‹ La guerre en action, VirtonChapitre 52 sur 98 · B) ORGANISATION DE LA POSITION 280— MONTQUINTIN · texte numérisé non relu

B) ORGANISATION DE LA POSITION 280— MONTQUINTIN

Situation à 15 heures. — L'expression «position de repli » évoque l’idée de tranchées, souvent de défenses

(*) 11 a été impossible d’identifier cette batterie. Les 3 groupes du 31° étaient intacts, le soir de Ja bataille.

accessoires et de murs crénelés. Si l’ordre fut donné de réaliser une semblable organisation, sur les hauteurs 280 — Montquintin, il n’est pas possible de dégager des récits de multiples officiers de tous grades, acteurs dans le drame, qu’elle l'ait été autrement qu'en quelques points particuliers. De raisons à cette abstention, nous voyons la fatigue des troupes, la mentalité de l’époque, qui répugnait à l’usage de la pelle et de la pioche, enfin la conviction que l’ennemi ne viendrait jamais jusque-là, de sorte que tout ce travail serait inutile.

Donc, arrivées successivement par bataillons, par compagnies, par fractions plus ou moins fortes ou par groupes appartenant à divers régiments, les troupes furent disposées derrière ces crêtes, à peu près dans les conditions suivantes : |

À droite, derrière 260, couvrant les batteries du 44€ ré-

giment d'artillerie, deux compagnies du bataillon Roffin (5°

du 3176, venues avec ces batteries. Derrière les canons, le bataillon Travers (1er) et la compagnie Lacombe (10€) du 115€, avec la compagnie Clayeux (4°) poussée en avant de la crête, Jusqu'à un petit bois dominant Virton. A gauche de ce bataillon, la compagnie Moureaux (2°) et la section de mitrailleuses de La Bassetière (1re) du 124€. Au sud de 280, derrière la crête, le lieutenant Dufour organisait en trois groupes les restes des trois bataillons du 130€, environ 400 hommes, ralliés dans Virton.

Derrière le groupe Bellier, sur le chemin de Harnoncourt, la compagnie Fernagu (11°) du 1158, intacte, creusait des tranchées face au sud-est, car on avait des raisons de penser que l’ennemi cherchait à s’infiltrer dans le bois de la Côte. |

À gauche du groupe Bellier était le groupe d’isclés du 124€ et du 130€, amené là par les capitaines Lanoïix et Audet. |

A la Patte d’Oie, sur la route de Dampicourt, le détachement du capitaine Lemaire, composé des débris du bataillon Brunet (2€) du 124€, et de la compagnie Moriceau (9) du 124€, se trouvait couvrir très efficacement cette route.

Le Vlad

Montquintin était occupé depuis 15 heures. Le capitaine de Kerguenec, accompagné du capitaine Audet, y avait conduit un détachement de 200 hommes du 130e, 150 hommes du 124€ et 150 hommes du 1152. Une ligne de tranchées avait été creusée le long de Ia lisière nord du village et les troupes, maintenues en arrière, étaient prêtes à les occuper.

Il fallut ici user d'énergie pour maintenir dans le devoir quelques malheureux chez qui lextrême fatigue et la surprise du matin avaient affaibli le ressort moral. La fermeté du capitaine de Kerguénec y parvint, et à 16 k., Montquintin était en état de résister. Même, par des patrouilles envoyées vers le nord, on avait essayé de se relier aux troupes du 22 corps, mais on n’avait pas pu y réussir.

En somme, à partir de 74 heures, la position 280 — Montquintin, jalonnée par une infanterie dont plusieurs unités étaient décimées, mais dont d’autres étaient absolument intactes. et couronnée .par 14 batteries admirablèment servies et approvisionnées, était parfaitement susceptible d'arrêter une offensive ennemie cherchant à déboucher de Virton sur les derrières du 2€ corps. Nous dirons comment le 117° protégea directement le flanc droit de ce corps d'armée, achevant de remplir la mission dévolue à la 8€ division.

L’artillerie. — Dès 13 heures, nos artilleurs croyoient à une victoire complète. Ils avaient à peu près réduit au silence l’artillerie adverse, et ils s’efforçaient, la Jjumelle à l'œil, de distinguer les amis des ennemis parmi les tirailleurs qui se devinaient dans les avoines et dans les chaumes. Ils y réussissaient mal, du reste, mais quand des renforts feld grau se portaient en avant sans précautions, d’une rafale, ils les clouaient sur place.

Rien ne leur échappait de la bataille au nord de Virton. Aussi furent-ils fort étonnés, vers 13 heures, quand ils virent monter vers eux de l'infanterie, des éléments de tous les régiments de la division, qui se retiraient sur l’ordre

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