‹ La guerre européenneChapitre 40 sur 58 · Great Br., doc · texte numérisé non relu

Great Br., doc

qui, le soir du 28, déclarait à l'Ambassadeur d'Angleterre qu'il fallait éviter une guerre entre les Grandes Puissances, le soir du 29, négociait déjà la neutralité de l'Angleterre dans une guerre européenne, désormais décidée ?

Nous touchons ici au grand mystère de toute cette terrible histoire. C'est un fait bien connu que la difficulté de comprendre les événements diminue, à mesure que le temps passe. 11 faut un certain recul pour bien voir. Quelques mois seulement nous séparent des événements ; les documents à notre disposition sont peu nombreux et pleins d'obscurités. Ce qui va suivre n'est donc qu'une hypothèse, qui pourrait s'écrouler unjour sous une documentation plus abondante. En tout cas, même des hypothèses pourront aider à la découverte de la vérité, en rappelant l'attention du public sur les points qui ont particulièrement besoin d'être éclaircis. Or le plus important de ces points obscurs semble être justement le changement soudain de la politique allemande survenu entre le 28 et le 29 juillet, et les causes qui peuvent l'avoir déterminé.

Pour tâcher d'éclaircir ce point, il faut avant tout examiner, l'un après l'autre, un certain nombre de documents qui se trouvent dispersés

dans les quatre collections officielles et tâcher de trouver les rapports qui les relient. Nous commencerons par remarquer que la communication officielle sur la mobilisation russe semble avoir été faite à Berlin le 29. C'est ce qu'affirme le Livre Blanc, allemand ; et une dépêche de l'ambassadeur à Berlin le confirme : « L'ambassadeur de Russie est rentré aujourd'hui ; et il a informé le gouvernement impérial que la Russie mobilise dans quatre districts du Sud «. »

Il faut lire maintenant la dépêche envoyée le 29 par M. Sazonoff à l'ambassadeur de Russie à Paris, qui porte dans le Livre Orange le n° 08 :

Aujourd'hui, l'ambassadeur d'Allemagne m'a communiqué la résolution prise par son Gouvernement de mobiliser, si la Russie ne cessait pas ses préparatifs militaires. Or, nous n'avons commencé ces derniers qu'à la suite de la mobilisation à laquelle avait déjà procédé l'Autriche et vu l'absence évidente chez cette dernière du désir d'accepter un mode quelconque d'une solution pacifique de son conflit avec la Serbie.

Puisque nous ne pouvons pas accéder au désir de l'Allemagne, il ne nous reste que d'accélérer nos propres armements et de compter avec linévitabilité probable de la guerre. Veuillez en avertir le Gouvernement français et lui exprimer en

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