‹ La guerre et l'humanitéChapitre 3 sur 26 · POST-SCRIPTUM DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM DU TRADUCTEUR

Après les brillantes pages de M. Lauzanne, il ne reste que bien peu de chose à faire à celui qui s'est acquitté de la modeste tâche de traducteur, pour présenter M. Beck au lecteur français.

M. Beck n'est pas seulement un des avocats les plus distingués du barreau de New York; il a rempli pendant la présidence de M. McKinley, les importantes fonctions de Sous-Secrétaire d'Etat au Département de la Justice. En cette qualité il a eu à représenter son gouvernement, soit au civil, soit au criminel, dans nombre d'affaires portées devant les tribunaux fédéraux de son pays, y compris cette admirable haute cour, dont l'autorité est reconnue dans le monde entier et qui s'appelle la Cour Suprême des Etats- Unis.

Animé de l'amour de la justice, il a, dès les premiers jours de la guerre, pensé que son expérience de juriste ne pouvait mieux s'employer qu'à traduire à la barre de la justice universelle les criminels qui se faisaient un jeu de mettre en péril les intérêts les plus sacrés de l'humanité. S 'érigeant en Ministère Public du genre humain, il a

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réuni contre eux une telle accumulation de preuves qu'après la publication de ses articles du New York Times, réunis ensuite en volume, il n'y a plus eu, pour ainsi dire, aux Etats-Unis un seul homme qui crût encore que l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie ne fussent point les agresseurs responsables dans la lutte qui désole encore le monde. Aux pro- Allemands il a arraché leur masque et ils n'ont pu le remettre sur leur visage.

Un mot encore. M. Beck est de ces Américains pour lesquels, historiquement, l'Angleterre n'a pas cessé d'être la mère-patrie. Les traditions de la Grande Charte, de ce que l'on appelle "the Common Law of England," de l'admirable développement des institutions parlementaires qui a fait donner à l'Angleterre le beau surnom de Mère des Parlements, lui sont aussi chères que des traditions nationales. Mais il sait aussi qu'à tout ce développement d'un pays libre il manquait pourtant un élément indispensable, une base philosophique, et que cet élément c'est la France du Dix-huitième siècle et de la Révolution qui l'a donné au monde. A son attachement pour les traditions anglaises, s'est donc jointe une reconnaissance sans bornes pour le pays de la Déclaration des Droits de l'Homme. Ce qu'il voit en son noble pays c'est la combinaison vivante de ces deux grandes traditions qui sont l'honneur de l'Humanité.

Pour les Français d'aujourd'hui ce n'est pas un étranger qu'un homme de cette trempe. C'est

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un compatriote dans cette patrie supérieure où se rencontrent la main dans la main tous les grands serviteurs de la justice et de la fraternité, c'est-à-dire de la Démocratie.

Adolphe Cohn.

New York, août 1917.

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