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CONCLUSION

Nos ennemis ne se lassent pas de chanter : « L'Allemagne par-dessus tout! Deutschland ûber ailes! » — « L'Allemagne par-dessus tout »? Qu'est-ce à dire?

Est-ce à dire que leur déloyauté est au-dessus de toute autre déloyauté, que leur mépris injuste des droits les plus saints est au-dessus de tout autre mépris injuste, que leur cruauté froidement voulue est audessus de toute cruauté? Alors, oui, ils ont raison. Mais, est-ce à dire que leur civilisation, basée sur la force, triomphera de la nôtre, que leur christianisme faux remplacera notre christianisme vrai, que leur tyrannie enchaînera notre liberté pour toujours? Alors, non, mille^ fois non!

L'Allemand s'imagine être surhumain, il n'est qu'inhumain; il a cru, venant chez nous, nous montrer des héros, nous n'avons vu que des soudards (2); et si, aux

(1) Extrait de la conférence donnée par Mgr l'évêque à Paris, le 25 février 1916 {Revue hebdomadaire du 11 mars suivant, pp. 162- 164).

(2) Gallos pro libertate, Batavos pro gloria, Germanos ad prsedam. (Tacite.)

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yeux du monde, il continue à passer pour un peuple colossal, nous ne saluerons jamais en lui un grand peuple.

Il y a deux faiblesses qui désarment un ennemi et qui tiennent son bras enchaîné; il y a deux respects qui triomphent de toutes les colères, le respect de l'homme qui vient de naîtiC et le respect de l'homme qui vient de quitter la vie. Nos berceaux, nos tombes, l'Allemand les a-t-il respectés.^ Nos berceaux! Voyez, entendez toutes ces Rachel qui se lamentent. Nos tombes! Autour d'Arras, que de cimetières odieusement profanés! Je sais des tombes familiales et des chapelles sépulcrales devenues de vrais fortins, logeant des mitrailleuses. 0 morts, levez-vous pour une légitime vengeance! Qu'ils se lèvent, s'il en est encore, les habitants de Neuville-Saint-Vaast, Carency, Loos, Thélus, Yimy, Givenchy, Souchez, Ablain-Saint-Nazaire, Notre-Dame-de Lorette, tous raconteront les sauvages attentats d'un sacrilège adversaire! Nous-mêmes, au cimetière d'Arras, sur les tombes sacerdotales que nous saluions avec tendresse, nous avons vu des restes d'obus, et notre prière alternait avec la cantilène lugubre des canons voisins, car chez nous la canonnade n'est pas intermittente : elle ne se tait jamais.

0 Arras, ville infortunée qui as cessé d'être belle et n'as point cessé de nous être chère! Plus d'une fois, tu as été éprouvée dans le passé. L'as-tu été aussi terriblement que de nos jours .^ Jadis tes évêques ont pu te relever. Aurons-nous le même bonheur? En nos mains inhabiles, la truelle et la crosse vont-elles fraterniser .^^ Peutêtre. Ne sommes-nous pas le disciple d'un Maître qui possède le secret de toutes les résurrections.^

CONCLUSION 5o7

Un écrivain d'outre-Rhin, dans un élan de faux mysticisme, s'écriait quelque temps seulement avant la guerre : J'entends l'approche du pas de Dieu! Une telle parole, c'est à nous de la dire, à nous qui nous glorifions de notre juste cause et qui voulons, au prix de notre sang, protéger et défendre ce que Dieu lui-mêm3 protège et défend.

Oui, j'entends s'approcher, lentement mais sûrement, les pas de Dieu ou, si vous le voulez, les pas de ceux que Dieu dirigera et ramènera dans notre ville déserte, pour qu'elle soit repeuplée; dans notre ville en ruines, pour qu'elle soit rebâtie. Par avance, je vois les enfants et les jeunes gens regagner l'asile studieux que de longs mois d'absence n'ont pu leur faire oublier. Je vois les membres dispersés des familles se retrouver et venir ensemble rallumer le foyer éteint.

Je vois les religieuses se réunir, à nouveau, dans leurs monastères, les négociants replacer leurs comptoirs, les ouvriers reprendre le labeur interrompu : et la joie est si grande dans les cœurs qu'elle déborde et rend les mains plus actives que jamais.

Tel est l'élan général que les maisons, les monuments religieux et civils, promptement guéris de leurs blessures et redressés, montent plus gaiement dans la lumière d'un ciel qui, lui-même, semble rajeuni. Dans chaque demeure, le travail est plus confiant; dans chaque église ou chapelle, la prière est plus reconnaissante et plus enthousiaste .

Ainsi Arras, notre chère Arras, revivra : et parce qu'il en sera de même pour toutes les villes martyres,

5o8 LA GUERRE EN ARTOIS

la capitale de la France se réjouira de retrouver intactes autour d'elle toutes les provinces et les cités qui forment sa couronne; et si, parmi les perles de cette couronne, il en est qui lui paraissent, un jour, étinceler d'un éclat plus vif, ce seront, sans doute, celles que la barbarie aura cru, un instant, briser, mais que le courage des uns, la charité des autres auront su rendre non seulement brillantes, mais infrangibles.

Vue de la cathédrale d'Arras (intérieur) i

Portrait de S. G. M^v Lobliedev 17

Visite des ruines d'Arras par Mst l'évèque 17

Messe militaire près de Lorette 102

Décoration de quatre Franciscaines (Bétliune) 159

Ambulance du St-Sacrement (extérieur de la chapelle) 227

Ambulance du St-Sacrement (intérieur de la chapelle) 22'J

Vue de la cathédrale d'Arras (extérieur du transept) 241

A l'assaut de Lorette 326

Ruines de la chapelle de Lorette 335

Ruines de l'église d'Ablain Carte du front d'Artois.

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CARTE DU FRONT d'ARTOIS (1914-1915)

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