‹ La guerre Franco-Allemande de 1870-71Chapitre 3 sur 7 · LXXXI. Ordre de bataille du XIV® corps · texte numérisé non relu

LXXXI. Ordre de bataille du XIV® corps

, LXXXII. Ordre de bataille de la 4® division de réserve 102*

^ LXXXIII. Tableau des pertes du XIV® corps d'armée

et des l^"® et 4® divisions de réserve, dans la période du 1^' octobre au 16 novembre 1870 104*

^ LXXXIV. Ordre du grand quartier général au général

de Werder, en date du 23 octobre 1870 . 111* LXXXV. Ordre du grand quartier général au commandant en chef de l'armée sous Metz . 113* LXXXVI. Tableau des pertes subies par les troupes

allemandes pendant le blocus de Verdun, du 7 septembre au 7 novembre 1870 . . 115*

9 LXXXVII. Itinéraires des troupes de la P® armée du

7 au 15 novembre 1870 116*

y, LXXXVIII. Itinéraires des troupes de la II® armée du

2 au 10 novembre 1870 117*

Pages

Supplément LXXXIX. Ordre de bataille du 16® corps français vers

le milien de novembre 1870 118*

« XO. Tableau des pertes du I®' corps d'armée

bavarois et de la 2« division de cavalerie dans la période du 1^^ au 15 novembre

XObis. Relation officielle française du combat de

Ooulmiers 125*

XCI. Composition et eflfectif du I^^' corps d'armée bavarois et de la 2® division de cavalerie an combat de Goulmiers, le 9 novembre 1870 .^ 131*

„ XOII. Ordre de bataille de la XI® armée et de la

subdivision d'armée du grand-duc de Mecklenbourg-Schwerin au 15 novembre 1870 . 135*

„ XGIII. Tableau des pertes de la II« armée et de

la subdivision d'armée du grand-duc de Mecklenbourg-Schwerin, dans la période du l^r novembre aa 15 décembre 1870 154*

XOIV. Ordre de bataille des 17«, 18® et 20© corps

français 178*

„ XCV. Ordre de bataille de la 111® armée et de

l'armée de la Meuse au 30 novembre 1870 184*

y, XGVI. Ordre de bataille de la 2« armée française

de Paris au 8 novembre 1870 208*

XOVII. Tableau des pertes de la III« armée et de l'armée de la Meuse, dans la période du 1er novembre au 5 décembre 1870 . . . 213* XOVII (bis). Tableau des pertes des armées françaises

de Paris dans les journées du 29 novembre au 3 décembre 228*

Plans et cartes d'ensemble

de la guerre franco-allemande de 1870 — 71,

(Livraisons 10 à 13.)

Plan 13. Plan des combats da PetitrBicêtre et de Ohâtillon, le 19 sept.

(10« livr.) „ 14. » du siège de Strasbourg. (10® livr.) „ 15 A et B. Paris et ses environs. (11® livr.) » 16. Environs de Soissons. (11® livr.) , 17. Plan des combats d'Artenay et d'Orléans. (11® livr.) y, 18. „ des combats de la Bourgonce, Banlbervillers et Bruyères.

(12® livr.) „ 19. „ des combats sur TOgnon. (12® liv.) „ 20. „ du combat de Dijon. (12® livr.) „ 21. „ du combat de Coulmiers. (12® livr.) „ 22. y, de la bataille de Beaune-la-Bolande. (13® livr.) „ 23. » de la bataille de Loigny-Poupry. (13® livr.) « 24. „ de la bataille d'Orléans. (13® livr.) „ 25. „ de la bataille de Villiers. (13 livr.) Carte d'ensemble No 3. Carte d'ensemble des mouvements de la III® armée

et de Tarmée de la Meuse, du 2 au 19 sept. 1870. (10® livr.)

y, No 4. Carte d'ensemble pour les mouvements des armées

au nord-ouest de Paris, jusqu'à la fin d'octobre. (11® livr.)

„ No 5. Carte d'ensemble pour les mouvements des armées

au sud-ouest de Paris. (11® livr.) „ No 6. Carte d'ensemble pour les opérations sur le théâtre

sud-est de la guerre. (12® livr.) „ No 7. Carte d'ensemble pour l'intelligence des opérations

au sud -ouest de Paris, dans la période du 15 novembre au 5 décembre 1870. (13® livr.)

Additions, Rectifications et Errata.

P Partie.

Page 570, ligne 4, au lieu de „52 officiers", lire „53 officiers*'.

Page 778, lignes 18 et suivantes, lire: «Vers 4 heures et demie, la division prenait position à 1,500 pas environ au sud de la Malmaison''. (Il y a lieu de modifier par suite la position de la 1^^ division de cavalerie sur les Plans 6 A et 6B.)

Page 1116, ligne 17: ^Le demi -peloton du 13^ bataillon de chasseurs qui, de concert avec un détachement du 107^, enlevait deux mitrailleuses encore en batterie, était commandé par le sergent-major Manicke.

Page 1120, lignes ^3 et suivantes. Il résulte de renseignements parvenus postérieurement à Timpression, que des détachements des 3^, 10^ et 12^ régiments d'infanterie bavaroise et du 1®' bataillon de chasseurs bavarois, conduits chacun par un officier, concouraient à la prise de la pièce française.

Page 1209, ligne 20, au lieu de „lre compagnie*, lire „4e comp.*.

Page 1373, ligne 21 et suivantes, lire: „deuz bataillons du régiment de landwehr de Basse- Silésie se portent en avant pour reprendre le village; les autres bataillons de la 5^ brigade de landwehr suivent à leur tour, un peu plus tard.*"

Page 1373, note *. Au lieu de: „Prusse occidentale" lire: aBasse-Silésie".

Page 1379, lignes 18 — 19. Au lieu de «deux bataillons* lire: ^un bataillon.*

IP Partie.

Page 242, Note **) — Ajouter: „La division avait été ralliée encore entretemps par 3 compagnies du 83® régiment et par 5 compagnies du 94®. (Voir 11^ Partie, page 230, Note **.)«

12e de 12 12e de 12 Page 244, Note *). Au lieu de: „ — jiF" % lire: „ ^- *.

Page 299. Le chemin de fer mentionné à la dernière ligne était encore en construction à l'époque de la guerre; il convient donc de n'en pas tenir compte.

Page 343, Note. Au lien de ^Eastenholz*', lire ^Kestenholz'. Page 403, Note % Au liea de ,,24 canons*' lire „4 canons.'' Page 444, ligne 19. An lien de: ^le 1^^ régiment de cavalerie hessoise^ lire: „]e 4® escadron dn 2® régiment de cavalerie hessoîse".

Page 444, Note ♦•). Au lieu de: .,i„ "av.* hess." l^*-" "!« cav. heas. •**

4« 2« cav. liess. '

Page 497, lignes 13 à 15. Au lieu de: „poursuivis par les obus allemands; mais à 4 heures du soir, l'infanterie hessoise venant à prononcer un mouvement dans cette direction, elle est repoussée par une vive fusillade", lire: poursuivis par les obus des Allemands qui, vers 4 heures, poussent à leur suite jusqu^à rentrée du village".

Page 517, ligne 8 d'en bas et suivantes. Remarquer que la 22^ division suivait par Tancienne route de Chartres, en exécution d'un ordre du prince Frédéric-Oharles.

Page 519, ligne 15 et suivantes. Remarquer qu'avant de conclure les négociations relatives à l'occupation d'Orléans, le général de Treskow avait sollicité l'agrément du grand-duc deMecklenbourg-Schwerin.

Suppléments.

r Partie.

Page 323*, ligne 22, an lieu de ,Lieut. en l^r de Roon, du régt de fusiliers de la Garde" lire: ^Lieut en 2® de Beichert, du régt. de fus. du Brandebourg No. 35*'.

IP Partie.

Page 39*. Ajouter aux pertes de la 22^ division d'infanterie: Tués: Taumônier divisionnaire Schwabe et 1 homme du bataillon de pionniers hessois No 11; blessés: 3 hommes du dit bataillon.

Page 54* ligne 17 d'en haut. Au lieu de ,Liesant«, lire «Lieusaint*.

Page 54* ligne 17 d'en haut. Au lieu de «Reppenheim**, lire ,Roppenheim*.

Page 61*. L'indication puisée dans l'ouvrage du général d'AureUe, et d'après laquelle le 5e régiment de hussards aurait appartenu à la l^e brigade de la division de cavalerie du 15® corps français est erronée. Lire: „6e régiment de hussards".

Page 145*. Au I®' corps bavarois, au lieu de: «Lient. Schumacher* lire: «Capitaine Schumacher''.

Page 148*, Note **). Au lieu de: „lieutenant-général de Tresckow II" lire: „lieutenant général de Tresckow."

Pt^e 195*. Le prince Othon de Bavière se trouvait avec le régiment qui porte son nom (5® régt. de uhlans Prince Othon).

Page 197*. Dans l'effectif d'ensemble de la IV« armée (dite de la Meuse), le XU© corps (Saxon) doit figurer pour „29" bataillons au lieu de »27<*. L'armée de la Meuse comptait donc „98" bataillons et non „96".

Errata concernant les Cartes et les Plans.

Plan 11. Au lien de: ^Château Brionx" lire: ^Château Brieux.*' Plan 12. Rayer le ■= — q- figuré à côté de Servigny.

xj. a.

Carte d'ensemble No 3. Un chemin de fer va de Crépy-en- Valois à Senlis. Carte d'ensemble No 5. Au lieu de; „Ohaigny" lire: „Ohaingy."

Opérations destinées à couvrir le blocus de Paris

(jusqu'au milieu de décembre).

Opérations de la I'^ année.

En même temps que la H* armée et la subdivision d'armée Mouvement de la du grand- duc de Mecklenbourg venaient couvrir le siège i» somme.*) de Paris au sud et à T ouest, la P® armée se mettait en devoir de quitter les environs de Reims et de Rethel**) pour gagner la sphère d'action qui lui était réservée au nord de la capitale. Le 16 novembre, le général de Manteuffel réglait les derniers détails de la marche sur FOise; contrairement au premier projet, l'aile droite, qui devait s'étendre primitivement jusqu'à Saint-Quentin, avait ordre de ne pas dépasser Ouiscard, la majeure partie du I®^ corps se trouvant encore momentanément affectée à une autre mission.***)

*) Voir la carte d'ensemble No 8.

**) Voir Ile Partie, page 376.

***) Le général de Manteuffel n'avait tout d'abord à sa disposition qae le Ville corps, d'armée, la 3® brigade d'infanterie avec l'artillerie de corps du lei* corps, et la 3® division de cavalerie; le VU® corps d'armée était à Metz ou devant Thionville et Montmédy; la 1^ division d'în&nterie, que la 3e division de réserve se disposait à relever, observait Mézières; la 4e brigade d'infanterie était chargée de réduire La Fére. Voir à ce sujet, Ile Partie, pages 361 à 377. — Le Supplément XOVIII contient TOrdre de bataille de la pe armée au 15 novembre ; le Supplément XGIX donne le n tableau des pertes dans la période du 28 octobre au 15 décembre.

Gnerre Franco-Allemande de 1870-71. Texte IL 37

La 3" brigade d'infanteriC) prenant au sud de La Fère qu'investissait la 4® brigade, devait être pour le 21 novembre à Noyon, d'où elle éclairerait vers Amiens; le VIII® corps posté à Reims, avait ordre d'atteindre Gompiègne à la même date, de jeter des avant-gardes sur les routes de Beauvais et de Montdidier, et de donner la main, par Senlis, à Tarmée de la Meuse. Le soin de couvrir l'aile droite était confié à la 3® division de cavalerie, renforcée du 8® bataillon de chasseurs et d'une batterie à cheval du VIII® corps; il était prescrit à cette division d'être rendue pour le 20 novembre à Guiscard, d'oîi elle pousserait aussi des reconnaissances sur Amiens et dans la direction de Saint -Quentin. En même temps, le commandant de la P® armée prenait ses mesures pour attirer à lui, au moyen de la voie ferrée de Laon, la 1'® division d'infanterie chargée d'observer Mézières.^)

D'après les renseignements recueillis, les nouvelles formations de troupes étaient poussées très-activement dans le nordouest de la France; toutefois, on ne devait pas s'attendre à des rencontres sérieuses en deçà de l'Oise, car, en dehors de Rouen, d'Amiens et de Lille, l'adversaire n'avait point encore rassemblé des forces imposantes. Les nombreuses places fortes échelonnées le long de la frontière de Belgique lui ménageaient d'excellents points d'appui sous la protection desquels û pouvait se concentrer en toute sûreté et déboucher ensuite à volonté, grâce aux têtes de pont de Ham, Péronne et Amiens, sur la rive droite de la Somme pour dégager Paris, ou menacer à tout instant la P® armée sur son flanc droit dans sa marche vers le nord-ouest, tandis que, sur son front, elle rencontrait les fortes positions défensives formées par les vallées généralement encaissées des affluents de la Seine. Un réseau trèscomplet de grandes routes sillonne toute cette région; mais, par suite de la nature crayeuse du terrain, les voies de. communication secondaires ne tardent pas, dans la saison pluvieuse, à devenir d'un difficile usage. Les vallées, riches et fertiles, sont caractérisées par des centres de population trés-agglomérés, constitués pour la plupart de maisons en pisé, et entourés d'une

*) Voir Ile Partie, page 377. — Le l^r bataillon de chasseurs devait seul partir snr-le-champ pour aller renforcer la 3^ division de cavalerie.

large ceinture de prés et de vergers séparés par des murs, des haies ou des clôtures en planches; sur les plateaux^ au contraire, les villages se présentent sous Taspect d'habitations éparses, complètement enfermées dans une levée à talus rapides. —

Conformément aux dispositions arrêtées, le 16 novembre, par le commandant en chef, la division de cavalerie, lancée en avant du flanc droit de Tarmée, atteignait Guiscard, le 20*); les éclaireurs de cette division s'étaient heurtés, non-loin de Ham, à un parti d'environ 800 gardes mobiles. Derrière la cavalerie, les troupes disponibles du I®' corps venaient, le même jour, jusqu'à Chauny; les têtes de colonne du VHP corps jusqu'à Compiègne. Le commandant en chef, arrivé sur ces entrefaites à Soissons, y recevait dans la nuit Tordre du grand quartier général de prolonger son mouvement jusqu'à Rouen; l'attitude de l'ennemi devait décider s'il conviendrait de diriger la masse principale des forces par Amiens; mais, de toute façon, il était recommandé d'organiser fortement l'occupation de cette importante cité.

En conséquence, durant les jours suivants et tandis que la 3® division de cavalerie battait le pays en avant de l'Oise, les iiutres fractions de l'armée achevaient de se former le long de cette rivière. Les patrouilles ne trouvaient personne dans les localités de la haute Somme; mais, dans la direction d'Amiens, elles rencontraient en divers points des troupes de gardes mobiles et de francs-tireurs qui se repliaient vivement à leur approche. En même temps, on apprenait que 15,000 hommes de toutes armes étaient rassemblés dans Amiens, où^ de plus, d'après des informations communiquées entre-temps par le commandant en chef de l'armée de la Meuse, les chemins de fer paraissaient amener sans cesse des troupes nouvelles tirées de Rouen et de Lille. Dans cette situation, le général de Manteuffel abandonnait son projet de concentrer le I®' corps d'armée sur l'Oise et décidait, au contraire, de poursuivre sur le champ son mouvement en avant, avec toutes les forces actuellement sous sa main."^*)

*) Le Supplément C donne les itinéraires journaliers des troupes dans la période du 16 novembre au 6 décembre.

