‹ La guerreChapitre 52 sur 178 · TABLEA U VI. SCENE III · texte numérisé non relu

TABLEA U VI. SCENE III

Sou. Vous avez poussé?...

IvANOwiT. Jusqu'au fond du Schsechenthal, à six ou sept lieues de Glarus.

Sou. Et vous avez trouvé les avant-postes de Linken ?

IvANOWiT. Non, feld-maréchal. 5

Sou. Alors ceux de Jellachich?

IvANOwiT. Nous n'avons trouvé personne.

Sou. {Avec une vidignation contaiKe.) Voyez, ]\Iandrikine, la lourdeur de ces Allemands! {Avec explosion.) Il était pourtant bien convenu que Linken et Jellachich 10 s'avanceraient dans le canton de Glarus, le 26, qu'ils se réuniraient par leur droite au général Hotze, et qu'ils me donneraient la main par la gauche. Allez donc compter sur des lourdauds pareils ! Pendant que l'armée russe d'Italie fait soixante lieues pour les joindre, par-dessus le 15 Saint-Gothard, ils ne peuvent pas en faire quinze ou vingt. Quelle abominable race ! {Dominant sa colère.) Enfin tu as pris des informations?

IvANOwiT. Oui, feld-maréchal, sur toute ma route; pas un Autrichien n'a paru dans la montagne. Mais j'ai 20 rencontré en revenant, près du hameau de Trudelingen, un soldat de Korsakow.

Sou., brusquement. Un déserteur?

IvANOWiT. Il dit être échappé des avant-postes républicains, qui l'avaient pris à Rapperschwyl. 25

Sou. Tu l'as amené ?

IvANOWiT. Il est près d'ici, feld-maréchal.

Sou. C'est bien, qu'il vienne. Nous allons v'oir cela. Peut-être aurons-nous des indications.

[IvANOWiTCHE sort par ta droite.'] 33

SCEXE III.

SOUWOROIV, MANDRIKINE.

Mandrikine. Si le retard de Linken se prolonge, il faudra peut-être contremander...

SouwoROw, sèchement. On ne contremandera rien.. 35 Nous sommes vainqueurs... nous avons tout bousculé ..

nous sommes sur les derrières de Masséna...les troupes ne demandent qu'à se battre... S'il le faut, on se passera des Autrichiens... Korsakow et moi, nous terminerons seuls la campagne. ..Allez. ..que la dépêche parte!

[jMandrikine va remettre la dépêche à un officier, qui ?no}ite aussitôt à che7)aL Au même instant, IvANOwrrCHK amené Ogiski, déguisé en soldat russe, rasé, sauf les moustaches, et les cheveux coupés. Mandrikine cause avec les officiers d' état-major.^

lo SCÈNE IV.

SOUIVOROIV, IVANOIVITCIIE, OGIS A7.

SouwoROW, à IvANowiTCHE. C'est ton homme ? IvANOwiTCHE. Oui, feld-mare'chal.

Sou., brusquet7ient à Ogiski. De quel régiment es-tu ? 15 Ogiski. Du régiment de Markow. Sou. Quand as-tu déserté ?

Ogis. Je n'ai pas déserté, fekl-maréchal, nous avons été pris à plusieurs par des hussards français. Sou. Quand?... ou?

20 Ogis. Voilà maintenant le quatrième jour. Les Autrichiens partaient; nous les remplacions le long des deux lacs et des deux rivières. Nous ne connaissions pas encore l)ien les positions; notre détaciiement s'est perdu la nuit dans un coude.

25 Sou. Dans quel coude?

Ogis. Près d'un village, entre deux lacs. Sou., regardant la carte. A Rapperschvvyl... c'est possible ...Après?

Ogis. Après, les hussards sont arrivés... On s'est battu 30 longtemps. ..Nous avons perdu la moitié de notre monde ...Des troupes de ligne sont encore venues au secours des hussards. Il a fallu se rendre.

Sou. Comment se fiiit-il alors qu'on te trouve dans

la vallée de Schcechcnthal, à vingt lieues de là ? Réponds

35 clairement... [// lui lance un coup (Tœil sévère.^

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