Livre Jaune, doc
paru vouloir ménager les susceptibilités de la Russie. Le 25, au contraire, l'Autrichc-Hongrie lui refuse catégoriquement le prolongement du délai. Le comte Berchtold avait pensé aller, ce jour-là, à Ischl ; le chargé d'affaire russe, M. Koudachew, ne put lui remettre la dépêche de son ministre et fut obligé de la lui télégraphier ' ; la réponse fut négative *.
L'Allemagne parlait avec sagesse, mais son alliée, l'Autriche, agissait comme une ennemie. Sir Edward Grey, dès qu'il sut que FAutriche-Hongrie avait refusé de prolonger le délai, considéra la situation comme très sérieuse. Ce fut en vain que l'ambassadeur d'Autriche, croyant venu le bon moment, exécuta les instructions du comte Berchtold, et lui révéla que son gouvernement rappellerait le ministre de Belgrade, mais n'entamerait point les opérations militaires. Ces subtilités diplomatiques ne rassurèrent point le ministre anglais.
Sir Edward Grey, comme tout le monde d'ailleurs, ne croyait pas que la Serbie se soumettrait à l'ultimatum autrichien. Dès qu'il eut appris que l'Autriche-Hongrie refusait le prolongement du délai, il ne douta plus que dans quelques heures la rupture diplomatique entre les deux pays serait un fait accompli, et que cette rupture entraînerait comme conséquence la mobilisation de l'Autriche