**) Le transport de la l^e division par chemin de fer ne s*exécntait pas avec la rapidité sur laquelle on avait primitivement compté, attendu

Dans la soirée du 23, la 3^ division de cavalerie recevait donc la mission, tout en restant chargée d'éclairer vers Amiens, d'être en position pour le 25 à Moreuil, en laissant cependant un fort détachement dans Ham afin d'assurer le flanc droit Le commandant de la 1'® division d'infanterie, général de Bentheim, qui avait pris la direction du P' corps, avait ordre d'appeler à lui les fractions de cette division arrivées entretemps sur l'Oise et de se trouver rassemblé, pour le 25 également, entre Roye et Noyon; le VIII* corps devait atteindre Montdidier à la même date, et diriger par Saint - Just - en- Ghaussée sur Breteuil un détachement chargé d'établir la liaison avec les contingents de l'armée de la Meuse postés aux environs de Clermont. —

En exécution de ces dispositions, la 3® division de cavalerie avait déjà poussé ses troupes de tête sur la Luce, quand, le 24 au matin, des forces françaises supérieures la refoulaient jusques aa nord de Mézières. Vers 9 heures, des renforts accourus à son aide mettaient un terme à la poursuite.*) Une compagnie de chasseurs appartenant à l'avant-garde et soutenue par deux pièces, commençait par faire tête à plusieurs attaques; mais, finalement, les Allemands débordés sur les deux ailes par des renforts ennemis venus en toute hâte, se voyaient contraints de rétrograder sur Bouchoir. Les Français les suivaient jusqu'au Quesnel; là, ils se trouvaient arrêtés par un feu d'artillerie, et, dans le courant de la journée, ils se retiraient aussi de Beaucourt et de Méziëres. Le lendemain, la division demeurait au Quesnel, car l'adversaire occupait Moreuil et les troupes avancées le rencontraient également sur la Luce.

Le 25, les têtes de colonne du P' corps atteignaient Roye; l'aile droite du VHP corps, dépassant Montdidier conformément à un ordre complémentaire du général en chef, rejetait sur Moreuil les troupes ennemies postées au sud de cette localité.

que radministratioQ de la ligne - ne pouvait expédier journellement que quatre trains au lieu des six qu'elle avait offerts. Le 1^^ échelon (quatre bataillons d'infanterie, un escadron, une batterie et un détachement sanitaire) arrivait sur FOise, le 23 novembre; toutefois, la division ne pouvait s'y trouver entièrement réunie avant le 27. —

*) Cette petite troupe se composait de la qi — r , 14® régt. de uhlans

o cnass*

et deux pièces de la l'o batterie à cheval du VIII® corps d'armée.

A Textrème gauche, la 16® division d'infanterie était venue sans incidents jusqu'à Rocquencourt et Breteuil, où elle avait pris le contact avec les troupes détachées de Glermont par Farmée de la Meuse.

Les rapports, les renseignements parvenus dans la soirée à Montdidier dénotaient clairement que l'adversaire avait massé déjà des forces considérables autour d'Amiens et que de nouveaux renforts semblaient y affluer encore de Lille, d'Arras et de Boulogne. Le général de Mante uffel donnait alors l'ordre de continuer, le lendemain, le mouvement sur Ârras, et prescrivait à la 3® brigade d'infanterie de rejoindre la division de cavalerie sur ses positions du Quesnel- d^où elle demeurait chargée de surveiller l'ennemi, aux autres fractions disponibles du ï^^ corps de serrer sur Roye, aux divisions du VIII® coi*ps de se cantoni^er entre Moreuil et Essertaux.

Le 26, le YIII® corps atteignait les points assignés sans rencontrer l'adversaire; au delà de Moreuil seulement, la 30® brigade d'infanterie, renforcée par de la cavalerie et de l'artillerie, se heurtait à de faibles partis français qui, après une courte résistance, se repliaient le long de l'Avre. Une compagnie du 68®*) les suivait sur la rive droite de la Luce; accueillie, au sud de Saint-Nicolas, par une violente fusillade^ elle délogeait l'ennemi et le repoussait, avec le concours de deux compagnies accourues à son aide**), jusqu'à des ouvrages construits auprès de Saint-Nicolas, où des forces supérieures se tenaient prêtes à le recueillir. Deux autres compagnies***), diidgées sur Domart et sur Hangard, y repoussaient à plusieurs reprises les attaques de rinfanterie française.

Plus à droite, la tête d'avant-garde de la 3® brigade d'infanterie arrivée auprès du Quesnel, appuyait jusque vers Cayeux dans la soirée du 26, conformément à un ordre du général en chef. Pendant ce temps les fractions du I®"* corps

5e et C

relevées devant Mézières débouchaient par échelons entre Bouchoîr et Coucy.

Ce jour-là, la 3® division de cavalerie poussait ses avantpostes jusqu'à Caix; le gros suivait jusqu'à Rosières; de fort? partis étaient jetés sur Braye et Corbie, les reconnaissances ayant constaté que Tennemi se trouvait en forces dans la région au nord de la Somme.

Du côté des Allemands, on avait conclu de Tattitude des Français dans cette journée du 26 novembre, que leur intention n'allait pas au' delà d'une défense directe d'Amiens. Le général de Manteuffel décidait donc d'employer la journée du 27 à se rapprocher de la position française tout en resserrant le front très-développé de son armée, de manière à se trouver en mesure d'attaquer le lendemain. En conséquence, l'ordre était donné: au I®' corps de venir avec le gros de ses forces jusqu'à la Luce; à la 3^ division de cavalerie, mise à la disposition du général de Bentheim, d'éclairer au nord de la Luce; au Vin® corps de prendre position entre la Noyé et la Celle en assurant son flanc gauche, et de faire surveiller l'adversaire par son avant-garde, de Fouencamps et d'Hébecourt.

Du côté des Français, le général Bourbaki, investi du commandement supérieur des forces du nord de la France était parvenu, au milieu de novembre, à grouper aux environs de Lille un corps de 15,000 hommes environ, constitué au moyen de recrues, de soldats d'infanterie de marine, d'un nombre assez considérable de prisonniers échappés aux capitulations de Sedan et de Metz et de contingents de gardes nationaux mobiles. Quand, ensuite, le général recevait une autre mission, son commandement passait provisoirement à son ancien chef d'étatmajor, le général Farre, qui, à la nouvelle du mouvement des Allemands sur la Somme, se hâtait de concentrer toutes ses forces autour d'Amiens.*) Le 27 au matin, ces troupes se trouvaient établies ainsi qu'il suit, dans le but de couvrir la ville et le chemin de fer d'Arras.

A l'aile droite, la 2® brigade était à Longueau, chargée de protéger la route de Montdidier; six de ses bataillons étaient

*) Le supplément CI doDoe l'Ordre de bataille des fractions de Tarmée du Nord réunies sous Amiens, le 27 novembre.

répartis par deux à Saînt-Puscien, Boves et au nord de Saint- Nicolas, avec des avant-postes jusque vers le Paraclet. L'aile gauche était formée par la 3® brigade, renforcée de deux bataillons de la 1^®, et dont la masse principale occupait Villers- Bretonneux. Cette brigade avait disposé un bataillon dans Cachy et un autre dans Gentelles, avec des détachements moins considérables dans les petits bois au nord de la Luce; elle gardait fortement des ouvrages élevés sur le chemin de fer, à Test de Villers-Bretonneux, et au carrefour situé au sud de cette localité. Cinq bataillons encore disponibles formaient la réserve, avec deux batteries de la 1'® brigade.

Indépendamment de ce corps, d'un effectif de 17,500 hommes environ avec huit batteries, le général Paulze d'Yvoy, établi avec 8000 gardes mobiles et 12 pièces de canon dans une position retranchée au nord de Dury, se tenait prêt à défendre Amiens contre une attaque se produisant du sud. Un de ses bataillons, accompagné de quelques compagnies de chasseurs, avait été envoyé en reconnaissance sur Saint-Sauflieu.

Bataille d^Amiens, le 27 novembre.*)

Par suite des dispositions arrêtées dans la soirée du 26 no- i^gragements à vembre par le général en chef, le général de Bentheim avait *ire amée. prescrit à l'avant-garde du I®"* corps de prendre position, le lendemain, entre Marcelcave et Gentelles pour couvrir le gros du corps d'armée dont le premier échelon devait venir jusque sur la Luce.**)

*) Voir le Plan 26.

**) Répartition des troupes du pr corps au 27 novembre:

Avant-garde:

^.. Ile et Fus . 2« et 3^ ^ 5^ batt. lég.

Aete: j^ , iQe drag. ^* pï ^*

ler , 1er 5e batt. lourde et 6® lég. , Gros: ^ et 44e régt., ^^^ ^^^ * j^, . l'e comp. de

pion, de campagne.

Gros:

„ , . , 3e et 4e ire et 2e batt. lourdes

1er échelon: Régt. de gren. Pnnce-Royal, ^er drag * ïër

artill. de corps et 3e comp. de pionn. de campagne.

Dès TaubC; des patrouilles de cavalerie partaient donc eu reconnaissance de la Luce vers le nord; à peu de distance de Gentelles et de Gachy, elles se rencontraient avec quelques partis ennemis. Pendant ce temps, la tète d'avant-garde de la 3® brigade d'infanterie, arrivée, la veille, à Démuin et à Hourges, se rassemblait auprès de Hangard et envoyait deux compagnies au pont de Démuin*); deux autres de ses compagnies**) avaient été détachées déjà de Hourges au pont de Domart, les troupes du VIH® corps qui avaient occupé ce point jusqu'alors l'ayant quitté sur ces entrefaites pour passer sur la rive gauche de la Noyé.

Vers 10 heures du matin, quand le gros de l'a vaut-garde débouchait sur la Luce, le brouillard qui bornait les vues commençait à se dissiper. Conformément aux instructions du général en chef, le général de Pritzelwitz donne l'ordre aux compagnies postées à Domart, ainsi qu'au 1^^ bataillon du 4® régiment, à un escadron de dragons et à une batterie, de gagner le bois de Domart et la hauteur adjacente à l'ouest, pendant que le reste des troupes prendrait sa direction sur Cachy***).

c^ ^ ^ , l^^ l^^ et Fus. ^ 2« batt lég.

2e échelon: 3^, jj^ et p^— ^.

Les antres éléments de la 1^ division d'infanterie formaient deux derniers échelons dont les têtes de colonnes devaient atteindre Boye, le 27 novembre.

- . 7e et 8e *)

4e 9e et lie

***) La 3e brigade d'infanterie et les troupes qui lui étaient rattachées formaient donc trois colonnes:

, , , , , I®', 9® et lie 1er

celle de gauche composée de ^ » IQe drag

5e batt. lourde

1er '

,, , , 5e, 6e, lOe et 12e 2e

celle du centre composée de rg > lue drag *

5e batt. légère ^ x. ^ , ^ ^ .

Ter ®* ^^^ partie de la 1'* comp. de pionn.

de camp.,

7e et 8e Se

celle de droite formée de — ^ — » IQe dra<r ' ^^ ^^ régiment

. 6e batt. lé g.

suivait, avec la t^

A l'aile gauche de la 3® brigade d'infanterie, les deux compagnies de fusiliers du 4® régiment qui ouvraient la marche s'avancent; sans rencontrer de résistance, de Domart jusqu'à la lisière nord du bois situé en avant; mais elles se trouvent alors en butte à une vive fusillade d'un bataillon de chasseurs établi dans Gentelles. La 5® batterie lourde, prenant position dans une partie défrichée du bois de Domart, ouvre son feu sur ce bataillon, qui, menacé en même temps par un mouvement du V^ bataillon du 4® régiment sur son flanc gauche, est contraint de reculer vers Cachy. Les fusiliers garnissent le périmètre nord- est de Gentelles, et, de concert avec la batterie, qui s'est rapprochée du village, ils engagent un combat de pied-ferme avec les lignes de tirailleurs ennemis postés à couvert à l'ouest de Cachy. Durant ce temps, l'escadron de dragons éclairait sur la grande route d'Amiens; le 1®' bataillon, réuni au sud-ouest de Gentelles, détachait une compagnie dans le bois du Fleye, pour établir la liaison avec la colonne du centre qui s'avançait à droite.

Dans cette dernière colonne, la 10® compagnie du 4® régiment, chassant devant elle des patrouilles ennemies, avait atteint l'angle nord-ouest du bois de Hangard; la 12® compagnie et la 5® batterie légère avaient pris la direction de Gentelles, pour appuyer l'engagement de l'aile gauche. Cependant, à peu de distance du bois du Fleye, cette petite troupe se voit obligée de fsdre tête à des essaims de tirailleurs ennemis débouchant de Cachy. Là aussi s'engage un combat de mousqueterie trainé en longueur, durant lequel les efforts répétés des Français sont repousses avec le concours de la 6® compagnie, accourue comme renfort, et de la batterie, qui a pris position à 500 pas environ à l'ouest du bois de Hangard.*)

Les deux compagnies du 4® régiment qui formaient la tête de la colonne de droite avaient commencé par attendre, sur la croupe que suit le chemin de Démuîn à Villers-Bretonneux, que le 44® se fût engagé plus à Test. Vers midi, quand ces deux

*) La T^ et la compagnie de pionniers se tenaient en réserve dans le

bois de Hangard; Tescadron de dragons était employé à maintenir la liaison avec les colonnes latérales.

compagnies s'ayançaient entre les bois de Hangard et de Morgemont, abandonnés par Tennemi, une violente fusillade partant des tranchées-abris établies au sud de Villers-Bretonneux les contraignait à chercher un abri dans le bois de Hangard. Le 44® régiment, qui avait poussé sur ces entrefaites à travers le bois de Morgemont, s'était heurté , de son côté, à des masses ennemies en position derrière des retranchements élevés sur le chemin de Marcelcave à Cachy, et surtout le long de la voie ferrée, auprès de Villers-Bretonneux. Le 2® bataillon du 44®, abandonnant alors sa direction sur Cachy, oblique vers le chemin de fer pour déborder la gauche française, et, tandis que deux de ses compagnies commencent à préparer de front l'attaque de la position retranchée, les deux autres l'appuient de l'est. Quatre compagnies du 1®' bataillon et des fusiliers viennent prolonger successivement cette ligne de feu jusqu'au bois de Morgemont; la 6® batterie légère, se portant auprès de ce bois, engage la lutte avec plusieurs pièces ennemies en batterie au sud de Villers-Bretonneux.*) Pendant ce temps, les contingents du 44® se rapprochaient par bonds successifs jusqu'à 300 pas de l'aile gauche ennemie; puis, après un feu rapide très-nourri, ils s'élancent de tous côtés à l'assaut des ouvrages, aux cris répétés de Hurrahl pendant que la compagnie de gauche marche plus à l'ouest sur la voie ferrée. Après quelques instants d'une mêlée furieuse, les Français plient; le vainqueur pom'suit leur retraite de ses feux; puis, en présence des masses accumulées auprès de Villers-Bretonneux, il se met aussitôt en devoir d'organiser défensivement la position enlevée; la 6® batterie légère entre en action à l'est des ouvrages. —

En résumé, au début de l'après-midi, l'avant-garde du P"^ corps, développée, sur un front de 9 kilomètres environ, depuis les ouvrages de Villers-Bretonneux jusqu'aux abords de Gentelles, se trouvait donc directement en présence d'un ennemi

*) Attaque de front, en partant de Taile gauche: 4^, 3®, 11®, 9«, 7» et 6® compagnies.

