‹ La guerre en action, VirtonChapitre 66 sur 98 · IRAC P · texte numérisé non relu

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CROQUIS N°8 SITUATION GÉNÉRALE DANS LA RÉGION ETHE-VIRTON, LE 22 AOÛT 19/4 À 18 H.

valent pas suivi le mouvement en avant du bataillon Malmasson. Seule, la compagnie Le Davay (7€), maintenue en renfort et groupée dans la main de son chef, s’est élancée, accompagnée du groupement Cousin, du 1152, et appuyée par le feu de la ligne des tirailleurs. Là aussi, les Allemands ont reflué, attirant les nôtres sous le feu de leurs mitraileuses. Là aussi, l’élan est brisé; les sections tourbillonnent et reviennent à leur point de départ, très réduites et en désordre. Alors, on voit le bataillon Malmasson se replier; les rafales des mitrailleuses allemandes redoublent d'intensité; on parle d’une menace de l’ennemi sur la gauche, et l’ordre de retraite, transmis maladroitement par un agent de liaison un peu nerveux, occasionne un mouvement de panique : « Repli général, a dit ce sousofficier. Dépêchez-vous. Les Allemands entrent dans le village. » Quel village? Personxe ne le sait, mais on se hâte sous les balles et sous les obus.

Il ne s’agit pas d’une panique, à vrai dire : si ces hommes avaient reçu l’ordre de rester en place, ils y seraient restés; ils s’en vont parce qu’on leur a dit de s’en aller. La preuve de ceci, c’est que quelques fractions, non touchées par l’ordre, parce que trop en avant, sont restées à leur poste, entre autres la section du sous-lieutenant Issenmann, de la compagnie Coulaux (9e); elles ne rejoindront le régiment que le lendemain matin.

Quelques fractions du bataillon Chardoillet (3€), du 87e, mélangées au 91€, ont suivi ce régiment dans sa retraite, entraînant d’autres unités de leur bataillon. Le commandant Chardoillet, voyant ce recul, dont il ne saisit pas le sens, fait, pour l’enrayer, sonner la charge. Il se porte lui-même en avant, avec ses agents de liaison, droit vers la crête 295 qui se profile indécise, dans le soir qui vient. Les compagnies Leclercq (5€), Le Davay (7€) et Brémard (8°), tres éprouvées et ayant perdu presque tous leurs officiers, se précipitent derrière lui, la baïonnette haute et au pas de course. L’élan est splendide; c’est de l’enthousiasme. On hurle la Murseillaise et, sans prêter aucune attention aux balles et aux obus, qui, généralement, passent trop haut,

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