A) LE REPLI SUR LA POSITION 280—MONTQUINTIN
Le général Boëlle décide d’occuper la position 280—Montquintin. — Nous avons laissé à midi, une mince ligne de combattants couvrant Virton, face au nord.
L'entrée de la ville est gardée par des débris du 130e qui occupent maisons et jardins, et en particulier par la section de mitrailleuses du lieutenant Dufour, tapie à l'entrée de la route d’'Étalle. Avec ces débris, deux compagnies non éprouvées : la compagnie Fernagu (11€), du 415%, venue d’'Hoydrigny et la compagnie Moureaux (2°), du 124, cette dernière dans le cimetière transformé en forteresse.
Certes, si l’ennemi eût été en état de pousser vigoureusement en avant, la ligne de nos tirailleurs eût probablement mal tenu. Ce n'étaient plus là des bataillons et des compagnies, mais, au milieu de morts et de blessés, de pauvres escouades, dont l'effectif total ne dépassait pas 200 ou 600 hommes valides, avec peu d'officiers, presque sans cartouches et épuisés. Heureusement, l’ennemi était tout aussi épuisé que les nôtres et le combat, avec des reprises violentes, languissait sous un soleil brûlant. Les Allemands étaient abrités par des tranchées qu’ils continuaient à creuser; les Français étaient tapis dans des trous de tirailleurs ou simplement derrière leur sac; les mitrailleuses allemandes veillaient et déclenchaient des rafales sur tout ce qui bougeait : quelque blessé changeant de position, quelque agent de liaison courant à toutes jambes, l’échine courbée. Par-dessus les
têtes des fantassins dans le ciel lourd, les deux artilleries échangeaient paresseusement des obus.
Le général Boëlle décida le sacrifice nécessaire pour se dégager d’une situation aussi pénible et ressaisir linitiative des opérations. De toute évidence, la 8€ divi-
sion n'avait plus les forces nécessaires pour déboucher
de Virton sur le plateau de Bellevue. Mais ce débouché n’importait vraiment que pour permettre de couvrir le flanc droit du 2° corps. Or cette couverture pouvait encore être réalisée, si le 4€ corps concentrait ses forces sur la Basse Vire, de manière à interdire la route de Montmédy, pendant que le 1172 continuerait, de concert avec le 2€ corps, son offensive contre Robelmont.
Entre Dampicourt et Harnoncourt, la route de Montmédy est dominée par deux pitons abrupts, constituant
une solide position de résistance : la cote 280, au sud de.
Saint-Mard et le massif de Montquintin, haut de 320 mètres, difficile d’accès, d’aspect revêche, couronné par un vieux château et par tout un village posté là, comme en vigie. | |
Le général Boëlle a décidé d’occuper la position 280 — Montquintin avec les débris des 115€, 1242 et 130€ et dès midi, l’ordre est donné au général de Lartigue de faire exécuter cette manœuvre. i |
Ce sont des officiers des états-majors du corps d'armée et de la division qui vont porter directement l’ordre de repli aux troupes engagées.
Repli du 124°.— Le colonel Fropo, commandant le 124€, avait son P. GC. sur la route, à la sortie nord de Vir-
ton. On le joint facilement, mais sous la rafale, les ordres
du colonel lui-même ne parviennent pas à tout le monde. La plupart des agents de liaison sont tués, parce que dans la zone de mort où sont les combattants, tout mouvement est impossible et qu’il a bien fallu aller chercher là les rares officiers vivants. |
Bataillon Lambert. — Au bataillon Lambert (1er) on a