Attaque du flanc droit: 5® et 8® compagnies. — La 1^0 et 2® compagnie étaient au saillant nord-est du bois de Morgemont; les 10® et 12® formaient réserve plus au sud-est.

bien supérieur, qui se préparait à reconquérir le point d'appui dont il venait d'être chassé.*)

Le général de Manteuffel avait suivi la marche de raction, d'abord de la hauteur de Thennes, puis de plus près, au sud de Gentelles. L'espace compris entre ce dernier point et Ponencamps se trouvant entièrement dégarni de troupes allemandes, le général avait désigné pour le garder le 1®' bataillon du 28®, en marche de Plessier**) et, en attendant, il avait disposé Tescadron d'escorte du quartier général***) sur les routes

*) Position de Tavant-garde vers 1 heure du soir:

. , , , . . 6e batt. lég.

A rest des ouvrages sur la voie ferrée: t^

IP, 3«, 9e et lie Dans les ouvrages: tt^ •

4e A Fouest des. ouvrages: i^'

2e et 3e Au sud de Marcelcave:

lOe drag.

ire et 2e

Dans le bois de Morgemont: — tâ^ —

lOe et 12e

En réserve à Test du bois de Morgemont: jp — •

5e, 7e, 8e et Vsl^

Dans le bois de Hangard: — ^ — ^— p et l^e comp. de

pionn. de campagne.

5e batt. lég.

A l'ouest du bois de Hangard: pp

6e, 12e et g/slPe

Au sud de Cachy: r^ •

2e et Va^® Dans le bois du Fleye: r^ •

^ X „ Vsd® et lie Dans Gentelles: ^ •

„ ire, 3e et 4:e 1©' ,

En réserve auprès de Gentelles: -^ » IQe drag

5e batt. lourde

Jër '

**) Ce bataillon avait été employé à la garde du quartier général à

Flessier, le 26. Le lendemain matin, il avait été rallié par la ^, laissée à l'escorte des convois pendant la marche en avant.

' Huss. du Roi'

de Boye et de Montdidier. De plus, vers midi; le général avait envoyé l'ordre au VIII® corps, passé sur la rive gauche de TAvre, de faire en sorte d'intervenir de son mieux par Fouencamps dans la lutte trës-chaude engagée au P'^ coxps.

A ce moment de la journée, le premier échelon du gros du I^^ corps se tenait prêt, dans les cantonnements qu'il avait pris entre-temps sur la Luce, à soutenir son avant-garde. Entre 1 heure et 2 heures, quand les Français se portent offensivement en avant sur plusieurs points, le général de Bentheim prescrit donc de laisser quelques détachements seulement pour garder les passages de la Luce, et de diriger tout le reste des troupes disponibles sur le plateau.

A maintes reprises, les 7® et 8® compagnies du 4® régiment avaient vainement essayé de déboucher de la partie est du bois de Hangard; cependant, grâce à l'appui de la 1'® batterie lourde amenée sur ces entrefaîtes par le général de Bergmann au saillant nord-ouest de ce bois*), ces compagnies avaient réussi, pendant un certain temps, à se maintenir contre les retours offensifs de l'ennemi. Enfin, assaillies de nouveau par des forces bien supérieures, elles reculaient vers la pente de la hauteur au nord-ouest de Démuin, où des contingents frais du I®' corps venaient lui apporter un vigoureux appui**). L'artillerie de corps avait marché jusqu'à la Luce, amenant sur ses avant-trains et sur ses caissons un peloton de la 1^ compagnie du régiment Prince-Royal; tandis que ce peloton, poussant aussitôt au nord, se jette sur le flanc des tirailleurs français qui ont pénétré dans le bois de Hangard, trois autres compagnies du même régiment***) les abordent de front. L'ennemi se replie alors précipitamment jusque sous les reti'anchements construits au sud de Villers-Bretonneux, suin dans sa retraite par les grenadiers prussiens, qui engagent une fusillade de pied ferme avec les masses qu'ils ont devant eux.

*) Cette batterie avait d'abord ouvert son feu, vers 2 heures, entre les bois de Domart et de Hangard ; puis elle était venue au saillant nord-ouest de ce dernier bois.

**) Ces deux compagnies avaient perdu tous leurs officiers jusqu'à Tan des plus jeunes lieutenants en 2^.

***) 1% 10e et 12e.

Pendant ce temps, les Français échouaient définitivement dans plusieurs tentatives pour reprendre possession des ouvrages perdus sur leur extrême gauche; quatre batteries de l'artillerie de corps*), mises en position par le colonel Jungé à Test du bois de Morgemont, avaient concouru puissanlment à ce résultat. Les deux batteries légères s'avancent ensuite jusqu'au saillant nord du bois; un retour offensif de l'adversaire les oblige d'abord à revenir jusqu'à la lisière est; mais, bientôt, l'apparition sur le champ de bataille de trois nouvelles batteries**) les met en mesure de contraindre à leur tour l'assaillant à faire volte-face. Une partie de cette artillerie***) reprend alors sa première position, d'où, concurremment avec la 6* batterie légère restée plus à l'est, et avec 10 pièces de la 3® division de cavalerie t), elle commence à canonner les épaulements au sud de ViUers-Bretonneux.

Sur ces entrefaites, les 10® et 12® compagnies du 44®, affectées jusqu'alors comme soutien à l'artillerie, avaient appuyé par la voie ferrée vers les ouvrages; les fractions de ce régiment postées dans le bois de Morgemont avaient été renforcées par plusieurs compagnies des grenadiers du Prince-Royal venues de la Luceft)' Ces troupes débusquent l'adversaire d'un bouquet d'arbres situé au nord du bois de Morgemont; puis, appuyées par la 2® batterie lourde accourue à leur aide, elles prononcent leur attaque contre le flanc gauche des ouvrages au sud de Villers-Bretonneux, en même temps que des contingents sortis du bois de Hangard les abordaient de front. Le défenseur, déjà

*) 3© et 4e batt. légères, 2® et 3® à cheval. Les deux dernières ne tardaient point à entrer en action à Faile gauche du corps.

**) 2® lourde de Fartillerie divisionnaire, 3® et 4® lourdes de Fartillerie de corps.

**») 4e lourde et 4® légère.

t) La 3® division de cavalerie, laissant à Ham deux escadrons, deux pièces et une compagnie de chasseurs pour maintenir les communications •

avec les troupes établies devant La Fère (voir II® partie, page 560) avait éclairé le flanc droit de la P® armée dans la matinée du 27; puis elle avait I

pris d'abord position à Test de Marcelcave, d'où ses batteries à cheval étaient entrées en ligne. Bientôt après, la division, accompagnée de son artillerie, venait se former dans une position d'attente à l'ouest de Marcelcave.

tt) 5® et 8® et, un peu plus tard, la 6®.

ébranlé par le feu de Tartillerie, se replie au plus vite vers la tranchée du chemin de fer. Après que Tartillerie allemande a réduit également au silence les batteries françaises engagées sur ce point du champ de bataille, les grenadiers du Prince- Royal et une partie des contingents du 4® et du 44® embusqués dans le bois de Hangard et de Morgemont^) s'élancent; tambonr battant et aux cris de Hurrah, jusqu'à Villers - Bretonneux. L'adversaire essaye encore d'une faible résistance sur quelques points du bourg; puis, se couvrant de l'obscurité, il se replie précipitamment et en désordre vers le pont de Corbie, abandonnant entre les mains du vainqueur 180 prisonniers nonblessés.

Tandis que, à l'aile droite du P' corps, l'action se terminait à l'avantage des Allemands par l'enlèvement de Villers-Bretonneux, les partis en présence auprès de .Cachy et de Gentelles avaient poursuivi, durant plusieurs heures, un combat de mousqueterie marqué par des alternatives diverses.

Vers 2 heures environ, l'ennemi tentait de nouveau, sur ce point, de déloger les Allemands du bois du Fleye; il n'en était plus qu'à 300 pas, quand un feu rapide trës-meurtrier, exécuté par les fractions du 4® régiment postées en cet endroit, l'obligeait à faire demi-tour au plus vite. Serrant de près les tirailleurs français en retraite, les grenadiers de la Prusse orientale viennent s'embusquer dans la zone découverte située au sud de Cachy; les autres compagnies du 1®^ bataillon, appelées entre-temps de Gentelles, formaient réserve et servaient en même temps de soutien à la 5® batterie lourde, qui avait pris position à Test du bois du Fleye. En dépit des eflforts réitérés d'un adversaire supérieur, l'infanterie allemande, reliée aux troupes engagées sur la droite*^) et vigoureusenient secondée par le feu des batteries à cheval de corps arrivées vers 3 heures***), se maintient inébranlable jusqu'au moment où les munitîotis com-

*) Fractions de r^ aiDSi que jj^ •

**) Voir Ile partie, page 567 (Note).

***) Sur l'ordre du général de Bentheim, ces batteries avaient quitté leur .position à l'est du bois de Morgemont pour appuyer vers l'aile gauche. Voir Ile partie, page 569.

mençant à lui faire défaut à la suite d'une longue fusillade, elle se rabattait sur les bois de Hangard et du Fleye, où elle . continuait encore à résister avec succès.

Sur la gauche de ce groupe tactique, les deux compagnies de fusiliers entrées dans Gentelles*) avaient repoussé vigoureusement et par deux fois les attaques des Français, parvenus déjà jusqu'à la lisière nord du village; aprës Tépuisement complet de leurs munitions, elles avaient rétrogradé ensuite sur Domart. Deux compagnies du 1®' bataillon du 4®, qui réoccupaient aussitôt le village, étaient rappelées presque immédiatement sur le bois du Pleye, de sorte que les Français reprenaient possession de Gentelles sans rencontrer grande résistance**). Quand ensuite, vers 4 heures et demie, le général Lecointe lançait quelques bataillons de ce village sur Domart, le général-major de Pritzelwitz dirigeait sur cet important passage le 1®' bataillon du 4® et la 5® batterie lourde, qu'il faisait suivre bientôt de la 5® légëre. Un peu plus bas, les troupes du P' corps chargées jusqu'alors de garder le pont de Thennes ayant été entraînées dans l'engagement de l'avant-garde, le général en chef avait fait occuper ce point, vers 3 heures, par le 1®' bataillon du 28®, qui, depuis 1 heure de l'aprës-midi, avait résisté de pied ferme aux retours offensifs tentés par l'ennemi, du bois de Gentelles.

A la tombée de la nuit, les bataillons français qui s'avançaient lentement de Gentelles arrêtaient complètement leur mouvement offensif, laissant sans combat les ponts de la Luce aux forces allemandes qui se tenaient prêtes à leur en disputer la possession. A l'exception des contingents établis dans Villers- Bretonneux et couverts vers Corbie et Cachy par le bataillon de fusiliers du régiment Prince -Royal, toutes les autres troupes du I®^ corps engagées au cours de la journée se rassemblaient peu-à-peu, pendant la soirée, dans des bivouacs au sud de la Luce; le deuxième écheloii du gros, arrivé sur ces entrefaites, établissait les avant-postes sur la rive droite.

9e et lie*

*) le** ' ^oi^ ^1® partie, page 565.

**) Uordre d'évacner le village ne parvenait pas à tontes les troupes, de sorte que 1 officier et 16 hommes tombaient aux mains des Français qui avaient pénétré sur ces entrefaites dans Gentelles.

ingagemente à jjii exécutîon des ÎDstructions du commandant en chef, 1 e "ir« armée. Commandant du VIII® corps avait prescrit à la 15® division^ pour le 27 novembre, de cantonner une de ses brigades entre Fouencamps et Estrées, l'autre dans Sains et aux abords. La 16* division devait occuper, ce jour-là, la zone limitée au nord par Bumigny et Plachy, avec faculté de s'étendre cependant jusqu'à Dury, si les circonstances l'exigeaient; un détachement latéral était chargé de couvrir à gauche vers Conty; l'artillerie de corps avait ordre de se cantonner à Grattepanche et à Oresmaux.

Conformément à ces dispositions, le 27 au matin, la 30® brigade d'infanterie, jetée en avant-garde vers la Luce*), se rassemblait auprès de Hailles, d'où deux bataillons du 28**) étaient envoyés en avant-postes vers Fouencamps, avec un escadron de hussards; le reste de la brigade s'arrêtait provisoirement en position d'attente à l'est de Dommartin.

Une compagnie lancée en exploration au delà de Fouencamps, ne tardait pas à se trouver en présence des bataillons français postés auprès de Boves et de Saint-Nicolas; les contingents du 28® se déployaient aussitôt devant la position, en formation de combat, tandisqu'une section de la 1'® batterie lourde venue de Dommartin s'établissait sur la hauteur entre Thézy et Cottenchy. Le feu de ces deux pièces déterminait l'ennemi à évacuer la ferme de Paraclet, dans laquelle deux compagnies du 68®***) s'embusquaient aussitôt; une autre compagnie occupait le pont de Cottenchy. f) Vers 1 heure, le général de Strubberg, qui avait connaissance de la situation du combat au I®"^ corps et de l'invitation adressée au commandant du Vin® corps par le général en chef, d'entrer en ligne

*) Voir Ile Partie, page 561. — A cette brigade étaient en outre

^ , ^ - 2® et 3e ^ , iw et 2e batt. lourdes

rattachée les ^ , -p . et les ^i^rrri

Hnss. du Boi YlIIe

**) Le ^ était auprès du quartier général; Voir Ilj Partie, page 567.

***) 2e et 3e. — La l^e compagnie était à l'escorte des convois, la 4»

s'était ralliée au ~ Voir Ile Partie, page 567 (Note).

Ile

de Tautre côté de l'Avre, décide de marcher avec sa brigade 8ur Boves et Saînt-Nîcolas. A cet effet, il renforce son aile droite par le bataillon de fusiliers du 68% les deux compagnies postées dans le Paraclet par le 2® bataillon du même régiment.

Soutenus par le feu de la 2® batterie lourde, entrée en action à l'est de Pouencamps, les fusiliers du 68® s'avancent à droite de la l'oute de Moreuil, à côté des contingents du 28®, qui ont traversé TAvre sur ces entrefaites; mais un feu violent de mousqueterie partant du bois de Gentelles les détermine à se former face au bois et à engager une fusillade de pied ferme avec les lignes de tirailleurs ennemis. Couverts de la sorte sur leur flanc, les deux bataillons du 28®*) continuent leur mouvement le long de la voie ferrée; vers 2 heures et demie, ils emportent, tambour battant, le village de Saint* Nicolas après une courte résistance des défenseurs, puis ils poursuivent encore Tadversaire en retraite jusqu'à une certaine distance dans la direction de Longueau.

Durant ce temps, sur la rive gauche de la Noyé, les compagnies envoyées au Paraclet avaient été dirigées sui* Boves et sur les ruines très -dominantes situées à la lisière ouest du village, se mettant ainsi en communication avec l'aile droite de la 29® brigade d'infanterie.

Cette deraière brigade "'y^) s'était rassemblée de grand matin sur la route de Moreuil à Ailly, avait occupé Sains vers 1 heure, sans coup-férir, et avait jeté sur Saint-Puscien les deux bataillons de mousquetaires du 65®, avec un escadron de hussards. A la réception des renseignements relatifs à la situation du combat au I®' corps, et au bruit de la canonnade très-vive qui retentissait de ce côté, le commandant de la division, qui se trouvait à Sains, faisait avancer le -bataillon de fusiliers du 65® ainsi que deux compagnies du 33®***) dans la direction de

*) La ^ était venue se joindre à eux par les prairies de la Noyé.

1er

**) A cette brigade étaient affectés en outre, le ■== , ^ . et les

° Huss. du Roi

l'g et 2e batt. lég.

