‹ La guerre en action, VirtonChapitre 18 sur 98 · NE · texte numérisé non relu

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impossible pour une troupe d'infanterie ; à plus forte raison pour des cavaliers. En grande hâte, dans le brouillard qui commence à se teinter de gris, on selle les chevaux. Ceux-ci partiront sans avoir mangé leur avoine; les hussards, sans avoir pris leur café... et on ne sera tout de même pas à la lisière des bois à 4 h. 30.

Les régiments de la 15€ brigade ont été alertés : le 124€ à 3 k. 20 à Harnoncourt et le 130€ à 3 h. 40 à Dampicourt.

C’est le 1302 qui doit marcher en avant-garde aujourd’hui. A la condition de se hâter et de ne pas prendre de café avant le départ, il pourra se présenter à peu près à l'heure au point initial, qui est à 2 kilomètres de Dampicourt. Précipitation, protestations véhémentes de gens réveillés sans ménagement, agitation et désordre dans des cantonnements trop discrètement éclairés et dans des rues noires, embues d’un affreux brouillard.

Le bataillon de Busserolle (1er) désigné comme tête d’avant-garde est tout de même en route, vingt minutes après la réception de l’ordre, et le gros du régiment quittait Dampicourt à 4 heures, les musettes garnies de vivres et tous adieux faits avec de multiples recommandations de prudence, par une population enthousiaste que l’ordre de départ avait alertée, elle aussi.

Aussitôt en route, la bonne humeur de chacun reprend ses droits. Le brouillard est maussade, mais l’étape ne sera pas longue et Étalle est une jolie ville où on sera fort bien. Le colonel Laffargue, passant à côté du capitaine Géhin, commandant de son 3€ bataillon, lui dit : « La journée d'hier à été fatigante et sans ravitaillement, mais ce soir, nous allons avoir un bon cantonnement, et les hommes vont pouvoir se refaire. »

Enthousiasme et scènes d’adieux aussi à Harnoncourt, et même précipitation, car le 124€ a 4 kilomètres à parcourir pour atteindre le point initial, où il doit passer à 4 h. 45. Réveillé à 3 A. 20, il est en route à 4 heures.

Le cycliste qui cherchait le 1172 s’égare et n'arrive à Saint-Mard qu'à 4 À. 55. Le colonel Jullien n’a sous la main que les bataillons Treillard (1er) et Mercadier (2°).

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Il fait immédiatement prévenir le bataillon Blanc (3°) qui, par erreur, est allé cantonner à Virton; ce bataillon attendra sur place le passage de la colonne. A 5 h. 20, les deux bataillons de Saint-Mard sont en route et se hâtent vers le point initial où ils se heurtent, à 5 h. 40, au régiment d’artillerie, non encore écoulé, et derrière lequel ils doivent marcher. |

Le 115€ est prêt. Deux de ses bataillons sont aux avantpostes et le seul bataillon disponible, le bataillon Travers (1er), alerté dès 3 heures, attend l’arme au pied, toilettes faites et déjeuner pris, à la sortie nord de Virton.

Le général de Lartigue est en route, lui aussi. Accompagné de son chef d’état-major, le commandant Dubost, et du capitaine Jourdain, il a quitté Harnoncourt dès 4 heures, dans une petite automobile, mise à sa disposition par un volontaire; il veut être à la sortie nord de Virton pour voir défiler l’avant-garde de sa division.

Ce n’est pas qu’il croie à un combat sérieux pour aujourd’hui, en dépit des affirmations des habitants et de la présence, la veille, dans Virton, du bataillon wurtembergeois qu’on en a chassé; les renseignements de nos cavaliers et de nos avions sont trop affirmatifs pour qu’on puisse douter de leur exactitude, mais il est tout de même probable que des coups de fusil seront tirés aujourd’hui; on en a tiré, cette nuit, aux avant-postes; on en tirait encore tout à l’heure et il est bon que les hommes, en se mettant en route, volent leur général, levé comme eux de grand matin.

Le général est donc à Virton à 4 k. 30. Les rues sont désertes. L’automobile s'engage sur la route d’Étalle qui est déserte aussi. On est dans une cloche de verre opaque, tant le brouillard est épais, et vers le nord, très près, des coups de fusil crépitent. On revient dans Virton, et cette fois, on rencontre le bataillon Blanc (3€) du 117€, qui vient de former les faisceaux à la sortie de son cantonnement. Des hommes s’ébrouent aux fontaines; les habitants leur distribuent du café et du lait. Le commandant Blanc n’a encore reçu aucun ordre. Le général lui remet l’ordre de

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mouvement qu'il le charge de faire parvenir à son colonel. L’état-major, que les capitaines Martinet Otton Loyensky, venus à cheval par la route, ont rejoint, est au complet. On va attendre le passage de la colonne sur la route d’Étalle, à 200 mètres dès dernières maisons de Virton.

Elle ne tarde plus. Il est à heures. Les éclaireurs du bataillon de Busserolle, du 130€, tête d’avant-garde de la division, débouchent, dans les-fossés de la route, l’arme à la main; et sur leurs talons, la pointe de l’escadron divisionnaire, conduite par le lieutenant Gosselin, surgit du brouillard. Le général arrête les fantassins, pour permettre aux cavaliers de prendre une certaine avance.

L’escadron divisionnaire prend le contact de l’ennermmi. — L’escadron divisionnaire s’était mis en route à 4 h. 45. L'ordre spécial qu’il avait reçu était sommaire et le capitaine de La Brosse l’avait résumé ainsi à ses officiers : « Reprise du mouvement. Cantonnement : Étalle. » Le peloton des Cars assure le service de la colonne : demipeloton à la disposition du commandant de l’avant-garde ; demi-peloton fournissant l’escorte du général de division, la transmission des ordres et l’arrière-garde.

Le peloton Gosselin, pointe, a pris, au trot, une distance de 500 à 600 mètres, on ne sait pas au juste dans ce brouillard laiteux; les pelotons de Boisrouvray et de La Rochefoucauld suivent au pas, les officiers groupés en tête, devisant et fumant, enveloppés dans leurs manteaux.

Les habitants de Vieux-Virton ont accompagné les hussards jusqu'aux dernières maisons. Ils les voient partir avec regret. Ils multiplient les recommandations : « Les bois sont traîtres!… Méfiez-vous! Les Allemands y sont depuis plusieurs jours déjà! »

Impossible de détacher des patrouilles; les propriétés sont entourées de fils de fer barbelés; on n’aperçoit même pas les arbres de la route; chacun a l'impression d’être dans une cloche de verre dépoli; si un cavalier quittait le chemin, il ne le retrouverait pas. et c’est ainsi qu'après avoir dépassé l’infanterie, on gravit le plateau au nord de

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