AGE
Quant au commandant Chardoillet, l’ordre de retraite ne l’a pas atteint et il va maintenir ses compagnies en position, attendant patiemment le soir, pour chasser, à la baïonnette, l'ennemi des positions où il se cache.
Le 91°. — La situation des trois bataillons du 91e engagés sur un front très étendu, et auxquels le 87€ et le 117e étaient venus successivement se juxtaposer, était:
encore plus précaire que celle de ces deux régiments, et les liens tactiques y étaient très relâchés. |
Ici aussi, le claquement de balles provenant à la fois du
. nord et de l’est et dont, dans le fracas des explosions, le bruit se confondait avec celui des détonations, donnait à la première ligne l'impression constante que l’on tirait sur elle de l’arrière. Plusieurs fois, il y eut des mouvements de panique, et toute l’énergie des officiers fut nécessaire pour maintenir les tirailleurs à leur place. .
A 14h.50, le commandant Beslay a été blessé de deux balles à la cuisse et le capitaine Féry (5°) a pris le commandement du 2e bataillon. |
A gauche, devant le bataillon Malmasson (12r), l’ennemi semble vouloir se porter en avant; pour lui en imposer, 1l faut esquisser des charges à la baïonnette, et cela coûte cher. Un appui d'artillerie, demandé par le colonel au général Lejaille, commandant la 7e brigade, arrivera très tard et sera, au total, inefficace. Le général Lejaille avait ses occupations, lui aussi, du côté de Bellefontaine.
A 18 heures, ne se sentant pas maître de son régiment et voyant les blessés refluer de plus en plus nombreux vers Houdrigny, le colonel Blondin envoie son officier adjoint au général Regnault, pour lui exposer sa situation et le danger d’une offensive allemande, qu’il n’existe aucun moyen sérieux d’enrayer.
Le général Regnault n’était pas là. C’est le général Carré, commandant la 6° brigade, qui reçut le rapport du
. colonel Blondin. L'attaque contre Robelmont avait échoué; on était inquiet pour la région du Nord, que l'ennemi paraissait déborder. Le général laissa le colonel commandant
Le
CA: 6 date ; Î
le 91€ libre d'effectuer, s’il le jugeait nécessaire, un repli sur Sommethonne, soit directement, soit par Villers-ls- Loue. Il demandait seulement, si le 91 se repliait, qu’il le fit sans précipitation et dans un ordre parfait; il ajoutait que la 6€ brigade serait peut-être obligée, elle aussi, de se retirer sur Villers-la-Loue, mais qu’elle tiendrait dans cette localité jusqu’à la dernière extrémité. |
Donc, à 19 h. 30, le colonel Blondin ordonnait le repli sur Sommethonne, par le bois Lavaux. Le train de combat : partit tout de suite. Le détachement Cousin, du 115€ devait suivre, puis le 3° bataillon, le 2€, moins la 8° compagnie maintenue à Houdrigny pour couvrir le mouvement, le 1€T bataillon, et enfin la 8° compagnie. Le repli du 91€ ne s’exécuta pas comme 1l avait été prévu.