Ville

***) 3e et 4e "~33

Guerre Franco-Allemande de 1870-71. Texte IL. 38

Foueucamps. Un peu plus tard, le 2® bataillon de ce dernier régiment et la 1'® batterie légère s'acheminaient sur la ferme de Cambos à l'apparition de colonnes françaises entre Saint- Fuscien et Boves. Cependant, la 30® brigade gagnait visiblement du terrain de ce côté; le général de Eu mmer prescrivait donc, tant aux troupes arrivées à Cambos qu'à celles en marche sur Fouencamps, de prendre leur direction sur les ruines dominantes déjà mentionnées, lesquelles étaient assignées également comme objectif au 3® bataillon du 33®, qui se trouvait dans Sains, et à la 2* batterie légère.

Vers 3 heures, le 2® bataillon du 33**), secondé par le feu de la 1'® batterie légère qui a pris position à 1800 pas environ au sud-ouest de Boves, se porte contre la face ouest de ce village; au sud-ouest, six compagnies du 65® et du 33® s'avancent par la vallée; les deux bataillons du 28® en font autant à l'extrême droite. Les Français ne peuvent tenir contre l'attaque simultanée et convergente de ces quatorze compagnies; vigoureusement canonnés par les deux batteries qui se sont rapprochées entre-temps, ils s'enfuient dans le plus grand désordre vers Amiens, avec une perte de 400 hommes. Une partie des troupes prussiennes qui ont pénétré dans Boves poursuit l'ennemi dans la direction de Cagny ; sur la rive droite de l'Avre, le 3® bataillon du 33®, qui, après l'enlèvement de Boves, est venu en première ligne, le suit également jusqu'aux abords de Longueau. Puis, après que le feu bien dirigé de l'artillerie allemande a réduit au silence les batteries ennemies mises en ligne pour protéger les fuyards, après un retour offensif inutilement prononcé par les Français contre Cagny, les deux brigades, couvertes par leurs avant-postes, viennent s'établir en cantonnements, la 30® dans Boves et Fouencamps, la 29® dans Sains. —

A l'extrême gauche de la P® armée, la 16® division, dirigée par le général de Barnekow sur Rumigny et Hébecourt, s'était trouvée engagée, de son côté, dans une action distincte contre les troupes postées au sud d'Amiens.

*) La Kô^ formait soatien de la batterie.

La 32^ brigade avait atteint Bumigny avec sa colonne de droite*) sans rencontrer de résistance^ et, de là, elle avait envoyé le 1®"^ bataillon du 40® et une compagnie du 2® régiment sur Hébecourt, que les Français occupaient. L'avantgarde de la colonne de gauche avait délogé un parti ennemi de Saint-Sauflieu, après une courte escarmouche, et elle avait dirigé de même sur Hébecourt le V^ bataillon du 70®, par la grande route. L'adversaire se dérobait à l'attaque dont il était menacé en se retirant vivement dans le bois situé au nord, non sans perdre, toutefois, la majeure partie d'tme petite troupe de 200 hommes environ, culbutée et sabrée par les hussards qui débouchaient à l'ouest du village.

Vers 11 heures du matin, les bataillons entrés dans Hébecourt et la 5® compagnie du 40®, engagée plus à droite, marchent contre le bois, soutenus par la 5® batterie légère qui a pris position au nord-ouest de Rumigny. Les Français commencent par opposer une résistance acharnée dans l'intérieur du couvert; mais, voyant ensuite leur flanc droit débordé par deux compagnies"^*) qui s'étaient prolongées le long de la lisière ouest, ils rétrogradent à la débandade sur Dury et la vallée de la Celle.

Vers 1 heure, après que la 32® brigade s'est reformée sur le côté nord du bois, et en exécution d'un ordre du général de Goeben, le 40® régiment, les deux escadrons et la compagnie de pionniers se mettent en marche sur Amiens, à l'est de la grande route; les autres troupes en font autant, à droite et à gauche. Une violente fusillade, partant du cimetière au nord de Dury et des ouvrages construits en arrière, accueille la tête de la brigade; les quatre batteries de la division

*) Colonne de droite: 40® régt. (la 1ï® compagnie était à l'escorte

5® bat! léff du convoi), — ^liie ®* ^^^ comp. de pionniers de campagne.

^ ' , , 1er et Fus. 1er et 4® ^ 5® batt lourde

Oolonne de gaucneî =^ , -tt-t et ^.^-.rr^

^ 70e Schuss. Ville

Ile 3e

^® ~77ïë ®^ ^® viTh avaient été dirigés sur Conty pour couvrir le flanc

gauche. Dans le courant de la journée du 27, cette petite troupe coupait la voie ferrée d'Amiens à Eouen, auprès de Bumaisnil. **) 10e et lie 70e

viennent alors prendre position successivement à droite du village, pour appuyer Tinfanterie. Les défenseurs du cimetière, déjà ébranlés par le feu de ces batteries, renoncent à tenir devant l'attaque de la 12® compagnie du 70® et se replient sur les ouvrages. Une longue canonnade s'engage ensuite et se prolonge jusqu'à la nuit close, avec le concours des batteries à cheval de corps accourues de Grattepanche au bruit de la lutte. Comme Tattitude de l'adversaire faisait présager une résistance tenace, les troupes allemandes rompaient le combat vers 4 heures, en conservant le terrain conquis, et venaient s'établir au bivouac, au sud de Dury.

Pendant ce temps, la 31® brigade avait suivi comme réserve par Hébecoui't, d'où elle avait couvert le flanc gauche en portant le 1®'' bataillon du 69® vers la vallée de la Celle oti se trouvaient, en outre, deux compagnies du 29*) envoyées de Saint-Sauflieu. Au soir, la brigade prenait ses cantonnements autour d'Hébecourt; deux compagnies jetées sur Vers-Hébecourt établissaient la liaison avec les troupes qui, descendant le long de la Celle, étaient parvenues, après quelques escarmouches, jusqu'auprès de Salouel. —

Le général de Manteuffel avait 'gagné Moreuil après la tombée de la nuit, avec son état -major; les renseignements plus explicites qu'il y recevait sur la marche de la bataille lui donnaient à croire que les Français avaient l'intention de résister énergiquement, surtout dans la position retranchée située sur le front du VIII® corps. Le général décidait donc de rallier d'abord ses deux corps entraînés par la lutte dans des directions divergentes, de manière à leur permettre de se prêter un mutuel appui au cas d'une reprise de l'action, puis de hâter autant que possible l'arrivée en ligne des fractions du I®' corps encore en arrière, notamment de la 4® brigade d'infanterie devenue disponible par la chute récente de LaFère.**) Déjà des instructions étaient données dans ce sens quand, dans le courant de la nuit, arrivait la nouvelle de l'échec décisif de l'aile droite française.

^ ire et je

**) La nouvelle de la reddition de La Fère était parvenue au général de Manteuffel pendant le cours de la bataille.

En face du I®' corps, Tadversaîre, il est vrai, avait défendu Gachy jusqu'à une heure assez avancée de la soirée; mais, menacé ensuite sur ses deux flancs par la chute de Villers-Bretonneux et par le mouvement des Allemands par Fouencamps, il s'était replié peu-à-peu sur Amiens. Le 28 dès Taube, les patrouilles du I^^ corps trouvaient tout le pays en avant complètement abandonné déjà et les ponts de la Somme détruits en majeure partie. D'autre part, les troupes du VIII® corps constataient qu'Amiens aussi était évacué, et, vers midi, le général de Goeben faisait son entrée dans la ville avec la 32® brigade d'infanterie.*)

Les Allemands avaient acheté la victoire par une perte de 1300 hommes environ; l'ennemi comptait 1383 tués ou blessés et un millier de disparus.**) —

Dans la soirée du 27, le commandant en chef des forces françaises était à Corbie, résolu tout d'abord à y résister de nouveau à la marche oflFensive des Allemands; mais il abandonnait ce projet à la nouvelle que' les officiers généraux réunis à Amiens avaient décidé de battre immédiatement en retraite sur Arras en se couvrant de la citadelle, occupée par une garnison de gardes mobiles. On avait réussi à grand peine, le lendemain matin, à conduire en bon ordre derrière la Somme les troupes de l'aile droite arrivées de nuit dans Amiens, car beaucoup de gardes nationaux, brisant leurs armes, s'étaient enfuis dans leurs foyers.***)

*) Dans la matinée da 28, sur l'avis de la retraite générale de Tennemi, le général commandant le I®^ corps avait prescrit de lancer la 3^ division de cavalerie à sa ponrsnite au-delà de la Somme; à cet effet, tout le matériel de pont disponible devait être mis à la disposition de cette division.

**) Ces chîfifres sont empruntés à la ^Campagne de Tarmée du Nord en 1870--1871* par le général Fa idherbe. Le Supplément XCIX donne le détail des pertes allemandes; le Supplément OU indique Tefifectif des forces engagées au 21 novembre.

***) Extrait de l'ouvrage précité du général Faidherbe.

A midi, quand les Prussiens, entrant dans Amiens, sommaient le commandant de la citadelle de capituler, celui-ci répondait par un refus; ni le délai de réflexion qui lui était accordé jusqu'à la matinée du 29, ni un feu rapide exécuté contre la garnison par cinq compagnies du 40®*) ne modifiaient cette résolution. Le général de Manteuffel prescrivait alors de jeter, dans la nuit, un pont de bateaux sur la Somme, auprès de Montières, de façon à faire passer sur la rive droite onze batteries des I®' et VIII® corps pour entamer, le 30 au point du jour, une vigoureuse canonnade contre la citadelle.**) Mais la garnison, dont le commandant avait succombé dans le combat de mousqueterie précité, n'attendait pas l'ouverture du feu pour entrer en pourparlers, et, dès 10 heures du matin, une capitulation était conclue. Indépendamment des 400 hommes formant la garnison, 30 pièces de canon et des approvisionnements considérables tombaient aux mains des Allemands. —

Prise La petite place de La F ère, sur l'Oise, avait acquis une

ae La Fere.**') jmpQj^tance particulière au point de vue du siège de Paris et surtout

du mouvement de la I™ armée dans le nord de la France, par

le fait de sa position qui commandait les lignes ferrées de

Reims sur Creil et sur Amiens.

Une muraille découverte, renforcée en certains points par des défenses datant du moyen-âge, entoure cette petite ville d'environ 5000 habitants. La gare (Bhf.), située au saillant sudest, avait été couverte par un tracé bastionné; d'autres travaux analogues avaient été exécutés plus récemment en avant du front ouest. Ces ouvrages se reliaient à l'abondant régime des eaux de la vallée, d'une largeur en ce point de 2500 mètres environ, qu'arrosent les divers bras de l'Oise, son affluent la Serre et le

„, ire, 3e, 9e, He et 12^

**) Le commandant en chef avait ordonné le mouvement immédiat de ces batteries dès la soirée dn 28; mais, comme on ne trouvait point de passage praticable, elles ne pouvaient venir occuper l'emplacement assigné. ***) Voir la carte d'ensemble No 8 et le croquis ci-joint.

canal de la Sambre à TOise; ils préparaient donc de grandes difâcultés à une attaque se produisant de Touest ou du sud. Au nord de la place également, les approches devaient se heurter à une zone que des barrages permetttaient d'inonder au loin. Les conditions de la défense étaient moins avantageuses sur le front est; une ligne de hauteurs, distante de 1500 mètres à peine, permettait à l'assaillant de s'approcher à couvert et d'établir des batteries susceptibles de battre le pied même du mur d'enceinte.

La place, dont le commandement avait été confié au capitaine de frégate Planche, était pourvue d'une garnisoA suffisante, et armée de 113 pièces de gros calibre dont 36 rayées; toutefois, elle manquait encore d'abris blindés pour Tinstallation des hommes. De plus, à part l'inondation, rien n'avait été disposé en vue d'une défense des dehors.

 maintes reprises depuis la chute de Laon et de Soissons, des petites patrouilles allemandes avaient battu le pays jusqu'aux abords de la place; enfin, la 4® brigade d'infanterie avait été chargée de s'en emparer.*) A cet eflfet, dans les journées du 11 et du 12 novembre, cette brigade avait été amenée par chemin de fer de Pont -à- Mousson à Soissons où elle trouvait l'équipage de siège nécessaire, une compagnie de pionniers et plusieurs compagnies d'artillerie.**) Le 15, pendant que l'artillerie de place s'occupait de transporter le matériel, le général de Zglinitzki débouchait devant la ville avec le reste des troupes et la faisait investir aussitôt, en répartissant l'infanterie par fractions équivalentes sur les trois secteurs formant les abords.***) La garnison se contentait, au début, de saluer

*) Voir II® Partie, page 362. — A cette brigade étaient adjoints le

4fi , 6« batt. lourde ^ , j u • *

la ï:rz et une colonne de subsistances.

lOe drag. pr

**) Le général de Zglinitzki prenait sous ses ordres à Soissons: Ire et 9® 3© et 4fi

Régiment d'art, de place de la Garde' Régiment d'artill. de place No 2

Régiment d'artillerie de place No 4' Abtheilnng d'artillerie de place No 11 et 2® compagnie de pionniers de place du IX® corps d'armée.

***) 1er et 2® secteurs sur la rive gauche de l'Oise, séparés par la route de Laon; 3® secteur sur la rive droite.

Tapparition des Allemands du haut de ses remparts par un feu nourri mais inoffensif; cependant, dans les journées suivantes, elle exécutait plusieurs petites sorties; mais, ni ces tentatives, ni la canonnade incessante des pièces de la place, ne réussissaient à infliger des pertes sensibles aux postes avancés de Tassiégeant. Le 19, un bataillon de gardes mobiles envoyé de Ham avec 4 pièces, tentait de prendi^e à dos la ligne d'investissement; attaqué auprès de Vouél par le 1®' bataillon du 5® régiment, il était refoulé après un engagement de trois heures, en laissant un caisson de munitions entre les mains des Allemands.

 la suite de diverses reconnaissances, le côté est de Tenceinte avait été choisi comme point d'attaque; l'équipage de siège, comprenant 32 bouches à feu, était arrivé. Dans la nuit du 24 au 25 novembre, sept batteries étaient construites et armées sans que l'assiégé inquiétât les travaux.^) A 7 heures et demie, l'artillerie allemande entamait son feu contre la place, qui commençait à répondre après une demi -heure seulement. Le bombardement se poursuivait vigoureusement jusqu'à la nuit, incendiant de nombreuses constructions parmi lesquelles figuraient les bâtiments militaires situés dans le quartier nordouest de la ville. L'assiégé, dont le tir avait été absolument sans effet, comptait plusieurs pièces réduites au silence. Durant la nuit et la matinée du lendemain, les batteries de siège se bornaient à quelques coups tirés de temps en temps, car la place avait entièrement cessé son feu; à 11 heures et demie, le commandant entamait des négociations à la suite desquelles La Fère ouvrait ses .portes aux Allemands dans l'après-midi du 27. La garnison, forte de 2300 hommes environ, presque tous gardes mobiles, se constituait prisonnière de guerre et était dirigée sur

*) Aa nord de Danizy:

Batterie No 1 (4 canons de 15 cent.)

