I. Spicas et Spinas (i
Les blés de Flandre, en juin, sont verts comme un tapis Que le vent moire, à l'Est, de houles opalines; Chantent, lorsque vient l'oût, la chanson des épis, Et les moulins rangés aux faîtes des collines.
Mais le monde a la fièvre et va de mal en pis; La plaine se refuse aux récoltes divines : <( A qui, dit le Seigneur, ma couronne d'épines ? Qui drainera ces champs, dans le péché croupis ? »
Du sein des travailleurs, l'élu de Dieu se lève; Triste, il brandit sa houe, ardente comme un glaive; L'empreinte du martyre ensanglante son front.
Artois, connais déjà ton évêque à ses larmes :
Au nom du Christ, il a, — fier et pieux baron, —
Joint l'épine à l'épi, sur l'azur de ses armes.
(1) L'auteur de ce sonnet qui a pris la liberté, — hélas! justifiée, — de changer un mot à la devise épiscopale, est un officier aviateur, qui était soigné à l'Institut Saint-François de Sales de Berck, quand Monseigneur l'évêque y fut reçu solennellement.
\Ol\ LA GUERRE EN ARTOIS