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trouvé le capitaine de Kerguenec, commandant la 4° compagnie, qui a donné le signal du repli. Mais ce signal, à peine une cinquantaine d’hommes l’ont entendu : ils se dégagent en rampant. D’autres suivront, individuellement; il faudra plus d’une heure aux survivants, environ 400 hommes, de ces 3 compagnies pour rentrer dans Virton, où leur ralliement sera difficile. Pour remettre en main son détachement, le capitaine de Kerguenec doit lui faire exécuter sous les obus des mouvements de maniement d'armes et une marche au pas cadencé. Sur l’ordre du colonel Fropo, il allait vers Saint-Mard quand, à la sortie sud de Virton, le capitaine Audet, de l’étatmajor du 4° corps, lui porte l’ordre de se rendre à Montquintin avec son détachement et tout ce que il pourra rencontrer d’isolés. |
La compagnie Moureaux (2°) était dans le cimetière, n ayant subi aucune perte, mais son capitaine venait de la quitter, pour prendre contact avec le bataillon dont le commandement lui revenait, à cause de la blessure du commandant Lambert. C’est le lieutenant Hassler qui reçoit l’ordre de se porter par Saint-Mard, au sud de la cote 280. Un coup de sifflet, et l’une après l’autre, les escouades quittent leurs banquettes de tir.
Des groupes du 1242 et du 130€ circulaient dans Virton, sans chefs, causant avec les habitants, s’arrêtant dans les estaminets. Les éclatements d’obus incitaient les hommes à hâter le pas; cela tournait au désordre. Comme le capitaine de Kerguenec, le lieutenant Hassler * rétablit la discipline en arrêtant son détachement et en faisant exécuter des mouvements de maniement d’armes.
Au total, vers 14 heures le bataillon Lambert est disloqué : la compagnie Moureaux (2°),intacte, va vers 280; un détachement d’une cinquantaine d'hommes des compagnies de Kerguenec (4€) et Le Bourgeois (3€) suit le capitaine de Kerguenec vers Montquintin; le reste, environ 300 hommes, est demeuré en ligne ou est perdu dans Virton.
Bataillon Brunet. — L'ordre de repli n’est pas arrivé
jusqu’au bataillon Brunet, immobilisé sur le mamelon 260. Là, tout le monde est en ligne, jusqu’à la section Geai, de la 8e, dernier renfort, que le capitaine Lemaire a portée à droite de la chaîne pour tâcher de se relier,au bataillon Favier. Cette section vient de fournir des feux très efficaces sur des unités du 19€ régiment prussien renforçant la ligne ennemie. L'effet de surprise de ce feu n’a pas été aussi décisif qu’il aurait pu être, parce que la section comptait un assez grand nombre de réservistes et d’anciens employés, à qui il a fallu, comme à l’exercice, faire décomposer les mouvements délicats du tir à répétition.
Pourtant, vers 13 heures, quelqu'un a vu nettement un mouvement de repli des troupes se battant à droite. De vant, l'ennemi paraît se replier, lui aussi et 1! y à une accalmie dans la bataille. Alors, le bruit se transmet, on ne sait comment, que les régiments voisins sont tous en retraite. La ligne des tirailleurs se vide et individuellement, les hommes, livrés à eux-mêmes depuis longtemps, car presque tous les officiers sont hors de combat, vont se rallier à la Patte d’Oie de la route de Montmédy.
À 14 heures, le capitaine Lemaire (8°) trouvait là et remettait en ordre tout ce qui restait du bataillon Brunet, environ 300 hommes avec le lieutenant Mazé, de la 7° compagnie et le sous-lieutenant Phélizon, de la 6€. Ce groupe va rester à la Patte d’Oie jusqu’au soir, attendant des instructions, servant de ralliement à des isolés, ne sachant rien de la situation et couvert par des patrouilles dans les directions de 260 et d’'Houdrigny.
Bataillon Favier. — Le bataillon Favier est disloqué, lui aussi, et l’ordre de repli ne pourra pas lui être régulièrement transmis. Le capitaine de Bertier est trouvé à la lisière nord de Virton, mais il a perdu toute action sur les survivants des 10€ et 11° compagnies, répartis dans les maisons et dans les jardins. Trois sections de la compagnie Moriceau (9) étaient avec le bataillon Brunet: on n'arrivera pas jusqu’à elles, et elles suivront le sort
du groupement Lemaire. La section de l’adjudant Motel, la dernière de cette compagnie et la compagnie Roussel (122) étaient sur la place de Virton. Le lieutenant-colonel Dubosg, du 124€, leur a donné, à 13 heures, l’ordre d’aller au col 260, au sud de Saint-Mard.