No 2 (4 - - 12 - )

No 3 (4 - - 12 - )

No 4 (4 - - 12 - )

A Danizy:

Batterie No 5 ( 6 mortiers français de 22 cent.) Au sud de Danizy:

Batterie No 6 (4 canons de 15 cent.) No 7 (6 - - 9 - )

Laon; une partie du riche matériel enlevé dans la place était employé à armer la citadelle d^Amiens. Le bataillon de fusiliers du 5® régiment demeurait provisoirement chargé de roccupation de La Fère, avec les pionniers et quelques compagnies d'artillerie; le reste de la 4® brigade d'infanterie se remettait en marche, le 28 novembre, pour rallier le P"^ corps d'armée.*)

MouTement de la ^^ reç^ j^g rapports relatant la retraite précipitée des basse Seine. Français sur Amiens, le général de Manteuffel décidait de poursuivre son mouvement sur Rouen, conformément aux instructions qui lui étaient parvenues à Boissons.**) Dans la journée du 28 novembre, il prescrivait donc, pour le lendemain, au Vin® corps de s'établir sur la route d'Amiens à Poix. en poussant ses têtes de colonnes jusqu'à Creuse, au P*" corps de s'avancer dans la direction de Conty jusqu'à Essertaux. Le lieutenant -général comte von der Groeben recevait l'ordre de céder à chacun de ces deux corps d'armée un régiment de la 3® division de cavalerie, d'occuper Amiens avec le reste de cette division et avec la 3® brigade d'infanterie renforcée de deux batteries, de couvrir les derrières et les flancs de l'armée dans sa marche sur Rouen et enfin d'assurer plus particulièrement la sécurité du chemin de fer d'Amiens à Laon, que la prise de La Fère permettait d'utiliser. ***)

*) Le supplément OUI donne le détail des pertes. **) Voir II® Partie, page 559.

***) L'ordre donné dans la matinée par le commandant en chef n'avait pas encore été mis à exécution (Voir IP Partie, page 577 Note *) à la réception de ces instructions. Le 5® régiment de uhlans était afTecté, en conséquence, au 1^^ corps, le 8® régiment de cuirassiers au VHP. Les troupes sous les ordres du général comte von der Groeben comprenaient la 3® brigade d'infanterie, les 7 et 14® régiments de uhlans, les

5® batt. lourdes et 6® batt. lég. i„ l'« batt. à chev. j. , «« . j — ^, la — et la 3® compag^nie de

pionniers de campagne du 1^^ corps. Quelques jours plus tard, elles s'augmentaient encore de la 8® compagnie de la 11® Abtheilung d'artillerie de place venant de La Fère; sur le matériel conquis dans cette place, quatre canons rayés de 12 cent, étaient utilisés également pour l'armement de la citadelle d'Amiens. — Le préfet du département de la Somme s'étant enfui, le général de Manteuffel plaçait provisoirement à la tête de l'administration civile l'intendant d'armée Sulzer. —

Sur ces entrefaites, des renseignements relatifs aux forces ennemies concentrées en Normandie avaient fait connaître que le général Brian d devait se trouver dans le voisinage de Eouen avec 43,000 hommes environ, dont 11,000 soldats de ligne et 27 pièces de canon, mais peu de cavalerie.*)

Durant les derniers jours écoulés, lés troupes de Tarinée de la Meuse dirigées sur Beauvais et Gisors s'étaient heurtées à des partis avancés de ce corps ennemi.**) La brigade des dragons de la Garde avait trouvé la ligne de FEpte fortement occupée auprès de Gournay; de son côté, la division de cavalerie saxonne, qui éclairait à l'ouest de Gisors, avait vu, dans les journées des 27 et 28 novembre, des troupes d'infanterie Bt de cavalerie se repliant devant elle sur Richeville. Le lendemain, le général comte de Lippe dirigeait de Gisors et de Saint- Clair vers Ecouis, des reconnaissances mixtes, qui, après avoir chassé l'ennemi de Saint- Jean de Frenelle, prenaient des cantonnements à Etrépagny et aux Thilliers. Le 30 novembre, vers 1 heure et demie du matin, les troupes établies dans la première de ces localités***) étaient surprises par une forte colonne envoyée d'Ecouis par le général Briand. La 5® compagnie du 100®, installée dans un bâtiment de la face ouest du bourg, est enlevée en majeure partie; une pièce, dont le timon s'était brisé, demeure également au pouvoir de l'adversaire. Le reste de la troupe parvient, après une lutte trèsvive, à atteindre les débouchés sud et ouest du bourg et à gagner ensuite Gisors sans être poursuivi. La pei*te des

*) Ces évaluations étaient évidemment trop élevées. D'après l'ouvrage de Bolin „ Campagne de 1870—71. La guerre dans l'Ouest** le général * Briand disposait, au maximum, de 22,000 hommes avec 32 bouches à feu.

**) Voir II® Partie, page 250. La brigade de uhlans de la Garde, stationnée auprès de Gisors depuis la fin d'octobre, en était repartie, le 25 novembre, pour l'armée de blocus de Paris; d'autre part, la division de cavalerie saxonne était venue à Gisors et la brigade des dragons de la Garde à Beauvais. Le commandant en chef de l'armée de la Meuse avait prescrit, de plus, que les bataillons rattachés à ces troupes de cavalerie eussent à rallier leurs corps respectifs, autant que les circonstances le comporteraient, à l'arrivée de la I»*® armée sur l'Epte.

***\ 2^ et 5® 3e 2e ^. Vs 2e batt. à chev.

' 100e ' cav. de la Garde' 17e uhl. Xlle

Français s'élevait à une cinquantaine d'hommes; celle des Allemands à 150 hommes environ; et 80 chevaux.

Une autre colonne française s'acheminait, dans la même nuit, sur les Thilliers; mais les Allemands y étaient sur leurs gardes. Après une inutile tentative pour déboucher par Authevemes, cette colonne» se repliait sur Ecouis, qu'elle avait évacué déjà quand un fort détachement de troupes allemandes s'y présentait dans la journée du 30. A cette dernière date, la division de cavalerie saxonne recevait de son commandant en chef l'invitation de se joindre aux opérations de la I™ armée, à laquelle un ordre du grand quartier général affectait , en outre, la brigade des dragons de la Garde. —

La journée du 30 novembre était employée par le I®' et le VIIP corps à se reposer dans leurs emplacements de la veille et à rallier les batteries laissées en arrière pour le bombardement de la citadelle d'Amiens; puis, le 1^^ décembre , le mouvement reprenait sur Rouen. * Le *à, les tètes de colonne arrivent sur l'Epte sans s'être trouvées sérieusement en contact avec l'adversaire ; dont les troupes avancées venaient , en effet, d'abandonner, peu de temps auparavant, la région à l'est de l'Andelle.

A l'aile droite de l'armée, la 16® division se trouvait, ce jour-là, dans Neufchatel et au sud; la 29® brigade d'infanterie, renforcée par de l'artillerie et de la cavalerie, était auprès de Forges. Sur la gauche, la 2® division d'infanterie*) occupait le pays à Touest de Songeons; la 1^ division se trouvait à Gournay, oii elle était rejointe par la brigade des dragons de la Garde. En raison du voisinage de l'ennemi, le commandant en chef avait constitué une réserve de l'armée comprenant la 30® brigade d'infanterie, un régiment de cavalerie du I®' corps et deux batteries du VIII®, et la gardait à sa disposition derrière

*) La 3® brigade d^nfanterîe était à Amiens, sons les ordres dn

du général comte von der Groeben. Par contre, la 2® division avait

été ralliée par la 4® brigade d'infanterie qui, après la chute de La Fère,

... . .* xj.j. 1 4:6 X 1 ^® hatt. lourde

avait pris sa route par Montdidier, avec le ^^ , et la ï—

'^ ^ ' IQe drag. I«'

Le 7, le -^,- laissé provisoirement à Toccupation de La Fère, rejoignait son régiment.

le centre de la première ligne à Pommerîenx. Il ordonnait, pour le lendemain, au VIII® corps de s'avancer* jusqu'à Buchy, au 1^^ corps de gagner la Haye et Lyons-la-Forèt, à la réserve de Tarmée de suivre sur Argueil. La division de cavalerie saxonne était invitée à éclairer sur la gauche de l'armée, vers Fleury et les Ândelys; la brigade des dragons de la Garde recevait l'ordre de se mettre à la disposition du VIII® corps à La Perte, pour assurer le flanc droit.*)

A l'extrême droite, la 31® brigade d'infanterie, qui avait quitté Neufchâtel, le 4 décembre, renforcée de deux escadrons et de deux batteries, rencontrait l'ennemi, vers midi, au sud de Saint-Martin Osmonville. Quelques coups de canon de la 6® batterie lourde, et la marche en avant de l'infanterie déployée en foimation de combat, déterminaient les Français à rétrograder sur Rougemont, d'où ils continuaient leur retraite quand les compagnies de tète du 29® s'élançaient à l'attaque. Un parti français, précédemment délogé de Beaumont après une courte résistance, était contraint de déposer les armes entre les mains des troupes allemandes qui avaient déjà pénétré dans le village.

Une colonne latérale de la 31® brigade**), dirigée par Saint -Saens, s'était . rabattue sur Bosc-Bérenger pour prendre part au combat; mais, à son arrivée, l'affaire était terminée; vers 4 heures et demie, à la suite d'un engagement d'une heure, cette colonne déloge les Français de Bosc-le-Hard. Dans la soirée même, une compagnie, envoyée de ce point, coupait la voie ferrée auprès de Loeuilly; quelques patrouilles expédiées dans le même but, peu de temps auparavant, avaient été repoussées par des gardes mobiles.

A l'aile gauche du VIII® corps, la 29® brigade***) trouvait l'ennemi entre Forgettes et Liflfremont; il répond d'abord aux trois batteries allemandes par le feu de quatre pièces; mais

*) Le chef d*état-major, général de Sperling, tombé malade aa mois d'octobre, rejoignait, ce joar-là, le qaartier général. **\ l^'' et Fns. 2e 6e batt lég.

' 29» ' 9e huss. Ville •

***) On avait adjoint à cette brigade le 8e bataillon de chasseurs, le régiment des hussards du Roi No 7, la l^e batterie lourde, la 1« et la 2e batterie légère et la 2e compagnie de pionniers de campagne.

bientôt après îl cède le terrain, en se voyant sur le point d'être attaqué par le 2® bataillon et les fusiliers du 65®. Un peloton de hussards sabrait avec succès l'arrière -garde des Français en retraite; d'autres contingents ennemis disposés auprès de Razeran pour couvrir le mouvement rétrograde sont délogés par quelques coups de canon, et poursuivis jusque derrière Buchy. Au delà de ce village, le 1" escadron du régiment des hussards du Boi culbutait une troupe d'infanterie française et lui enlevait une vingtaine d'hommes. La 29® brigade s'étend ensuite dans la direction du sud jusqu'aux abords de Catenay; la 32® brigade, qui s'était rassemblée vers 11 heures du matin auprès de Sommery, vient jusqu'au Mesnil-Godefroy; la réserve de l'armée atteint les environs d'Argueil ; la brigade des dragons de la Grarde gagne Yquebeuf.

Les patrouilles de cavalerie du I^^ corps en marche sur la route de Gournay à Rouen, avaient trouvé de forts partis ennemis aux passages de l'Andelle et avaient cru remarquer que les Français projetaient de tenir vigoureusement sur ce cours d'eau. Dans ces conditions, et après assentiment du général en chef, le corps d'armée se cantonnait autour de la Feuillie, en portant ses avant-postes jusqu'au bois de la Mare-Noire.

Au sud^ la division de cavalerie saxonne, constamment en contact avec l'adversaire, s'était avancée jusqu'au Thil-en-Vexin: une patrouille d'officier envoyée pour établir la communication avec l'aile gauche de la P® armée, tombait aux mains de r ennemi dans la forêt de Lyons.

La présence de forces considérables sur tout le front de la P® armée, aussi bien que les renseignements recueillis au grand quartier général, faisaient supposer, que l'adversaire avait organisé une position retranchée pour défendre Rouen. Cependant, dans la matinée du 5 décembre, en exécutant les reconnaissances prescrites par le commandant en chef, deux escadrons du régiment des hussards du Roi qui éclairaient la tête de la 29® brigade près d'Isneauville, constataient que les ouvrages établis sur ce point étaient abandonnés et que Rouen même avait été évacué par les Français. En dépit de l'attitude menaçante d'une nombreuse population ouvrière, les hussards poussent alors dans l'intérieur de la ville, jusque sur la place du marché; vers 2 heures et demie, ils sont suivis par deux

bataillons de la 32® brigade, et, une heure après, le général de Goebe-n fait son entrée avec le reste de la brigade. 'La 29^ brigade arrive à son tour, à une heure assez avancée de la soirée, tandisque la 31® brigade et la brigade des dragons de la Garde se cantonnent dans les localités au nord et à Touest de Rouen, et que la réserve de Tarmée fait halte à la Hallotière.

Informé des événements survenus à Taile droite de Tarmée, le général de Manteuffel prescrit aussitôt au I®' corps, dont l'avant-garde avait franchi TÂndelle, le 5, sans rencontrer l'ennemi, de gagner Bouen, le lendemain, et d'occuper le pays au sud de la ville, attendu que le Vlll® corps était chargé de poursuivre Tadversaire sur la rive droite de la Seine. —

Du côté des Français, le général Briand avait eu d'abord le projet de tenir dans Rouen; mais, à la suite du mouvement rétrograde de ses troupes avancées, il avait abandonné le terrain au plus vite. Les partfs que le VIII® corps lançait en avant dès le 6 décembre, ne rencontraient plus que des traînards et apprenaient que l'ennemi, utilisant les voies ferrées, s'était replié en toute hâte dans diverses directions, mais notamment vers la rive gauche de la Seine. —

En occupant l'antique capitale de la Normandie^), la P® armée avait glorieusement accompli la tâche qui lui incombait. Devançant les ordres ultérieurs de S. M. le Roi, le général de Manteuffel prescrivait sur le champ la formation de grosses colonnes chargées de parcourir le pays, d'en désarmer les habitants et de dissiper tous les rassemblements ennemis qui viendraient à se former. La division de cavalerie saxonne, venue entre-temps jusqu'à Écouis, conservait la mission de couvrir le flanc gauche de l'armée.

Conformément à ces prescriptions, une brigade mixte du I^^ corps franchit la Seine, le 8 décembre, sur un pont jeté auprès des Andelys, et entre le lendemain dans Vernon, après avoir capturé, chemin faisant, quelques gardes nationaux et s'être assurée que les troupes du général Briand n'avaient pas fait retraite dans cette direction. Une autre colonpe, dirigée

*) Par suite de la fuite du préfet, Tauditeur de corps Cramer était placé provisoirement à la tête de Tadministration du dépaHement de la Seine-inférieure.

par Pont de TArche arrivait, le 9, à Evreux, où se trouvait déjà 'un détachement envoyé de Dreux par la 5® division de cavalerie. Au dire des habitants, 14,000 gardes mobiles étaient encore dans la ville fort peu de temps aupai*avant; mais, lors de l'évacuation de Bouen, ils avaient été dirigés par voie ferrée sur Lisieux*). La 29® brigade d'infanterie, renforcée d'artillerie et de cavalerie, marchait sur Pont-Audemer^ coupait le chemin de fer auprès de Montfort, et apprenait que 20,000 hommes environ avaient dû être embarqués à Honfleur sur des navires préparés à l'avance, et conduits au Havre. Lea patrouilles de hussards qui poussaient jusqu'à Honfleur essuyaient encore les coups de fiisil des derniers groupes ennemis.

Sur la rive nord de la Seine, d'après les rapports de la brigade des dragons de la Garde, chargée d'explorer de ce côté, quelques milliers de gardes mobiles avaient pris la route du Havre, où devait se trouver réuni, aux abords immédiats de la ville, un corps de 25,000 à 50,000 hommes. Le 9 décembre, les partis avancés de ce corps ennemi postés entre Montivillîers et Honfleur repoussaient, il est vrai, les patrouilles de cavalerie allemande venues de Bolbec; mais ils n'en continuaient pas nloins à demeurer constamment surveillés par ces dernières, durant les joui's suivants. Une petite colonne arrivée devant Clères, le 7, composée des deux régiments empruntés à la 3® division de cavalerie, de deux bataillons et d'une batterie à cheval, sous les ordres du général comte de Dohna, marchait, le lendemain, sur Dieppe, sans trouver trace de l'adversaire; le 9 décembre, elle atteignait ce port de mer, enclouait 27 grosses piëces qui armaient les batteries de côte, détruisait les sémaphores et venait prendre ensuite position à Auflfay.

