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du général. Aucune démoralisation, du reste, parmi ces troupes qui marquaient une joie exubérante à voir des canons : «ça, c’est du bon boulot! » criaient quelques enthousiastes. D’autres quittaient les rangs pour venir caresser les pièces. Les lazzis fusaient. Cela ne ressemblait guère à une déroute, et les artilleurs ne songèrent nullement à se retirer. Ils avaient conscience de leur utilité, du reste, et ils surveillaient.
Du côté de Latour, ils virent, à 13 heures, des masses allant vers le sud; au nord de Virton, des mouvements incohérents; vers Robelmont, une sérieuse avance des nôtres. On fut tenté d'ouvrir le feu vers Latour. Dans la trop grande incertitude où l’on était de la nationalité des masses que l’on distinguait, on s’abstint, et on fit bien, car c’était la 13e brigade qui se retirait vers le sud.
En revanche, à 15 heures, sur les plateaux à l’ouest de Latour, on distingua assez nettement, à 3.500 mètres, des unités venues des bois de Bampont et des Loges, que l’on éstima être allemandes. Tout le groupe Ostermeyer (3°) du 442, ouvrit sur elles un feu qui fut efficace et même décisif. Le 46€ régiment prussien, car c'était lui, qui à ce moment prononçait une attaque contre Latour, dans le flanc de la 7e division, n’osa pas s’engager à fond, pris ainsi à revers par des canons français. Il n’est pas exagéré de dire que cette intervention sauva de l’enveloppement la 14€ brigade, pelotonnée dans Ethe, où elle luttait de pre le matin, à un contre dix (1).
Intervention efficace aussi, du côté de Robelmont, de
la batterie Jacquet (5°) du 44€, tirant sur le village, et de tout le groupe Bellier. Ce dernier appuya le 117€ en prenant pour objectif une artillerie ennemie placée à l’ouest de Robelmont. En particulier la batterie de Kergaradec (4), enraya nettement une offensive allemande par des tirs exécutés vers Robelmont à 5.600, 5.800 et 6.000 mètres. À 15 h. 30, sous une grêle d’obus, les Allemands refluaient en désordre dans Robelmont en flammes.
(:) Voir Ethe, p. 113.
PL ER CPE RE Te TETE Ù ;
Vers Latour, cependant, la situation semblait devenir mauvaise. On voyait, de ce côté, un déplacement très net du combat vers le sud et aussi une colonne d’artillerie immobilisée dans un chemin creux, montant vers le bois Lahaut (1).
Sur ces entrefaites arrivait auprès des batteries du 44€, le commandant Tanant, de l’état-major de la 3° armée, accompagné du capitaine Mabille. Le chef du 3° bureau venait se rendre compte de la situation, car des bruits de défaite avaient couru au quartier général de l’armée.
En passant dans la région de la Malmaison, vers 15 heures, le commâändant a rencontré un officier de l’étatmajor de la 72 division qui lui a dépeint la situation de . cette division comme désespérée : le général Trentinian tué; son état-major dispersé; l'infanterie décimée; la cavalerie anéantie; les canons pris On a va, tout à l'heure, des Allemands entre Chenois et Latour et les batteries du 44° ne sont vraiment plus en sûreté; si près du bois de la Côte. Le commandant Tanant signale au colonel Sabatier le danger qu’il court et l’engage à chercher, plus en arrière, une position moins dangereuse. À ce, moment, un avion survolait les pièces...
Le colonel Sabatier se refuse cependant à quitter son excellente position sans un ordre et il rend compte au général Parreau de ce que le commandant Tanant vient de lui dire. | |
A 16 heures arrivait l’ordre du général commandant Vartillerie. Les deux groupes du 31° divisionnaire resteront sur le mamelon 280, continuant à tenir sous leur feu les hauteurs de Bellevue et de Robelmont. Un groupe du 44€ régiment de corps restera au col 260, pour surveiller la région Latour—Chenvcis et deux groupes de ce régiment iront vers Harnoncourt pour surveiller le couloir de Dampicourt, entre les bastions 280 et Montquintin.
A 17 heures, les deux batteries du groupe de Grand-
champs (1er), laissées en position au col 260, allaient
(:} C’était la batterie Calmel (2°) du 26e (Voir Ethe, p.103).
2 de Bibi re
rejoindre les groupes Tournaire (2°) et Ostermayer (3e) postés en surveillance dans les vergers, à la lisière nord d’Harnoncourt.
Quant aux groupes du 31e, ils trouvaient encore à s’occuper activement. Un moment, une mince ligne de tirail-
leurs se montra sur le mamelon 230, entre Chenois et
Virton, progressant vers Saint-Mard. L'objectif état à 2.500 mètres mais les jumelles et les lunettes de batteries étaient si insuffisantes qu’elles le distinguaient mal. Il fallut un ordre formel pour tricmpher de la répugnance du capiteine Mars, dont la batterie, la 8e, avait été désignée pour battre cette ligne suspecte. Le tir fut efficace, et les Allemands refluèrent dans le bois d’où ils sortaient (1).
En somme, depuis midi jusqu’à 17 heures, après avoir permis à notre infanterie de se dégager sans difficulté, les batteries du 312 et du 44€ sont demeurées maïtresses du champ de bataille. Elles ont largement contribué à faire de la terrible surprise de Virton, une bataille indécise et une grande part leur revient de la gloire de cette dure journée.