XXII PRÉFACE
le sont pourtant moins qu'il ne semble. Cette crise exi^e de tout le monde un grand esprit de sacrifice et une grande patience. Tout ce qui sert à soutenir la force morale des peuples n'est donc pas inutile. Or un certain nombre d'esprits au moins pourront puiser dans des réflexions de cette espèce l'énergie, la persévérance, la sérénité qui sont nécessaires dans la terrible époque oî^i nous vivons. La guerre européenne est sans doute bien longue, si on la compare aux grandes guerres du xix^ siècle. Mais qui pourra encore s'étonner de sa longueur et des cruels sacrifices qu'elle impose, si on pense que cette guerre est une grande crise historique, produite, comme toutes les grandes crises, par les imperfections intellectuelles et morales de notre civilisation? Que l'Europe expie en ce moment les erreurs et les fautes d'un siècle? Que nous souffrons non seulement pour rétablir la paix entre les grands Etats de l'Europe, mais pour résoudre un certain nombre de problèmes essentiels, desquels dépend la destinée même de 'notre civilisation?