‹ La guerre européenneChapitre 26 sur 58 · Livre Orange, doc. n · texte numérisé non relu

Livre Orange, doc. n

points, il me semble qu'avec certains changements dans les détails, il ne serait pas difficile de trouver un terrain d'entente si les accusations y contenues étaient confirmées par des preuves suffisantes.

Dans l'intérêt de la conservation de la paix, qui, au dire de Szapary, est précieuse à l'Autriche au même degré qu'à toutes les Puissances, il serait nécessaire de mettre le plus tôt possible fin à la situation tendue du moment. Dans ce but, il me semblerait très désirable que l'ambassadeur d'Autriche-Hongrie fût autorisé à entrer avec moi dans un échange de vues privé, aux fins d'un remaniement en commun de quelques articles de la note autrichienne du 10(23) juillet. Ce procédé permettrait peut-être de trouver une formule qui fût acceptable pour la Serbie, tout en donnant satisfaction à l'Autriche quant au fond de ses demandes. Veuillez avoir une explication prudente et amicale dans le sens de ce télégramme avec le ministre des Affaires étrangères.

Communiqué aux Ambassadeurs en Allemagne, en France, en Angleterre et en Italie.

Signé : Sazonoff.

Le projet de Sir Edward Grey et celui de M. Sazonoff étaient différents et ils pouvaient se nuire, dans un moment si critique où il ne fallait ni perdre une minute ni disperser les efforts. Mais tous les deux prouvent du moins combien la Rus-

sie et l'Angleterre désiraient trouver une solution pacifique du conflit. Par malheur, Sir Ed. Grey ne s'était pas trompé quand il avait prévu que la rupture diplomatique entre la Serbie et l'Autriche, aurait provoqué des préparatifs militaires soit en Autriche, soit en Russie. Le 26, l'Autriche- Hongrie commence à mobiliser une partie de son armée ' ; et la Russie prend des dispositions préparatoires pour mobiliser à la frontière autrichienne *. Que fait pendant cette journée le gouvernement allemand ? Les événements du 25 n'ont point ébranlé son optimisme ; mais son attitude change encore une fois. Si, le 24, il semblait vouloir imposer à la Russie, par des menaces voilées, la localisation du conflit ; si, le 25, il s'était enfermé dans un optimisme passif et avait déclaré que, en cas de grave danger pour la paix européenne, il aurait consenti à intervenir avec les autres Puissances entre la Russie et l'Autriche, le 26, il revient à l'idée d'amener la Russie à abandonner la Serbie à son sort, mais par des procédés plus aimables. 11 ne menace plus ; il affirme qu'il veut la paix et que son désir de paix n'est même pas diminué par les premières nouvelles de la mobilisation russe qui, pendant la journée, commencent à arriver à Berlin ' ; mais il s'efforce

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