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TABLEAU V. SCÈNE XI IL

Le capitaine, s^ir le devant du bataillon. Serrez leo rangs !...

Lec, regardant les soldats emporter le commandant. Encore un vieux de l'arme'e du Rhin...

Daumas. Pauvre Humbert ! S

Lec. Nous y passerons tous !

[^Grande rumeur à droite ; la fusillade recommc7icc.'\ Daumas. La seconde attaque...

Lec, se rapprochant de la rive, pour voir les colomies efinemies. Oui, le corps d'armée va donner. [Courant vers lo les grenadiers, et criant à Daumas:) Géne'ral, surveillez le service des pièces... Je conduis la charge !...

[Le feu des fenêtres recommence, et se confond dans un roulement terrible avec celui des Russes. Le canoii tonne des deux côtés. La scène se remplit de fumée. Au i^ milieu de ce bruit, on entend tout à coup battre la charge, et l'on voit la mêlée sur le pont. Cette lîiêlée dure quelques instants, puis la fusillade se tait, la fumée se dissipe, et l'on voit Lecourbe, à cheval au milieu de sa colonne, sur I autre rive. Les Russes sont en 7-etraite, leur 20 canon seul gronde encore. Quelques grenadiers veulent poursuivre P ennemi. Lecourbe les arrête?^ Lec. Halte !.. .Serrez les rangs !...Par file à droite !... \Ils repassent le pont et reprennent leur position, à côté des pièces. Tout cela s'' exécute avec ordre. Le pont est couvert 25 de morts et de blessés. Dans les rangs, quelques soldats, larme au pied, se bandent Vun la tête, l'autre le bras ; leurs cama?'ades les aident. Qjielques-jins se retirent, e7i s' appuyant sur leur fusil. — Le feu des Russes, pendant cette scène, cofîtinue ; les maisons à moitié démolies 30 tombent en décoinbres ; les tirailleurs qui les occupent en sortent à la file. '\ Lec, à ses officiers. Ralliez les tirailleurs de la 76'. Formez-en deux colonnes, et qu'ils soient prêts à repousser la troisième attaque. Que la 38* passe en seconde ligne. 35 {Passant au galop dn'ant le front de bataille.) Tout va bien !... Notre position est bonne... Souworow ne passera pas!... Vive la République!...

Cris dans les rangs. Vive la République !... vive Lecourbe !.,. SjJn sous-officier de hussards entre au galop.~\ 40

LES PRÉCÉDENTS, LE SOUS-OFFLCLER, puis 0 GIS KL au milieu d'un piquet de hussards.

Le sous-officier de hussards. Le général ! Ou est 5 le général?...

Lecourbe, se retourîiant. Qu'est-ce ?

Le sous-officier. Un cosaque... un déserteur... mon général ; il demande à vous parler.

\.YSi., arriva7it. Un déserteur? Où est-il?... lo Le sous-officier, se rctourfiant et faisaiit signe. Par ici !... Arrivez !...

[Ogiski paraît au milieîi d''un piquet de hussards; ses habits de pope sont en lambeaux, son cheval est couvert de boHe.'\ 15 Ogiski, ôtant son bon?iet de peau de ?nouton. C'est moi, général.

Lec. Ogiski!... {Aux hussards :) Laissez-nous!... {Les hussards s'écartent. Lecourbe et Ogiski descendent de c/i'eval. — Lecourbe, bas et vivement.) Eh bien, quelles 20 nouvelles?

Ogis. Vous êtes tourné, général !

Lec. Tourné !... Par qui?...

Ogis. Par Auffemberg...Il est parti d'Ilanz, pendant

que Souworow abordait le Saint-Gothard. Hier, à minuit, il

25 campait dans le Maderaner Thâl, sur vos derrières... Il doit

attaquer en ce moment le pont d'Amsteig; sa force est de

deu.x mille hommes.

Lec. Amsteig !...je n'ai laissé là que quatre compagnies. Comment savez-vous cela, Ogiski ? 33 Ogis. J'arrive du quartier général de Souworow, à Ospizio.

Lec. Vous avez pénétré jusqu'au quartier général ? Ogis. Oui, déguisé en pope. A deux heures, le cosaque chargé de la dépêche arriva ; — j'étais au bivouac voisin, — 35 lui-même annonra le mouvement d'Auffemberg. Et comme le feld-maréchal lavait rappek', sans doute jjour quelque renseignement, un coup de foHe me fit enfourcher son cheval. ..Il fallait vous prévenir à tout prix...i! fallait...

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