TABLEAU VIII. SCENE IV
Le docteur. Les autres sont perdus... (// se relevé). Toujours ces terribles coups de baïonnette. {S''app7-ochant d'uti autre tas.) Allons... approchez... (// regarde.) Ah! la mitraille a donné dans ce coin... En voilà deux coupés par le milieu... Ceux-là n'ont plus besoin de remèdes. ..Ils 5 sont guéris de tout... Approchez donc, imbéciles... Hé ! voyons, aidez-moi. \0n laide à soulever un blessé^
Le blessé, se rajihtiant. De l'eau... Un verre d'eau !
Le docteur. Ah ! bon. ..il parle. ..qu'on le mette sur la civière. i o
[Z« soldats obéissent. lîATTOvmE, pendaftt cette scène., a regardé., immobilei\
Hat. L'ouvrage ne manque pas aujourd'hui, coupeur de jambes?
Le docteur, se relevant., étonné. Hé ! c'est toi, ma- 1 5 /^z/^///^rtr... Qu'est-ce que tu fais donc là? Tu devrais être en route depuis longtemps 1
Hat. J'attends le régiment de Rymnik.
Le docteur. Ah! hon... {Il prend taie prise) C'est égal, tu ferais mieux de t'en aller tout de suite... (& baissant 20 et regardajit.) Encore de la mitraille !...
Hat. Mais toi, tu restes bien !
Le docteur. INIoi, je suis forcé de faire mon état... {Aitx aides.) "Enlevez ces deux-là." {A Hattouine.) de relever les blessés. ..et de les remettre à l'ennemi. 25
Hat. On abandonne les blessés?...
Le docteur. Eh ! que veux-tu ? Les voitures et les chevaux manquent. Il a déjà fallu démonter les Cosaques pour l'artillerie... Sou worow veut emmener ses canons !
Hat. Mais si les républicains te retiennent ? 30
Le docteur. Eh bien... ils me retiendront... A la guerre comme à la guerre ! Ces républicains sont des hommes. Je leur parlerai de Brutus, d'Horatius Coclès... nous finirons par nous entendre... Ils m'emmèneront à Paris... Tu sais que nous devions aller à Paris, matonchka... 35 {Prenant la torche et rélevatit; — à Pun de ses aides:) Hé! Litow, faites avancer toutes les civières.
LiTOW. Oui, major. \Il sort par la gauche.']
Le docteur, la torche habite, regardant à droite. Quel massacre !... La rue est encombrée jusqu'au bout. ..Oui... 40
oui... nous allons en avoir de l'ouvrage; c'est pire qu'à Praga ! . . .
\En ce moment, on voit arriver wie pièce de cano7i attelée de quatre chevaux ; elle est arrêtée par les décombres, et Von 5 entend les cris: — Hue!... hue!... — les coups de fouet et
les juretneîits des conducteurs. Fuis arrive un colonel d artillerie au galop. Le docteur, ses aides et Hattouine se retournent. Ivanowna lève la tête et regarde.]
lo LES PRÉCÉDENTS, LE COLOXEL, ARTILLEURS A