le papier à Ivanowna. Tiens, Ivanowna, tu liras ça à la mère Hattouine le soir, au bivouac, ça lui rappellera ses anciennes campagnes. Et maintenant, en 30 route! Je vous ai vues, rien ne vous manque, je pars tranquille... Allons, Ivanowna, allons, matouchka!...

[Il leur serre la main et part.] Ivanowna, criant. Tu viendras nous voir en chemin. IvANOWiT., se retournant et agitant la main. Oui... oui... 35 quand je pourrai... Chaque fois. [// disparaît à gauc/ie.]

LES PRÉCÉDENTS, moins IVANOWITCHE et OGISKI.

JoxAS, à Zampieri. Un gaillard qui m'a l'air heureux ! Zam. Je crois bien, il a de bonnes raisons !... 5 JoxAS, voyant les grenadiers défiler. Voilà que tout se remet en marche, la rue des Foins est débouchée.

Hat. Hue! hue! passe-moi la trique, Ivanowna; cette vieille bique ne va plus.

Ivanowna. Oh ! non, nous ne sommes pas si pressés, lo \La charrette sort. La foule augmente sur la place^

JONAS, montrant les grenadiers. De beaux hommes ! ces grenadiers russes, maître Zampieri.

Zam. Oui, mais quand on pense que dans un mois ou deux, la moitié, peut-être les trois quarts seront 15 exterminés...

JoNAS. Que voulez-vous ? Chacun sa partie. \Les cloches de la cathédrale s' ébraiilcnt. Des cavaliers russes paraissent à droite, cofiduisant par la bride des chevaux richement caparaçonnés : Grande rumeur, cris : 20 " Faites place ! ... Faites place .-'..." Des troupes entrent

et se ratigent en bataille à droite et à gauche, en faisant refluer le monde dans les rues vois i nés. \ Zam. Voici la fin du Fe Deum.

JoNAS. Oui, il est temps que je m'en aille. On va 25 cerner la place, pour le passage de Souworow. Ainsi, c'est entendu, maître Zampieri, j'apporterai les habits chez vous? Zam. Après le départ des Russes. Quant aux pompons et aux épaulettes, vous pouvez les garder, ça ne vaut pas une bonne prise de tabac.

30 \Il présente sa tabatière à ]oti as; tous deux prennent une prise en riant. ^ JoNAS. Allons, bonjour, mademoiselle Marietta, bonjour, Zampieri.

Mar. Bonjour, signor Jonas !

3 5 [// sort par la droite. Zam pi eri se rapproche de sa boutique.

Au même instant, les portes de la cathédrale s'ouvrent

tout au large, les chants de l'église débordent sur la place.

Lci fenêtres, les balcons se garnissent de curieux. Des

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