LES PRÉCÉDENTS, L' OFFICIER D' ÉTAT-MAJOR, L'ESTAFETTE
L'officier d'état-major. Feld-maréchal, une estafette 5 de Linken.
SouwoROW, se retoîiniajit vivemeiit. Une estafette de Linken ! {Il regarde.) Cet homme est blessé?
L'officier. Oui, feld-mare'chal, d'un coup de feu. Sou., vivement. Qu'on le descende... qu'on le fouille... lo II doit avoir une de'pêche, un mot...
\I)es soldats entourent V Autrichien et V étendent à terre,
contre le rocher ; V officier 7-usse descend et le fouille.^ Sou., ai'iec impatience. Eh bien?
L'officier. Il n'a rien, feld-maréchal. 15 Sou. Alors qu'il parle... qu'il parle !...
Hat., s' approchant avec son gobelet rempli de schnaps. Il va
parler, mon fils Basilowitche, ne te fâche pas. ..il va parler...
\Elle s'agenotiille et doime à boire au blessé, qui se rani?ne et
regarde, hagard.^
20 L'estafette, d'une voix faible. Le feld-maréchal Sou-
worow?...
Sou. Me voilà !...Vous me reconnaissez ? L'estafette. Oui, feld-maréchal.
Sou. Pourquoi n'avez-vous pas de commission écrite ? 25 L'ennemi vous l'a enlevée?
L'estafette. Non, feld-maréchal, nous sommes partis à huit de Glarus...nous pouvions être interceptés... nous n'avions rien d'écrit...
Sou. Interceptés d'ici Glarus !...Les républicains s'éten- 30 dent donc sur ma droite?
L'e.stafette. Oui, ils sont en marche pour vous tourner. Sou., d'ïiiie voix indignée. Pour me tourner! Et Hotze... Linken . . . Jellachich ?
[L'officier fait un effort pour rcpoîidre et tombe évanoui.^ 35 Sou., se baissant et le secouant. Hotze !... Linken !... Jellachich !... Répondez !
[Silence. — La foule se presse et se penche autour d'eux. On remarque toujours Ogiski aji premier rang. Sa figure exprime malgré lui une satisfaction terribleA