‹ La guerre européenneChapitre 21 sur 58 · Germa,n White BooJt, doc · texte numérisé non relu

Germa,n White BooJt, doc

pondre soit prolongé. L' Autriche-Hongrie, se déclarant disposée à informer les Puissances des données de l'enquête sur lesquelles le Gouvernement Impérial et Royal base ses accusations, devrait leur donner également le temps de s'en rendre compte.

« En ce cas, si les Puissances se convainquaient du bien-fondé de certaines des exigences autrichiennes, elles se trouveraient en mesure de faire parvenir au Gouvernement serbe des conseils en conséquence.

« Un refus de prolonger le terme de Vultiinalum priverait de toute portée la démarche du Gouvernement austro-hongrois auprès des Puissances et se trouverait en contradiction avec les bases mêmes des relations internationales. »

Communiqué à Londres, Rome, Paris, Belgrade,

Signé : Sazonoff.

Le point de vue russe était ropposé du point de vue allemand. L'Allemagne soutenait que les Puissances ne devaient pas s'immiscer dans le conflit austro-serbe ; la Ruscis répondait que ce conflit intéressait toute l'Europe. 11 fallait donc discuter ces deux thèses; mais, pour les discuter et trouver moyen de les concilier, il fallait du temps. C'est ce que la Russie, l'Angleterre et la France demandaient à l'Autriche. La demande ne paraîtra pas excessive, puisqu'il s'agissait de la paix du monde.

Mais le sort d'une demande si raisonnable fut assez curieux. Un singulier changement de rôles se produisit, le 25, entre l'Allemagne et T Autriche- Hongrie. L'Allemagne qui, le 24, avait posé le principe de la localisation du conflit avec une rudesse menaçante, semble se laisser gagner, le 25, par un optimisme ondoyant, nonchalant et dilatoire qui caractérisera pendant plusieurs jours sa politique. Était-ce relTet des déclarations si nettes et si précises de M. SazonofF à l'ambassadeur d'Allemagne? Y a-t-il eu, à Berlin, un moment d'hésitation et de perplexité ? A-t-on voulu calmer les inquiétudes naissantes? Toujours est-il que, le 25 juillet, M. de Jagow, le ministre prussien des affaires étrangères, déclara à l'ambassadeur d'Angleterre à Berlin que le Gouvernement Impérial consentait à transmettre à Vienne la demande russe pour le prolongement du délai, tout en doutant qu'elle pût arriver à temps. Il ajouta que les déclarations du comte Berchtold sur les intentions de l'Autriche calmeraient l'opinion russe ; il tâcha de convaincre l'ambassadeur que même une attaque de l'Autriche contre la Serbie ne pourrait pas, après les déclarations du comte Berchtold, amener une guerre générale ; il se montra persuadé que le conflit serait en tout cas localisé ; il

déclara que l'AUeniague ne voulait pas la guerre et qu'elle était prête à agir à Vienne et à Saint- Pétersbourg, dès que les relations entre la Russie et l'Autriche menaceraient de se rompre. Il admit enfin que la note autrichienne laissait à désirer, comme document diplomatique ; mais il nia l'avoir connue avant sa publication. 11 répéta les mêmes choses au chargé d'affaires russe '. Comparé avec la note du 23, ce langage était conciliant. Le même jour, à midi, l'ambassadeur d'Allemagne à Paris alla protester au Quai d'Orsay contre un article de ïEcho de Paris qui qualifiait de « menace allemande » la communication du jour précédent sur les « conséquences incalculables » de l'intervention d'une Puissance quelconque dans le conflit austro-serbe. Il n'y avait eu ni «concert » entre l'Autriche et l'Allemagne, ni « menace » allemande : « le gouvernement allemand s'était contenté d'indiquer qu'il estimait désirable de localiser le conflit * ».

En somme, en comparaison de la note du jour précédent, l'attitude de l'Allemagne est assez conciliante, le 25. Quelle est la raison de ce changement? Voilà le premier mystère de cette ténébreuse affaire. Par malheur, la netteté et la résolution qui semblent faire défaut, en ce moment, à la politique allemande, se retrouvent dans la politique autrichienne, qui le jour précédent, avait

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