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TABLEAU IX. SCÈNE IV

\0n entend en ce moment quelques détonât mis profondes, qui se répandent dans les vallées comme un roulement de tonnerre^ Le colonel. Écoutez ! . . .

Septimer. C'est une avalanche, colonel. 5

Frisât. Non !... c'est autre chose... Regardez là-haut, sur la montagne en face, cette fume'e qui monte... Voyezvous les re'publicains?...Ils n'ont pas besoin de chemin, eux, pour grimper... Les voyez-vous? Tenez... voilà une de leurs balles !...Ah ! maintenant ça va devenir plus terrible ! 10 \Au moment oïl il parle, tin soldat tombe et roule ; il disparaît dans le gojiffre. Des cris ^élèvent et se prolongent au loin jïisqiU au bout de la vallée.'] Le colonel, avec animation. Ils veulent nous tourner. Frisât. Oui... ils essayent d'arriver au col de Pignu, et 15 s'ils arrivent là, tous ceux qui restent encore en arrière seront perdus !

Le colonel, sortant au galop , par la droite. Place !... Il faut pre'venir le feld-maréchal.

LES PRÉCÉDENTS, moins LE COLONEL.

{La fîisillade des républicains continue au loin.)

Cris au loin, en arrière. En avant !...en avant !...

Un vieux sergent. Puisque les balles des républicains arrivent ici, nous pouvons bien leur répondre. 2 5

[// charge son fusil.]

Un soldat. Bah !... qu'ils tirent... qu'ils nous tuent... Je donnerais ma vie pour un morceau de pain !

Un vieux soldat. Et moi pour un verre de schnaps... Je me laisserais glisser, et j'arriverais d'un coup dans mon 30 village, du côté de Kiew.

Un autre. Oui, c'est le plus commode, mais sans schnaps le courage vous manque.

Un ARTILLEUR. Lcs pièces ne peuvent pas passer... moi je dételle et je m'en vais tranquillement. 35

Un vieux chef de pièce. Essaye de dételer, je te passe mon sabre dans le corps !

Frisât, à son camarade. Les républicains défilent toujours.

Septimer. Oui, s'ils arrivent au col, je serai bien content de me rendre.

5 Frisât. Si je connaissais un sentier de traverse, depuis longtemps je l'aurais pris.

Cris, derrière, à droite. Place !... place !...Le feld-maréchal!...

Frisât, bas, à Septimer. Voilà le vieux gueux qui 10 nous a mis dans la misère.

Septimer, de même. Prends garde... le voici !

[SouwoROW, à cheval, apparaît au tournant du chemin. '\

LES PRÉCÉDENTS, SOUWOROW, LE COLONEL, DEUX 1 5 GÉNÉRA UX, O^FLCIERS DÉ TA T-MAJOR.

SouwoROW, dtnie voix brève, après avoir regardé le passage. Vous êtes sûrs que les canons emporteront ce coin?

Frisât. Oui, feld-maréchal, nous en sommes sûrs. 2o Sou. Des mules passent par là tous les jours.

Frisât. C'est \Tai, mais pas dans cette saison. Quand la terre est détrempée, elles passent une à une.

Septimer. Et puis, feld-maréchal, une mule ne pèse pas dix mille.

25 \La fusillade des républicains redouble. SouwoROW regarde.^ Sou. Les balles de ces gens-là viennent jusqu'ici ! Septimer. Quelques-unes... en tirant beaucoup plus haut que le chemin.

30 Sou., reprenant sa première idée. Et si ce chemin tombe, est-ce qu'on ne pourrait pas en tracer un autre tout de suite, plus bas ?

Frisât. Non, feld-maréchal, à moins de reculer de deux lieues, jusqu'à Jsetz, et de prendre l'autre crête de la 35 gOTgs- On ne trouve que du rocher... et puis il faudrait du temps.

Sou., dun accent poignant. Et là... dans le fond... si nous les précipitons... est-ce qu'on les retrouvera?

Frisât. Jamais ! Au-dessous, pendant une bonne

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