‹ La guerreChapitre 42 sur 178 · SCENE L KASPER EVIG et L'AUBERGISTE JACOB · texte numérisé non relu

SCENE L KASPER EVIG et L'AUBERGISTE JACOB

Jacob, criant de sa fenêtre. Qu'est-ce qui fait ce bruit dans la nuit ? qu'est-ce qui re'veille le village ?

Kasper. C'est moi, maître Jacob, Kasper Evig, le fils de l'aubergiste de Hospenthâl, votre cousin; levez-vous bien vite.. .pas une minute à perdre ! 20

\0n voit des volets s'ouvrir à droite et à gauche, et des gens se pencJier pour entendre.'\

Jacob. Qu'est-ce qui se passe donc, Kasper ?

Kasper. I.es Russes arrivent !

]a.cob, d'un air étonné. Les Russes ? 25

Kasper, Oui, maître Jacob, ils descendent du Saint- Gothard, ils remplissent de'jà la valle'e d'Urse'ren. Levezvous, rassemblez votre bétail, sauvez-vous dans la montagne,

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ne perdez pas de temps! Ils arrivent... ils pillent tout, ils de'vorent tout!. ..mon père m'a fait monter à cheval poui vous prévenir.

Jacob, se retournait et cn'atit dans sa chambre. Katel, 5 habille-toi... les ennemis s'approchent !

Une voix de veuwe., réJ>ondant. Oh! mon Dieu! ça ne finira donc jamais !

\G rail de rumeur dans le village: les portes s'ouvrefit, les habitants sortent ; V aubergiste et sa fefniue paraissent lo aussi, à de?ni-vêtus.'\

LES PRÉCÉDENTS, LES HABITA A^TS DU VILLAGE à demi-habillés.

Un habitant. Ce n'est pas possible, les Russes ! 15 Qu'est-ce qui a jamais entendu parler des Russes dans la valle'e d'Urséren ?

Un autre. Les Russes sont à quarante lieues d'ici, du côté de Zurich, avec leur général Korsakow.

Kasper. Je vous dis qu'ils ont passé le Gothard...Ils 20 arrivent d'Italie.. .C'est Souworow qui les commande... Les républicains se sont battus là-haut contre eux hier toute la journée ; mais les autres étaient dix contre un, et les républicains ont fini par se retirer sur le mont Furca, dans les glaciers, avec le général Gudin. Maintenant les Russes 25 descendent ; leurs baïonnettes couvrent la route h. plus d'une lieue. Ce sont des sauvages qui pillent tout... Voilà ce que je vous dis ; si vous ne voulez pas me croire, tant pis pour vous ; dans une heure, ou peut-être avant, vous verrez si j'avais raison.

30 \Tous les habitants, après avoir écouté eti cercle, lèvent les mains dun air désolé^ Katel. Seigneur, ayez pitié de nous!

Une femme. Ce n'est pas assez d'avoir eu les Autrichiens et les Français! Il fallait encore voir arriver les 35 Russes!

Jacob. Oui, c'est une abomination; si cela dure, nous irons tous mendier!

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