Great Br., doc, n. 70; Livre Jaune, n. 95 et
dira un jour. Ce qui est certain, c'est que tout à coup, le soir du 28, le gouvernement semble abandonner sa politique de résistance passive, qui, le jour précédent, avait si bien servi la politique agressive de l'Autriche, et si mal la cause de la paix. Le chancelier de l'Empire pria l'ambassadeur d'Angleterre de venir le voir et lui tint d'excellents propos. En fixant définitivement l'attitude de l'Allemagne sur la proposition anglaise, il dit ne pouvoir accepter la conférence des quatre Puissances, parce que cet « aréopage » de Puissances rivales ne lui semblait pas pratique ; mais il ajouta que ce refus n'empêcherait point l'Allemagne de faire tout ce qu'elle pouvait pour éviter la guerre. Le chancelier croyait que le meilleur moyen d'arranger les choses était la conversation directe entre Vienne et Saint-Pétersbourg ; il ferait donc tout son possible pour que cette conversation fût reprise avec succès. Il exprima quelques craintes au sujet de la mobilisation russe, qui pouvait le mettre dans une situation difficile, « en l'empêchant de prêcher la modération à Vienne » ; enfin il conclut en affirmant avec énergie qu' « une guerre entre les Grandes Puissancesdevait être évitée ' ». Quelques heures après, à 10 heures 45 du soir, l'empereur d'Allemagne envoyait à l'empereur de Russie une dépêche amicale, rassurante et optimiste, qui se termine ainsi :