Sur ces entrefaites, le commandant en chef avait reçu des instructions du grand quartier général en date du 7 décembre,, qui assignaient à l'armée, comme première mission, de disperser les corps du général Briand qui tiendraient encore la campagne, et autoiisaient éventuellement un coup de main sur le Havre, si les circonstances s'y prêtaient. De plus, il était recommandé d'avoir l'oeil sans cesse sur le corps français qui

*) n s'agissait d'an corps de gardes mobiles du département de TEare formé déjà dans le mois de septembre.

s'était rabattu d'Amiens vers Arras et de mettre obstacle sur le champ à toute tentative de sa part pour se reporter en avant.

Le 9, le général de Manteuffel, dont les mesures concordaient de tous points avec ces instructions, confiait au P' corps et à la brigade des dragons de la Garde le soin d'assurer la sécurité de. Rouen et du bassin inférieur de la Seine; le VHP corps et la 3« division de cavalerie qui devait se reconstituer ensuite, étaient chargés de garder la ligne de la Somme, auprès de laquelle des renseignements tout récents signalaient un redoublement d'activité de l'ennemi. Le VHP corps devait commencer par marcher sur le Havre, remonter la côte jusqu'à Saint -Valéry et prendre ensuite la direction d'Amiens; ce dernier corps une fois réuni, la 3® brigade d'infanterie avait ordre de revenir au P' corps. En même temps, des dispositions étaient prises pour le prompt rétablissement du chemin de fer, entre Rouen et Amiens, afin de se mettre en mesure de masser rapidement le gros des forces de l'armée sur l'un ou l'autre fleuve, selon le besoin.

En exécution de ces ordres, le général de Bentheim prescrit à la 2® brigade d'infanterie, postée auprès d'Evreux, de se rabattre sur La Bouille. Les troupes envoyées par cette brigade vers La Rille, parviennent, le 11, à Beaumont-le-Roger, d'où elles rejettent vers le nord de faibles partis ennemis; les dragons, lancés à leur poursuite, atteignaient en rase campagne un gros d'infanterie française qu'ils culbutaient. Le 12, la brigade marche de Beaumont et du Neubourg sur Serquigny; mais les gardes mobiles stationnés jusqu'alors dans ces parages les avaient abandonnés déjà. Dans l'après-midi, l'ennemi, s'avançant de Bernai, tente sans succès de déloger les avantpostes allemands de la Rille et de mettre obstacle à la destruction des lignes ferrées de Lîsieux et de Pont-Audemer. Tous les renseignements s'accordant à signaler la présence à Bernai de 12,000 à 15,000 gardes mobiles, la brigade s'échelonne, le 13, sur la route de Rouen, en occupant Brionne; toutes les autres troupes du P"^ corps^) se trouvaient rassemblées sous Rouen, hormis une partie de la 4® brigade d'infanterie, envoyée vers le Havre pour soutenir la brigade des dragons de la Garde.

*) A l'exception des troupes laissées à Amiens.

Guerre Franco-Allemande de 1871-71. Texte IL 39

Durant ce temps, le VIII® corps s'était acheminé vers cet important port de mer, et, le 10 décembre, la 16® division était arrivée auprès d'Yvetot et de Caudebec. La 30® brigade se trouvait déjà aux environs de Maromme quand, dans la nuit du 10 au 11,. une dépêche du commandant en chef informait le général de Goeben que les Français, débouchant d'Arras, sMtaient montrés sur la Somme; le général prescrivait alors à la 30® brigade, ainsi qu'à la 29® restée auprès de Pont- Audemer, de se diriger vers Amiens, de manière à se trouver pour le 13 décembre à la Feuillie.

Le général de Goeben arrivait, le 11, à Bolbec et à Lillebonne avec la 16® division; la brigade des dragons de la Garde, placée sous ses ordres, avait appris que Tennemi paraissait s'occuper activement de la construction d'ouvrages de campagne à l'ouest du Havre, et qu'il avait pris position dans ces parages avec des forces considérables.*) Dans de semblables conditions, un coup de main sur cette place était considéré comme inexécutable; le 12, le général de Goeben prend donc la direction de Dieppe, que la 32® brigade occupait le 14, et oti elle était rejointe par les régiments de la 3® division de cavalerie venant d'Auflfay. En seconde ligne, la 31® brigade atteignait, à cette date, Saint*Laurent en Gaux; l'artillerie de corps venait à Saint-Saens; les dragons de la Garde, maintenus en observation devant le Havre, étaient passés depuis le 13 dans la dépendance du I®*" corps.

Le 15, les troupes stationnent sur les emplacements cidessus, d'où elles devaient poursuivre leur marche en deux colonnes, par Abbeville et Neufchâtel, sur Amiens. —

Dans cette dernière ville, le général comte von der Groeben avait mis la citadelle en état de défense, ainsi qu'il lui était prescrit,**) et avait fait battre le pays environnant

*) D'après l'ouvrage déjà cité de Bolin „La guerre dans TOuest", 40,000 hommes environ avec plusieurs batteries de campagne se trouvaient réunis à cette époque sous les ordres du général Briand aux abords du Havre; les forts avaient été armés de 137 pièces de gros calibre et on poursuivait les préparatifs en vue d'une défense opiniâtre de ce port de mer.

**) Voir Ile Partie, page 582.

par de petites colonnes chargées de désarmer la population et de détruire les chemins de fer d'Arras et d'Abbeville.

Des actes nombreux d'hostilité dirigés contre ces troupes dans les premiers jours de décembre, laissaient entrevoir clairement que l'adversaire se disposait à reprendre la campagne. Le ô décembre, une colonne chargée de couper la voie ferrée de Cambrai, se voyait contrainte de recourir au canon pour avoir raison de la résistance armée des habitants de Saint-Quentin; le lendemain, un détachement envoyé pour reconnaître Péronne ne se montrait pas plutôt qu'il essuyait à toute portée un feu très-vif de la place, où semblaient se trouver plusieurs milliers de gardes mobiles. Un fait plus grave encore était la surprise exécutée, le 9 décembre, sur Ham, où les Allemands travaillaient au rétablissement du chemin de fer, sous la protection d'une compagnie tirée de La Fère. En pleine nuit, des forces ennemies considérables faisaient brusquement irruption de tous côtés dans la ville, culbutaient la troupe de garde à la gare et enlevaient la plus grande partie des Allemands, cernés dans le château. Un détachement envoyé pour réoccuper Ham rencontrait déjà à EppevîUe des contingents ennemis supérieurs en nombre, et se repliait alors sur Amiens. Le 11 décembre, une compagnie jetée en éclair eurs en avant d'Amiens trouvait de même des troupes françaises à quelque distance à l'est de Ham, et, le lendemain, plusieurs bataillons ennemis avec de l'artillerie se montraient jusque sous la place.

A la réception, le 12, des télégrammes annonçant les événements de Ham de La Fère, le grand quartier général de Versailles s'empressait de prendre des mesures pour venir en aide au gouverneur général de Reims, auquel incombait la mission de couvrir les communications en arrière et plus particulièrement les lignes ferrées conduisant sur Paris. La 3® division de réserve, postée sous Mezières, est invitée à mettre à la disposition du gouverneur général les forces nécessaires; en même temps, l'ordre est donné à la 14® division, alors employée devant Montmédy, de diriger toutes ses troupes disponibles sur Mezières, et, à l'armée de la Meuse, d'envoyer par chemin de fer une colonne mixte sur Soissons. De plus, le 13, l'ordre est expédié au commandant en chef de la F® armée de s'établir

avec le gros de ses forces auprès de Beauvaîs, de manière à être en mesure de se porter en temps voulu à la rencontre des masses françaises qui déboucheraient en rase campagne et de couvrir ainsi le blocus de Paris et les communications avec rAllem9,gne.

Avant d'avoir eu connaissance de ces prescriptions, le commandant en chef de la P® armée informé des événements survenus sur la Somme, avait déjà acheminé la 15® division dans la direction de Montdidier et avait > enjoint au général comte von der Groeben de reprendre Ham. Mais, le 14, à la suite de ces nouvelles dispositions du grand quartier général ce dernier recevait du général de Manteuffel Tordre de laisser dans Amiens trois bataillons avec un effectif proportionné de cavalerie et d'artillerie, puis de rompre, le 16, sur Roye avec le reste des troupes de son corps d'armée afin de s'opposer, de concert avec la 15® division, à tout mouvement éventuel de l'ennemi en avant de la Somme. Les troupes du VIII® corps réunies auprès de Dieppe devaient se mettre immédiatement en marche sur Beauvais oii, au bout de quelques jours, elles pouvaient être prêtes à entrer en ligne.

Prise de Thion-

ville et de Mont-

médy/)

Pendant que la P® armée prenait pied, ainsi que nous venons de le relater, sur la basse Somme et la basse Seine avec le gros de ses forces, afin de couvrir le blocus de Paris, une partie des troupes laissées à Metz sous le général de Zastrow était employée à paralyser Taction des places fortes du Nord-Est de la France le plus à proximité des lignes d'opérations principales de l'armée allemande.

Parmi ces places, Thionville, comme nous l'avons rapporté déjà, aprës avoir été faiblement observé pendant longtemps, se trouvait investi, depuis le commencement d'octobre, par 7 bataillons, 5 régiments de cavalerie et une batterie.**) Ces

*) Voir la carte d'ensemble No 1 et les croquis dans le texte. **) Pour les événements antérieurs devant Thionville, voir F© Partie, pages 1333—1335, et II® Partie, pages 259, 273 et 377. — Au commencement d'octobre, on trouvait devant la place: de la 1'^ division de cavalerie: les trois régiments de la l»*© brigade de cavalerie et la l^e batterie à cheval du régt. d'art, de campagne No 1; de la 3^ division de réserve: les batail-

Prise de Thion-

ville et deHont-

mtfdy.')

troapes ne cessaient d'être en butte aux petites sorties réitérées de la garnison, tandisque, sur leurs derrières^ le pays était infesté par des partis ennemis venant de Longwy.*)

Lorsque, à la suite de la capitulation de Tarmée du Rhin^ la 1" division de cavalerie avait gagné la Loire, le général de Zastrow avait fait relever tout d'abord par le 81® régi* ment d'infanterie les bataillons de landwehr maintenus jusqu'à ce moment devant Thionville, mais affectés alors à une autre destination; puis, il avait donné ce régiment, ainsi que le 3® régiment de hussards de réserve, à l'ex-S* division de réserve en voie de rassemblement à Briey quand le général de Kameke était arrivé devant Thionville, le 13 novembre, avec la majeure partie de la 14® division.**)

Les reconnaissances préliminaires et des renseignements provenant d'autres sources avaient démontré que les défenses de la place, construites à la fin du 17® siècle et dans la première moitié du 18®, avaient subi peu de modifications et que, sur les dix lunettes établies en avant de l'enceinte bastionnée, quatre seulement se trouvaient en complet état de défense. La garnison, augmentée depuis le commencement de septembre de quelques centaines de prisonniers évadés, manquait presque totalement de magasins blindés pour les munitions et d'abris casemates pour les hommes; les couverts pour le chargement n'existaient qu'en nombre insuffisant. Les eaux de la Moselle, très fortes à cette

Ions de Sprotti^, Samter et Ostrowo, appartenant respectivement au régiment de landwehr de Basse-Silésie et an 1^' régiment de landwehr de Posen, le 3® régiment de hussards de réserve et le 2® régiment de réserve de grosse cavalerie; des troupes d'étapes de la I^ armée: les bataillons d*Ëapen et de Geldern-Dûsseldorf des 25® et 17® régiments de landwehr;

de la garnison de SarrSlouis : les =^ — - • (Voir II® Partie, page 363.)

*) Une grande sortie était exécutée, le 17 octobre, contre Ghaudeboarg

et Yeymerange; dans rengagement qui en résultait, les Allemands perdaient

une trentaine d'hommes. — Le 18 octobre, une forte patrouille de cavalerie

envoyée dans la direction de Longwy était attaquée par une troupe ennemie

sortie de cette place; le lieutenant en 2® de Pluskow II, du 9® régiment

de uhlans, succombait dans cette rencontre.

m® 1®' et 2®

**) Le 74® régiment, le -ssr et les ^, , avaient été détachés à

' ® * 39® 15® huss.

Tinvestissement de Montmédy.

nt facilité la création, en aveiit du &ont end, d'nne tificielle qui devait gtaer beaucoap les approches t; il en était de même dans les parties basées est et an nord; l'ean ne tardait pas à y appart^tre

coupa de pioche. Maia les batteries trouvaient ,na des coDdîtioQB plue favorables, d'abord sur la Je la Moselle, où des contreforts des Ârdennes, 40 mètres et coupés de vallées transversales, •00 mètres de la place, puis aussi sur nne croupe oîte, qui se projette du sud-est jusqu'aux ïibords : pont.

udératioDS déterminaient le général de Kamele mme point d'attaque le front compris entre les

7 et à installer le parc de siège à Suzange, avec ondaires àBertrauge et à Hettange-Grande;*) tonte- 'entreprendi-e l'attaque régulière, on voulait essayer reddition de la forteresse par un énergique bom- Ea attendant l'arrivée des pièces de siège amenées

d'Allemagne, les compagnies d'artillerie et de à réunies sur les lieux mettaient le temps à profit r les travaux préliminaires, pendant que l'iofanterie it concentriquement de la place.**) ovembre, la construction des batteries commençait ours de l'infanterie, sans que l'assiégé cherchât à tacle autrement que par quelques obus lancés c e. Le 22, à 7 heures du matin, 85 pièces entraient

ge-Qraacle se trouve à 3 kilomètres envirou an nord i« ' Tégimeut était snr la rive droite de la Moselld avec lea

1" batt. lourde et 2° lég.

la rive gauche de la Moselle, avec le 53« régiment et h

tontes les antres tronpea )

comme r

trtie sealement de l'artillerie de corps du Yll' corps preDâit 'dément et le fea était esécnté par les batteries ci-après: auprès de Haute-Yûtz (6 canons de 9 cent.) 56 canons de 8 cent.)

L'artillerie de la place riposte d'abord très -vigoureusement; mais, dès 9 heures, son feu se ralentit peu-à-peu; du côté des Allemands, au contraire, il continue jusque dans l'après-midi. A la tombée de la nuit, aprës une courte interruption, Tartillerie de l'assiégeant reprend un tir mesuré, sous la protection duquel l'infanterie procède à l'ouverture de la première parallèle à 600 mètres environ en avant du glacis; mais la marche du travail se trouvait gênée par une pluie torrentielle et par la nature du terrain dont nous avons déjà signalé les conditions désavantageuses. Le 23 au matin, les pièces de siège recommencent un féu plus soutenu, auquel reste seule à répondre l'artillerie de la tête de pont. Vers 2 heures du soir, le colonel Turnier, qui commandait la place, fait arborer un drapeau blanc et demande que les femmes et les enfants soient autorisés

Batterie No 3 sur la hauteur au nord-est d'Illange (6 canons de 9 cent.) No 4 - - - (6 canons de 9 cent.)

No 5a - - - (2 mortiers français de

32 cent.) No 5 - - - (6 canons de 15 cent.)

