Livre Orange, doc. n
moment si déférent envers le grand empire limitrophe, commence à devenir méfiant. « INIes entretiens avec l'ambassadeur d'Allemagne, — tel est le texte d'une dépêche envoyée par M. SazonofF le 28 à l'ambassadeur de Russie à Londres, — confirment mon impression que l'Allemagne est plutôt favorable à l'intransigeance de l'Autriche. Le cabinet de Berlin, qui aurait pu arrêter tout le développement de la crise, paraît n'exercer aucune action sur son alliée . L'Ambassadeur trouve insuffisante la réponse de la Serbie. Cette attitude allemande est tout particulièrement alarmante. Il me semble que, mieux que toute autre Puissance, l'Angleterre serait en mesure de tenter encore d'agir à Berlin pour engager le gouvernement allemand à l'action nécessaire. C'est à Berlin qu'indubitablement se trouve la clef de la situation '. » Par malheur non seulement Berlin repoussait toutes les propositions conciliantes, mais le 28, l'Autriche-Hongrie répondait par un refus catégorique à la proposition russe, en affirmant que le manque de sincérité de la Serbie était trop évident, et déclarait la guerre à la Serbie.
L'événement tant redouté s'était produit. En cinq jours, tandis que les ambassadeurs et les