TABLEAU V. SCENE XV
Lec. [Mais on a dû vous poursuivre?
Ogis. Pendant deux heures... {Ouvrant son manteau, criblé de troiis de balles.') Voyez, général !
Lec, stupéfait. Et vous n'êtes pas blessé?
Ogis. Non... {Avec exaltation^ Dieu venge la Pologne 5 ...Dieu veut que Souworow périsse dans ces montagnes !
Lec. S'il n'y laisse pas ses os, ce ne sera pas ma faute ! {Remontant la scène, et s' adressant au sous-officier de hussards.) .Maréchal des logis, courez au pont d'Amsteig... Dites au commandant Richemont de tenir ferme... Que j'arrive à son jo secours. {Le sous -officier sort au galop. Lecourbe criant :) Daumas ! où est Daumas?...
\Le général Dwmas paraît à droite. Ogiski va s'' asseoir sur le perro7i de f auberge.^
LES PRÉCÉDENTS, vwins LE SOUS-OFFICIER DE HUSSARDS, DAUMAS.
Daumas, accourant. Me voici, général !
Lecourbe, vivement. Tous mes doutes sont confirmés. Le général Auffemberg est sur nos derrières, avec un corps 20 de deux mille hommes. Il attaque Amsteig en ce moment. ... Nous n'avons que quatre compagnies au pont d'Amsteig. ...j'espère qu'elles tiendront jusqu'à mon ^jsx'wéo.... {Regardant sa montre.) Il est huit heures... A dix heures au plus tard, je serai là!. ..Je vous laisse la 38^ deux pièces, et les 25 munitions nécessaires... Vous ferez sauter le pont... Vous empêcherez l'ennemi d'en jeter un autre... Votre ligne de retraite est la mienne, par la route de Wâsen...Vous me retrouverez à Amsteig... Défendez aussi et faites sauter le pont du Diable... Il s'agit de retarder le plus possible la ^o marche des Russes. ..de laissera Masséna le temps de battre et de détruire Korsakow...Ce résultat obtenu, nous prendrons l'offensive à notre tour, et nous tâcherons d'enfermer Souworow dans les montagnes. {Remoiitant la scène, pour observer la position de rejinefjii.) La troisième colonne 35 d'attaque se forme. {Descendant ; à un officier d'état-major.) Le deuxième bataillon de la 76^, est en colonne?
L'officier. Oui, général.
8o LA GUERRE.
Lec. Je l'emmène à Amsteig... Dites au commandant Rogeard de se mettre en marche tout de suite, avec les deux pièces en amont... Le capitaine Meunier fera tête de colonne...
5 \^L officier sort an galop. La fusillade rccottunence et se prolonge bientôt sur toute la ligne. On voit rrvenir les pièces, qui se mettent en route par la gauche, en longeant les fnaisons ; le 2' bataillon de la 76' les suit le fusil sur r épaule. Lecourbe, aie ?nilieu de la fumée qui remplit 1 3 de nouveau la scène, 7nonte à cheval et donne la main à
Daumas.] Lec, apercevafit Ogiski debout sur le perron de t auberge. Ogiski, vous voulez donc vous faire tuer ? Ogis. Non, géne'ral, je veux voir !... 1 5 [Lecourbe part au galop. Daumas se porte vers les pièces du fond. On le voit donner rapidement des ordres aux chefs de pièce. Les canons reculent. Un artilleur se glisse sous le pont. Les détonations se succèdent, les maisons s'écroulent, le feu éclate dans 2 0 r auberge du Cheval-Blanc. Enfn, quand la scène s'est
vidée, et que le bataillon delà 38' seul reste en face du pont, à gauche, on voit paraître les Russes, on entend leurs tambours battre la charge, et leurs cris innombrables : — Hourrah ! hourrah !] 25 Daumas, d'une voix calme. Attention !... Laissez venir !.. \La tête de colotine russe s'engage sur le pont i\ Les Russes, se bousculant potir arriver plus vite; leurs offiiciers, Fépée en l'air. Hourrah ! . . . hourrah ! . . . hourrah ! . . . Daumas. Feu!...
30 \Les deux pièces tirent à mitraille. Le pont sante.'\