No 6 au bois dlllange (6 canons de 12 cent.) No 6a - - f2* mortiers français de 32 cent.)

No 7 au château de Serre (4 canons de 15 cent.) No 8 - - (4 canons de 15 cent.)

No 8a au sud-est de Yeymerange (4 canons de 15 court.) No 9 à Test - (4 canons de 12 cent.)

No 10 au nord-est - (4 canons de 12 cent.)

No 11 au sud de la route de Yeymerange (4 canons de 12 cent.) No 12 au nord - - (4 canons de 12 cent.)

No 13 auprès ^de la Maison-rouge (4 canons de 12 cent.) No 14 - - (4 canons de 12 cent.) ^

No 15 - - (4 canons de 12 cent.)

No 16 auprès de la Maison-neuve (5 canons de 15 court.) De plus, 73 pièces demeuraient disponibles pour réventualité d*un siège régulier. — Les opérations de l'artillerie étaient dirigées par le major baron d'Ëynatten; les 13 compagnies d'artillerie de place réunies sur les lieux étaient les suivantes: 2^, 3^ et 11® comp. du régt. d'artillerie de place No 1; 5© et 13« comp. du régt. d'artillerie de place No 5; 7® comp. du régt. d'artillerie de place No 8; 1^, 2®, 3% 4«, 5©, 6^, 7e comp. deTAbth. d'artillerie de place No 11. — Les travaux du génie étaient conduits, à partir du 18 novembre, par le colonel Biedel, qui avait à sa disposition les compagnies de pionniers de place ci-après: 2^ comp. du I^r corps, 3® comp. du Ile, Ire comp. du IIP, l^e comp. du IVe, 3e comp. du Vile. ^

à quitter la ville, déjà en flammes sur plusieurs points depuis le premier jour du bombardement. Il n'était pas possible de faire droit à cette requête, et, comme le commandant maintenait néanmoins sa résolution de poursuivre la défense, l'assiégeant, après une interruption de plusieurs heures, reprenait son fen et le continuait sans arrêt, quand, le 24 à 11 heures du matin, les Français entraient en pourparlers. Le lendemain la place capitulait, livrant au vainqueur 199 bouches à feu ainsi que des approvisionnements considérables en armes , mu nitions et vivres. La garnison — 4000 hommes environ — était conduite en Allemagne, à Texception des gardes nationaux originaires de la ville.^) Deux bataillons, une compagnie d'artillerie de place et une compagnie de pionniers demeuraient provisoirement chargés d'occuper Thionville; les autres troupes qui avaient concouru à l'enlèvement de la place allaient opérer devant Montmédy. —

Les ouvrages de Montmédy, construits au moyen-âge et refaits au 17® siècle, couronnent un piton dont les pentes rapides surgissent de la vallée de la Chiers, au sud-ouest de la petite ville. Grâce à sa situation élevée, cette place insignifiante par elle-même, est, il est vrai, difficilement attaquable par un siège régulier; mais le cercle de* hauteurs qui l'entourent et ses murailles que rien ne protège des vues lointaines, se prêtaient d'autant mieux à un bombardement avec des pièces de gros calibre que la place possédait un fort petit nombre de couverts blindés. La garnison composée, au début, de 2000 gardes nationaux des environs, s'était accrue, dans la suite, d'environ 700 prisonniers échappés à la capitulation de Sedan; 65 bouches à feu, sur lesquelles 8 seulement étaient rayées, constituaient l'atmement de la place dont le commandement avait été confié, quelques semaines avant l'apparition des Allemands, au commandant du génie Tessier.

Depuis l'inutile bombardement tenté par les batteries de la Garde, *^) Montmédy n'était plus resté observé que par les faiblep

*) Pour le détail des pertes allemandes, voir le supplément GUI. Les troupes laissées dans Thionville étaient les deux bataillons dn 72^, la 6e compagnie de TAbth. d'artillerie de place No. 11 et la 2^ compagnie de pionniers de place du I^^ corps d'armée.

**) Voir Ile partie, page 21.

garnisons d'étapes de Stenay et de Damvillers^) jusqu'au moment où, Metz ayant capitulé, le colonel de Pannwitz venait prendre position devant la ville avec cinq bataillons, quatre escadrons, une batterie et un détachement de pionniers de la P® armée.**)

fiien que la garnison ne défendit pas les abords immédiats de la forteresse, elle ne manquait pas de canonner toute troupe qui se montrait à découvert; à maintes reprises aussi, elle mettait à profit le caractère coupé et boisé de la contrée pour surprendre les avant-postes allemands, auxquels, d'autre part, les eaux de la Chiers, trës-fortes à cette époque, ne permettaient pas d'établir un passage en amont de la place.***)

Après la chute de Thionville, le général de Kameke, utilisant le chemin de fer des Ardennes remis en état jusqu'à Longuyon, se hâtait d'acheminer sur Montmédy toutes les troupes devenues disponibles devant la première de ces places, ainsi qu'une partie du matériel de siège; le 5 décembre, douze bataillons, sept escadrons, six batteries et deux compagnies de pionniers, sans compter les compagnies d'artillerie et de

*) Durant cette période, la garnison battait avec succès les alentours de la place; c'est ainsi, pour ne pas aller plus loin, que, le 17 septembre auprès de Baalon et le 11 octobre à Stenay, des contingents de landwehr avaient été surpris et capturés en majeure partie (Voir 11^ partie, page 369, Note *).

**) Voir Ile partie, page 593, Note **, pour les troupes cédées à cet effet par la 14® division. Celles-ci étaient renforcées en outre par le 7® bataillon de

1er et 4e , 3^ batt. lég. . ,

cnasseurs, les ge huas * VÎÏë — ^® pionniers déjà mentionnes.

Le bataillon de chasseurs et le q^ . étaient employés à surveiller

Longwy.

***) Dans de semblables conditions topographiques et eu égard aux troupes disponibles, il était à peu-prè^ impossible d'effectuer un investisse-

Jer

ment complet. En réponse à une demande de renfort, le z-^ arrivait donc,

le 27 novembre, de Metz devant Montmédy. Toutefois, dès le lendemain, ce bataillon rétrogradait sur la Moselle de même que toutes les troupes n appartenant pas à la 14® division, attendu que, sur ces entrefaîtes, le YII^ corps, moins la dite division, avait reçu une nouvelle affectation.

oiers de place, se troaraient donc en mesure d'assîëger ;médy et de surveiller Longwy.*)

Le périmètre d'investissement était alors partagé en troif lurs^^) et les arant-postes prenaient position; snr la rive he de la Chiers, le long des bois qni s'étendent au and i foiteresee; sur la rive droite, en avant de Grand- Vemeuil e Tbonnelle. Pendant ce temps, les officiers chargés de er les travaux de l'artillerie et du génie***) avaient reconnu !e front ouest présentait les meilleores conditions pour une ine r^olîère; toutefois, avant d'y procéder, on voolûit fer, comme devant Tbionville, d'amener la capitulation au an d'un bombardemeut arec des pièces de gros calibre. r décembre, on entamait donc la construction des batteries ssaires. Le choix d'emplacements bien défilés et un bronilconstant permettaient de travailler même pendant le Jour, )rte qne, en dépit des conditions peu favorables du sol, le 12, 1 heures et demie du matin, 10 batteries armées de 42 grosses es, plus 20 pièces de campagne abritées derrière des épanmts, se tenaient prêtes à ouvrir le feu.f) Dans la soirée

*) Outre U 14« diviBion, trois escadrons du 2* régiment de caTaletie

leerTe et deux batteries de l'artillerie de corps. Sur oe nombre, deu

UoQs, quatre escadrons et une batterie suTTeillaient Lojigwy.

*'*) Un secteur au nord do la place, deux an snd Bépsrës par la roole

longujon.

**) Le major Sclimeltzer pour l'artillerie, letnajor Treumanu poor

t) Batterie No 1 auprès de Ville-Cloye (4 canons de 12 cent.) No 2 - - (4 canons de 12 cent.)

No 3 au nord de Hau-les-Juvigny ii canons de 15 cent.) No 4 - - <4 canons de 15 cent)

No 5 Hanteur de Vigneul (6 canons de 15 court.) No 6 - - (5 canons de 15 court.)

No 7 an bois de Géranvaux (4 canons de 12 cent) No 8 - • (4 canons de 12 cent)

No 9 - , - (4 canons de 12 cent)

No 10 auprès de Vigneul (4 mortiers rayés do 21 cent.) Emplacement de batterie an sud de Vigneul (3 canons de 9 cent.)

an bois de Géranvaux (6 canons de 9 cent.) au sud-ouest de Thonnelle (6 canons de 9 cent.) au nord de Fresaoy (6 canons de 9 cent) En outre, six pièces de gros calibre demeuraient encore en réserve.

précédente, Tinfanterie qui protégeait les travaux avait refoulé un parti ennemi de Thonnelle - les - Près dans la forteresse. Sommé de capituler, le commandant de la place répondait par le refus le plus formel; sollicité aussi relativement à un échange des prisonniers allemands qu'il avait entre les mains, il soulevait des difficultés telles que force était de rompre les pourparlers.

Dans la matinée du 12 décembre, les batteries de siège entament donc leur feu; mais une pluie persistante qui survenait bientôt et se prolongeait pendant tonte la journée du lendemain, accompagnée d'un épais brouillard, empêchait toute observation du tir. Le 13 seulement, dans l'après-midi, les colonnes de flammes et de fumée s'élevant de la ville venaient fournir au moins un repère pour le pointage. Au début de la lutte, l'artillerie française avait vigoureusement riposté, mais après quelques heures elle cessait son feu; dans la matinée du 13 également, elle ne tirait plus que faiblement. A 7 heures du soir, le commandant de la place entamait des négociations à la suite desquelles les Allemands entraient dans Montmédy dans l'après-midi du 14. La garnison, prisonnière de guerre, était conduite dans un bivouac auprès de Vezin; mais dans la nuit, grâce au voisinage de la frontière, une partie s'évadait.*)

Le général deKameke, laissant dans la place un bataillon, une compagnie d'artillerie et une compagnie de pionniers, partait, le 16, pour aller mettre le siège devant Mezières avec les troupes employées jusqu'alors devant Montmédy et Longwy.**) — Pendant ce temps, et conformément aux dispositions arrêtées le 29 novembre par le grand quartier général, les autres fractions du Vn® corps maintenues jusqu'alors à Metz avaient été réparties entre les fractions d'armée postées sur la haute Loire et auprès de Dijon, et cessaient ainsi d'appartenir à la P* armée.***) —

*) Pour le détail des pertes allemandes, voir le Supplément CUL Au nombre des prisonniers qui passaient la frontière se trouvait le commandant, auquel la faculté avait été laissée de circuler dans la ville sur sa promesse de ne point la quitter.

**) Des troupes du gouvernement-général de Lorraine étaient arrivées, le 13 décembre, pour relever les contingents postés autour de cette place.

***) Pour le détail, voir le chapitre suivant.

Opérations dans le bassin moyen de la Saône. ^)

Le XIV® corps avait été jeté vers la Côte-d'Or, comme on se le rappelle, afin de couvrir le flanc gauche de la II® armée, et, vers le milieu de novembre, le général de Werder avait pris position autour de Dijon avec ce corps d'armée, pour y attendre l'arrivée de la 4® division de réserve venant d'Alsace et pour marcher ensuite dans la direction du sud.**) Toutes les nouvelles recueillies durant les jours suivants donnaient l'assurance la plus formelle que, depuis le 16 novembre, les troupes du général Crouzat massées près de Chagny avaient été emmenées par chemin de fer plus loin vers Ne vers.***) Les reconnaissances poussées sur la rive droite de la Saône confirmaient ces renseignements, car elles ne trouvaient plus les Français dans les localités jusqu'alors occupées, et elles s'avançaient jusques auprès de Saint-Jean de Losne avant de rencontrer quelques francs-tireurs qui disparaissaient, d'ailleurs, dès les premiers coups de canon.

Cependant, à cette époque, l'ennemi se montrait plus entreprenant sur le versant est de la Côte-d'Or. Le 20, la 7® compagnie du régiment badois des grenadiers du Corps, en éclairant dans le sud de Dijon, se heurtait, non loin de Nuits, à une troupe nombreuse d'infanterie qu'elle ne parvenait à refouler sur Chaux qu'avec l'aide de renforts accourus de Vougeot et de Gilly-les-Citeaux.f) Deux jours après, cinq cents francstireurs, conduisant avec eux quelques pièces de •montagne, attaquaient le 2® bataillon du même régiment à Vougeoi; mais ils étaient contraints de battre en retraite, grâce au concours de la 3® batterie légère et de deux compagnies de fusiliers venues de Gevrey.ft) Dans la matinée déjà, l'une de ces deux

*) Voir la carte d'ensemble No 6.

**) Voir U« Partie, pages 334—336 et Supplément LXXXI. ***) Voir II« Partie, pages 426 et 447.

Ire 2® 6® 8®

t) /!i.^l j., r! 6t une section de la 3® batterie légère.

tt)

Qren. du Corps

lie et 12e Gren. du Corps

compagnies, la 12®,*) avait délogé un parti français de Chambœnf, à la suite d'une longue fusillade, et s'était maintenue avec suocès contre les retours multipliés tentés par les renforts ennemis. — Dans la région au nord de l'Ouche, des corps francs avaient paru, le 20, à Yal-Suzon, le 21 à Malàin et à Pont de Pany; mais ils s'étaient promptement repliés, à l'approche des patrouilles de la 2® brigade badoise.

D'après ces divers indices, l'ennemi semblait donc se masser en face de l'aile droite du XIV® corps; par suite, le 23, le général de Werder rapprochait de Dijon les troupes jetées vers la vallée de la Saône; la brigade badoise venait, s'établir dans la ville, et les troupes prussiennes la remplaçaient dans le soin de couvrir la position au sud.**) Sur ces entrefaites, la 4®#division de réserve, venue d'Alsace,***) avait relevé les contingents badois envoyés sur Vesoul et sur Gray pour protéger les communications, et ceux-ci avaient rallié leurs brigades respectives.

Le général de Werder apprenait, dans la journée du 23 senlement, la surprise dirigée, le 19, contre les troupes d'étapes de Châtillon- sur- Seine. t) Cette opération paraissait donner une probabilité plus grande à l'intention des Français d'attaquer par le nord-ouest; il était donc prescrit à la 4® division de réserve d'occuper fortement Mirebeau, le 24, et de lancer des

*) Un peloton de la 9^ compagnie s'était joint à la 12^. **) La conduite de ces dernières avait été confiée an général-major baron von der Goltz, placé jusqu'alors à la tête de la 26® brigade d'infanterie, qui prenait possession de son commandement le 17 novembre.

