‹ La guerre européenneChapitre 39 sur 58 · Grea.t Br., doc. n. 84 ; Livre Jaune · texte numérisé non relu

Grea.t Br., doc. n. 84 ; Livre Jaune

n%I A VOULU LA GUERRE ? 35

le soir précédent. Le Chancelier revenait alors de Potsdam, et il avait dérangé l'ambassadeur à une heure si peu commode, à peine rentré, pour lui demander si l'Angleterre s'engagerait à conserver la neutralité dans une guerre européenne, dans le cas où l'Allemagne promettrait de respecter la Hollande et de ne prendre à la France que ses colonies '. L'inquiétude mêlée de stupeur qu'on éprouva au Fore/^n Office, enlisant cette dépêche, n'étonnera personne. On n'avait jusqu'alors parlé que du conflit austro-russe et des efforts à faire pour trouver un arrangement pacifique. Et voilà que tout à coup l'Allemagne désirait savoir, séance tenante, sans pouvoir attendre jusqu'au matin suivant, ce que l'Angleterre ferait dans une guerre européenne générale ; elle précisait même les conditions qu'elle comptait imposer, après la victoire, à la France. L'Allemagne donc, au lieu de penser à mettre d'accord la Russie et l'Autriche, pensait déjà à attaquer la France I Une telle démarche de la part du Chancelier, après les déclarations pacifiques du jour précédent, ne peut s'expliquer que si, dans la réunion de Potsdam, d'où il reuenait, on avait déjà décidé virtuellement la guerre. De sorte que nous nous trouvons à présent devant ce problème : quelle a été la cause de ce revirement si soudain ? Que s'est-il passé pendant la journée du 29 juillet ? Pourquoi le Chancelier

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