‹ La guerre et l'homme:Chapitre 35 sur 36 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

K Mais enfin, me dira-t-on, dans quelle mesure espérez-vous ? Gela ne resBort pas bien elairement de tous vos propos, qui nouB semblent assez décousus. » — Tels il.s sont en apparence, je Favoue, et tels peut-être même un [jeu au fond. J'ai dit les conditions comme je les ai vues, les unes favorables, les autres menaça ntes ; c'est qu'avec une vive aspiration à un avenir meilleur, je me suis d'autan! plus dolîé de mes yeux, et constamment tenu en garde contre Tillusion flatteuse.

Je vais lâcher une sorte (îe naïveté: j'ai moins' d'espoir que les gens trop surs qui croient a la fin toute prochaine de la guerre ; j'ai plus d'espoir que ceux qui tiennent la fin de la guerre pour une utopie à perpétuité. Celte mesure d^espoir — assez mal mesui'ée, j'eii conviens, — je la fonde principalement sur la science et SCS applications. — Il esl trt:s visible que la science commence à prendre en nmin le vrai gouvernement du monde. — La science fera-telle la guerre si meurtrière qu'on n'en voudra plus ? cela n'est que possible ; uiais il est certain» de toute certitude, qu'elle fera la guerre cbùre au point de rendre circonspects et timides

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à son endroit les peuples même les plus riches ol lu?; \Ai[^ entreprenants. — Et puis, il y a la pratique de Tarbilrage, qui est une découverte, un moyen nouvellement aperçu pour des lins auxquelles on n'employait jadis que la guerre; moyen qu'un sera tente d'employer de plus en plus, à raison des réussites qu'il a proi'urees. — ICt puis Ja t^rainte dit socialisme, des révolutions qui semblent bien devoir suivre désormais toute guerre. ^ — Et puis la propacçandc même des socialistes et des révolutionnaires, cliangeant peu à peu Thumeur des multitudes. — Va puis l'ascendant de la femme, bien ancien dans les choses du foyer, ntais jeune encore, el certainement destiné à croître dans les cliose?* de la place publique. — Et enfin Vavvictentel^ sur lequel il faut toujours compter, qui est toujours à présumer en soi, quoique absolu Tucnt iinprév<»ya!>Io quant à sa forme.

'Foule rhistoirc, y compris la plus récente, la tout-à-fait contemporaine, témoigne qu'un homme, fait d'une certaine manière, peut exercer raseendant de sa volonté sur une multitude surprenaîile de ses semblables; entraîner, moitié gré, moitié force ou surprise, tout un peuple, plusieurs même, dans le chemin où il lui plaît de marcher : Xapoléon, Palmerston, Lincoln, Alexandre II, Cavour, Bismarck, en bien, en

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lîîaiy comme ces hommci? onl pesé sur la destinée des naltons ! ^ — ^11 seitible bien que les masses inorf^aniMèes, incoasistunlet^, se lainscnl pousser en avant, en arrière, et même au rebours de leur eouranl , et i|u*eUes cèdent à une volonté opiniâtre, comme les flols au veut de mer. Il n'esl pan^ du tout iriiptissîble qu'il ^c reu contre un hounne, avant lu ut volontaire et sachant ce que peut « la magie noire de la volonté », puis ayant à la fois l'esprit impérieux qui entraîne et le tact qui ménage en contraignant, et avec cela Féloquence indispensable ; et cet homme, cette ibis vraiment éclairé etlutclaire, nous entraînerait hors des chemins ensanpjlanlès par noire iblîe depuis tant de siècle s, (Tt est clair par là que je ne pense pas à un pouvoir despotique).

La presse pourrait beaucoup aider. Le pluî^ grand nombre des hommes pense d*api'ês un journaL Les livre;? sont peu lus et peu a^î.ssanïs. Sans doute, jusqu'ici, le rôle de la presse esl plutôt funeste. Par intérêt de métier ou défaut professionnellement euntractë^ la presse euveni me presque toujours les relations entre peuples. Mais encore ici un homme de talent et de volonté droite pourrait, à la fin, donner au concert de la presse une tonalité diflérente. Cet homme-là se lèverad-ilH^ela ifcât pas impossible non plus*

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A rféfrmt d'un acle absolu de foi, h quoi, hëlas ! mon et? prit se refuse, il ine vient une prière,

DauB le ciel sombre el pur tVime nuit J'étë, les mondes slellaires, par milliards, chemiïieot aver- une vitcsiaie de foudre, dans un absolu silence. Et, depuis le jour incompréhensible où ces aslrcs sonl partis, pas une seconde ce «ilenee u a élé rompu. Le petit globe qui nous porte, imperecptilile et comme perdu dans la foule des mondes aveugles, flotte vers un but de nous ignore. Et, « l'entour^Tunivers déborde de toutes parts. L'esprit qui tente de percer jusqu'aux limites do Tétendue, s'étonne parce ijuMl lui est impossible de concevoir qu'il y ait des limites et qu'il ii*y en ait pas; et il se rabal sur lu i -tu 6m e, tnul éperdu,..,. Sur la demeure ehéiive ou il est emprisonné, riionime, dresse de toute sa taille, vs\ visible ii [jeine. Cependant le eo*urt|ui anime m. cnr|)s d'une peïiîesse ridicule, peut contenir une inllnité de souflrances. Et voici que cet être ignorant, passager douloureuXj sV^stdéclaréla guerre à lui-môme. Comme sll trouvait que la nature ne le fît pas di^pa-

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rallre assez viîo, il lui a emprunté la morL Ses pauvres mains t^phcraères ont dérobé à la nature la grande hxux e( la promènent à la surface de la terre. Jamais la nature elle-même n'a su coucher sur le sol autant de javelles humaines eu un seul jour.

O homme ! n'esL-ce pas parce que tu as lait le songe d'une autn^ vie compensatrice i[ue tu fauches avec tant d'insouciance la vie terrestre ? Cepcndantj de <iuai es - tu certain? Rêver n'est pas savoir. Tu agis comme si tu possédais le secret de la vie et de la mort. Et nous ne sïavons même pas, lié.las ! si, derrière Tapiiareil infini de la nature, il y st un secret quelconque, un secret qui intéresse notre destinée. Du ciel infini, des astres rayonnants, il ne tombe pas un signe de bonté consciente et voulue, pas un sourire d'intelligence. Humanité ! humanité ! prends en pitié tes propres membres ; fais-toi grâce et miséricorde à toi-même, puisque rien ne t'assure que le monde immense contienne, en dehors de loi, un seul être (jui connaisse la pîtfê.

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