Ainsi le 124€ n’existe plus comme régiment et jusqu’au soir, on verra des détachements portant son numéro, un peu sur tous les points du champ de bataille : à 280, à Montquintin, à la Patte d’Oie et aussi dans les ambulances et dans les maisons particulières de Virton où d'innombrables blessés, parmi lesquels presque tous les officiers, ont été recueillis et sont soignés par les habitants avec un pieux dévouement.
Repli du 130°. — Le 130€, plus éprouvé encore que le 1242 et bourré de réservistes non habitués à la discipline du rang, est à peu près désagrégé. Des officiers des 3 bataillons, il ne reste avec le capitaine de la Chesnelière, que 7 lieutenants ou sous-lieutenants valides. Nous avons vu les capitaines Lanoix et Audet rallier sur la route de Virton à Saint-Mard environ 200 isolés et en tirer parti pour protéger la lisière est de Saint-Mard. Ils viennent de les conduire, à peu près en ordre, sous les obus, jusqu’à la cote 280, sur les pentes ouest de laquelle ils les ont mis au repos.
Il y a encore environ 300 hommes du 130, occupant les jardins et les maisons de la lisière nord de Virton où
la section de mitrailleuses du lieutenant Dufour s’est
maintenue, débordée à chaque instant par des isolés, avec ou sans armes, valides ou blessés, qui refluaient, plus où moins démoralisés. Ceux-là, l’ordre de repli ne les atteindra pas plus que les débris du capitaine de Bertier, et pour donner le temps de prévenir le plus de monde possible, le lieutenant Dufour restera en position jusqu’à 15° heures, balayant des rafales pressées de ses mitrailleuses des patrouilles allemandes trop hardies. Pourtant, dans Virton, le bruit de l'évacuation de la ville se répandait et l’émoi était grand dans les ambulances.
Tous les blessés qui pouvaient se lever, partirent; on en chargea sur des voitures et sur des chariots.
Vers 18 heures, quand il devint évident que l’ennemi était cloué sur place, des médecins rentrèrent dans la ville où ils purent voir, s’oceupant côte à côte avec des brancardiers français, des brancardiers du 46€ régiment prussien, venus de Latour avec des blessés, et qui s'étaient égarés.
L’évacuation des hôpitaux fut aussi complète. que possible, mais rapide plus que confortable. Ainsi le capitaine Géhin (11€) du 1308, qui, bien que très grièvement atteint, avait obtenu la faveur d’être évacué, fut enveloppé nu dans un drap de lit, et chargé sur d’autres Llessés, dans une voiture déjà remplie.
Repli du 115°. — Quand l’ordre de repli parvint au colonel Gazan, le commandant du 1152 était déjà sur le mamelon 280 avec le bataillon Travers (12) et la compagnie Lacombe (10€) du bataillon Coquerelle (3€). Les 9e et 12€ compagnies de ce dernier bataillon, rejetées sur Houdrigny, étaient perdues pour lui et la compagnie Fernagu (11°) éteit à la lisière nord de Virton, en liaison avec le bataillon Graff (2€).
Le commandant Graïff reçut à 13 heures Dei d’évacuer Virton. Laissant la compagnie Hartmann (5e) en position au nord de la ville, il se replia immédiatement avec ses 3 autres compagnies et sa section de mitrailleuses. Opération facile que l’ennemi n’inquiéta pas. Personne, dans ces unités, dont le moral était splendide, n'avait, du reste, l’impression d’avoir subi un échec. On manœuvrait, voilà tout. L’ennemi, on l’avait tenu en respect et tout le monde était prêt à se reporter en avant.
Une heure plus tard, le commandant Graff adressait le compte rendu suivant au colonel Gazan :
Passage en dessous, 400 m. N. Saint-Mard, 14 h. 6.
Je reconstitue mon bataillon à l’abri du talus du chemin de fer. Je me suis replié à la suite de deux ordres, et seulement en voyant