***) La 4e division de réserve avait quatre bataillons, deux escadrons et une batterie dans Vesoul et aux abords depuis le 18 novembre; huit bataillons, quatre escadrons et trois batteries dans Gray et aux alentours depuis le 23 (25e régt., bataillons de landwehr d'Ortelsburg, Graudenz, Thorn, [Insterburg et Osterode, l«r régt. de uhlans de réserve, l^o et 2» batteries lourdes, V^ batterie légère). Les troupes d'investissement de Belfort avaient encore reçu, indépendamment des renforts déjà mentionnés (Voir II® Partie, page 359) deux escadrons et deux batteries; le bataillon de landwehr de Goldap avait remplacé le bataillon de landwehr d'Osterode.

t) Cette communication avait été expédiée de Versailles par voie télégraphique dès le 21: mais, par suite de la destruction de la ligne, elle parvenait à destination le 23 seulement. —

les volanteB vers l'ouest. De plua, à la suite d'un rapport or anBOnçont que des patronillea avaient été aconeilliea is de fusil auprès de Thtl-Ch&tel, la 3* brigade badoise it, dans la nuit du 23 au 24, l'ordre de rompre iocontiur Beire-le-Châtel.

ontefois, cette brigade ne rencontrait plus qae des gronpeg de i^ancs-tireurs; il en était de même d'un détachement

sur Fontaine-Française par la i' âîrision de réserve; par contre, des forces enuemieB plus sérieuses se mon- :, le 24, à Gevrey, Clemenoey et Messigny. Le lendenatjii, les patronilles en reconnaissance dans la vallée de e trouvaient déjà l'adrersaire à l'ouest de Plombiferes; ant-postes de la 2" brigade badoise,*) s'engageant aussi-

refoulaient sur Velars; mais des renforts considérables it sur ce point, les Badois renonçaient à poursuivre leur ve. Dans la journée, des partis ennemis s'approchaient rses reprises des postes avancés établis auprès de Cor- [es-Monts ;**) ils étaient repoussés et poursuivis au delà lars, —

es troupes qui s'étaient montrées, le 25, à l'ouest de appartenaient au corps du général Garibaldi, con-

autour d'Autun. Après l'heureux coup de main exécuté,

contre Châtîllon-snr-Seine par la 4" brigade de ce corps, léral Garibaldî formait le projet de s'emparer avant e Dijon et, à cet effet, le 21, il se mettait en marche may-le-Duc avec le reste de ses troupes. Le 24, le corps Lait la route de Sombernon à Dijon, vers laquelle la gade appuyait de son côté, tandîsque sur le flanc droit •rps francs qui se rassemblaient ainsi dans la vallée de Sne, la division du général Crémer poussait jusqu'à Y, où elle se bornait toutefois à observer les Allemands

devant elle.***)

6» et 6«

et deox pièces de la i' batterie léger

le bad.

Le Snpplément CIT donae des iudicationa détaîllâee sur les corps idés par le général Garibaldî et anc la compoBition de la diTiàioa

Du côté de ces derniers , les bataillons de fusiliers de la V^ brigade et la 3^ batterie légère, à la suite d^un court engagement, refoulaient, le 26, sur Lantenay Tennemi qui s'était reporté de nouveau jusqu'à Velars. Une colonne plus considérable commandée par le général de Degenfeld,^) qui éclairait sur la route de Saint-Seine, poussait jusqu'à Darois sans rencontrer l'adversaire, et se rabattait vers la vallée de rOuche. Cependant, parvenue auprès de Pasques, elle se trouvait en présence du général Oaribaldi, qui marchait à sa rencontre, à la tôte de six bataillons*environ, avec douze pièces. Bien couvertes par le feu de leur artillerie, les troupes badoises se repliaient alors progressivement, vers 1 heure de Taprésmidi, par Prénois et Daix où avait été envoyé le 1®' bataillon du 3® régiment, pour venir s'établir en cantonnements d'alerte autour de Talant. Le bataillon de fusiliers de ce dernier régiment achevait à peine de placer Iles avant-postes à Hauteville, lorsque, vers 6 heures et demie du soir, ceux-ci sont assaillis par de grosses colonnes dont l'obscurité avait dissimulé l'approche, et rejetés sur Daix. Mais les fusiliers, secondés par le 1^' bataillon accouru à leur aide, ouvrent alors nn feu de salve sur quatre rangs contre les corps francs qui poussent impétueusement le long de la route, et ceux-ci, après quelques retours infructueux, : renoncent bientôt à de nouveaux efforts.

Le général de Werder, avisé sur ces entrefaites du mouvement de l'ennemi par Darois, avait résolu d'accepter la lutte avec toutes les forces qu'il avait sous la main. En conséquence, les troupes prussiennes et la P^ brigade badoise, laissant de faibles avant- postes seulement, se massaient d^ns Dijon et sa banlieue; en même temps, l'ordre était envoyé à la 3® brigade badoise, postée à Is-sur-Thille, d'être à Vantoux, le 27 à 8 heures du matin. Mais quand, au jour prescrit, cette dernière poursuivait son mouvement dans la direction de l'ouest, elle trouvait le pays abandonné déjà par les Français; de leur

Ije qi Fus. I®' ^/a 1^^ ©t 3®

*\ * Lz , ft+ "|r6 I)&tt6ri6 lourde*

' 3© bad. ' 4« bad.' Drag. bad. du Corps

troupea prussiennes qui arrivaieDt peu après deTâlaot*) [eut aussi que reanemi semblait s'être retiré eu ^aud ) par Prénois. Ces troupea marchent alors de Darois lois, où elles rencontrent l'arrière-garde française; à la in combat fort eourt, elles la rejettent sur Pasques

pois pins en arrière encore, avec le concours âe iiente de la 1" brigade**) venns par Plombières. Au Pasqaes, les troupes badoises cluu^ées de la poursuite sqnement attaquées sur leur âanc gauche par un bataillon déboneliant de la forêt; mais le feu rapide des fusiliers égiment faadois, et quelques coups à mitraille de la rie légère, déterminent l'assaillant à faire vivement r. Sur ces entrefaites, la 3' brigade badoîse, appelée yis, s'était fortement établie dans Lantenay, et le illon du 5° régiment avait délogé de Fleurey-sur-Onche

d'environ 400 francs-tireurs.

18 la soirée, le commandant en chef recevait, à Dijon, imunicadons de Troyes et de Chanmont portant que h I de ChâtiUon -sur-Seine était toujours cernée par des B partisans comptant plusieurs milliers d'hommes, et il it alors au général von der G-oltz de se porter, dès imain, au secours du point menacé, avec les troupes nés placées sous ses ordres.

28, les patrouilles jetées vers l'ouest par le XIV" corps, t Somberoon encore occupé par l'arrière-garde de l'ennemi, lit retraite au plus vite, le général de Werder prèsi Z" brigade***) de marcher, le 29, sur ce point, puie r Âatnn; les contingents de la 1" br^ade établis à Tes et des fractions de la 4" division de réserve j, le 27, de Mirebeau sur Dijon, étaient chargés de

jea troupes proasietuies avaient remplacé, de grand matia, la S' brioise en première ligne; daaa le nonTemeat en avant, nae partie brigade marchait donc à la saite des Frnssiens.

Ile ^ i<,T et Fna. 5^ ^^

tégt bad. dea Gren. dn Oorpa' 2" bad. ' 1" drag. bad. :e légère.

kvec cette brigade marchaient également le 3' régiment de dragons, la 3< batteries légères et la S» batterie lourde.

flanquer ce mouvement en suivant la route qui remonte, de Pont-de-Pany, le long de la vallée de POuche.*)

L'avant-garde de la 3^ brigade, chassant devant elle dôs petits partis ennemis, arrive, le 29, à Echaanay; le gros vient à Sombernon, tandisque la colonne latérale de gauche gagne Sainte-Marie sur Ouche. Le lendemain, le mouvement continue jusqu'à Arnay-le-Duc et Veuvey; le l*' décembre, le général Keller marche sur Âutun, après avoir établi à Arnay-le-Duc la colonne venue par la vallée de TOuche, afin de se couvrir contre les entreprises de Tennemi par Blîgny ou par Ivry. Vers 2 heures et demie de Taprès-midi, la tête de la 3* brigade débouchait devant Autun sans avoir essuyé grande résistance, quand elle est criblée tout-à-coup par un feu violent d'artillerie et de mousqueterie; deux batteries badoises prennent position aussitôt sur la grande route pendant que Finfanterie se déploie à Test de celle-ci avec la troisième batterie, car les Français cherchaient à déborder la gauche. A plusieurs reprises, les Allemands résistent avec succès aux efforts de l'assaillant; mais la nuit survenant sur ces entrefaites les détermine à surseoir provisoirement à l'attaque de la ville. Déjà toutes les dispositions étaient prises dans ce sens pour la matinée suivante, quand, à une heure assez avancée de la soirée, un ordre du commandant de corps venait prescrire le retour sur Dijon. Les troupes rétrogradent donc, le soir même, jusque derrière la Drée; le lendemain, elles gagnent Arnay-le-Duc; la colonne qui y avait été laissée en était partie pour Sombernon, sur un ordre reçu entre-temps, et rentrait, le 3, à Dijon. Dans la ndatinée de ce même jour, la brigade badoise était rassemblée auprès de Vandenesse et se disposait à reprendre sa. marche, lorsqu'elle est soudainement assaillie par un feu très-vif partant des hauteurs de Châteauneuf; c'était le général Crémer, qui pendant la nuit, à la demande du général Garibaldi, était venu s'y établir de Beaune, avec une partie de sa division. Les bataillons da

Pr et Ile

*) La colonne latérale de gauche se composait de -r; -j — j^ ,

4e Jer

^^ — — et 30 batterie légère de la V^ brigade badoise, plus le -^^,

,-, ., , — z-^ et l^e batterie légère de la 4^ division de réserve. l^^ uni. de rés. ®

Guerre Franco-Allemande de 1871-71. Texte IL 40

[netaîres du 5* régiment, fusant alors foce à l'eet, et ée par le fea des trois batteries mises en action aaprè» andenesae, gravissent les pestes rapides et chassent mi de la hauteur qui commandait la route de Sombemon; ut ce temps, le bataillon de fusiliers du 6* régiment jsait de gros partis ennemis débouchant de Sainte-Sabine aodeneaae. Fuis, après que les conrois et les équipages nitaires ont pris une avance sufOsante, les troupes badoise» int progressivement le combat. L'adversaire n'essaye pas I snivre, sauf sur la hauteur; maïs deux compagnies du itaillou du 6* régiment et la 2^ batterie lourde le conent à faire volte-face. Dans la soirée, la brigade arrive nouveaux incidents à Yelars, d'oU elle gagne Dijon,

lOS patrouilles qai exploraient pendant ce temps an sud tte dernière ville, avaient trouvé les Français établis en à Gevi-ey, le 29; néanmoins, le lendemain, à l'approche colonne de la 1" brigade badoise,**) cenx-ci se repliaient lits, qu'ils évacuaient de même après une courte résistance. >i cependant, des masses considérables se portent sur ]a tant par les hauteurs situées à l'ouest que par la route «une. Quelques salves de la 9° compagnie du 2^ régiirrêtent le mouvement offensif par la route; mais l'artillerie le, venue en batterie sur la face nord-ouest de Nuits, ne nt pas à déloger les Français des hauteurs. Les troupes es battent alors en retraite sur Boncourt, couvertes par èces qui prennent position non loin du chemin de fer, lendemain, elles reprennent leurs emplacements du 29.***)

Lea pertes de la brigade an combat de Ch£.teaDiieQf moaUieat & ornes eoviroa. Ploaienrs médecins étaient restés aaprâs des bleeséBr D certaia nombre d'infirmiers et de brancardiers; ils ne parveaùent ner leurs foyers qu'après bien des difficaltés et des traverses. Le nent CV donne le détail des pertes dn XIV« corps et da la lion de réserve dans la période dn 17 novembre aa 15 décembre.

Dis compagnies, qnatre pelotou de dragons et six pièces.

Les troupes ennemies qni apparaissaient devant Nuits formaisot oone forte de plnsieurs milliers d'hommes, commandée par le colonel

et appartenant à la division Orémer.

Devant les forces réunies par les Français sur le revers oriental de la Côte-d'Or, forces que les renseignements permettaient d'évaluer à 12,000 hommes, le général de Werder, durant les quelques jours suivants, maintenait concentré autour de D\jon le peu de troupes dont il disposait momentanément sur ce point, où il appelait en outre, de Gray, une partie de la 4® division de réserve*). D'autre part, la l'« brigade, comme nous l'avons mentionné déjà, recevait l'ordre, le 1®^ décembre de revenir sur Dijon, où rentraient de même, le 6, les troupes prussiennes détachées à la fin de novembre sur Châtillon. Ces troupes avaient poussé, le 1®' décembre, jusqu'à Coulmiers-le-Sec; elles s'étaient assurées que, pour le moment, Châtillon - sur - Seine et le chemin de fer de Chaumont à Tonnerre ne couraient plus aucun danger; mais elles avaient constaté toutefois que des corps francs battaient la région voisine de Montbard. Cependant, lorsque le général von der Goltz marchait sur ce point, il trouvait le pays dégagé, et, continuant alors par Yitteaux et Sombemon, il s'était avancé, le 5, jusques auprès de cette dernière localité quand, pour la première fois, il apercevait un parti de francs -tireurs qui disparaissait en toute hâte.

Le 6 décembre, le XIV® corps se trouvant ainsi réuni sous Dijon, le général de Werder renvoyait dans la direction de Gray les fractions de la 4® division de réserve qu'il en avait tirées, car les faibles détachements laissés dans ces parages semblaient insuffisants pour assurer complètement la sécurité de la route d'étapes, menacée surtout par les entreprises de la garnison de Besançon.**) Les troupes remises en marche sur Gray passaient en partie la Saône auprès de Pontailler, sur un pont établi par les pionniers badois, et battaient le pays situé à l'est pour y réquisitionner des vivres. Mais cette tentative ne donnait que de médiocres résultats; le fait était des plus

*) Trois bataillons et demi, denx escadrons et deux batteries. **) Le 2 décembre, des troupes de la garnison de Besançon délivraient, entre Fresnes et Saint-Mamès, une centaine de prisonniers dirigés snr rAllemagne; quelques jours plus tard, le 12 décembre, ces troupes surprenaient, auprès de Yellexon, un détachement d'hommes rentrant des ambulances.

eux, eàr, à cette époque, par snïte des* froids excesaifs jommencement de décembre et de plusieurs journées d'une e abondante, l'arrivée des coavoia de subsistances demaubeaucoup de temps et de fatigues, et la zone jusqu'alors tpée par les troupes n'offrait plus que de très -maigres ourcee.

Un télégramme du grand quartier général, reçu le 8, avait ibué comme mission complémentaire aux troupes du général Werder le soin d'observer Langres. A cet effet, des conents considérables de la 4' division de réserve venaient à ibeaufontaine et à Champlîtte, d'oil ils avaient l'œil sur k Bresse, qui se trouvait surveillée, en outre, de Thil-Châtel le XIV corps et du nord par des fractions du Vil" corps. Après la capitulation de Hetz, le général de Zastrov t resté dans cette place et aux environs jusqu'au 27 nobre. A cette époque, l'ordre lui parvenait, de Versailles, 1er prendre rang entre les troapes postées autour de Dijon a il* armée, en marche vers la Loire. '^) Au commencement décembre, le VU* corps, utilisant la ligne ferrée passant Joinville, qui avait été rétablie jusqu'à Donjeus, s'était donc arqué par échelons successifs, à mesure qu'arrivaient à z les bataillons de landvehr appelés à le remplacer, et, 3 les premiers jours de décembre, il se trouvait auprès de umont et de Ch&tillon-sur-Seine, étendant sa gauche jusqu'à -en-Barrois. Le 10 décembre, à la réception d'un ordre prescrivait d'assurer particulièrement l'important embrancheit ferré de Ghâtillon à Joigny par Noits-sur-Armançon, le ° corps portait le gros de ses forces sur Châtillon et ses ipes avancées sur Bavières. Toutefois , pour ce corps mée non plus que pour le XIV, il ne se produisait de loutres sérieuses avec les Français jusqu'au milieu de jmbre. Ceux-ci se bomaîeut à faire circuler de petites

*) Voir 11^ Paftie, page 599. — Les troupes aax ordres du géoéiul Sastrow qui se portaieat snr Chaamont, compTeotùent la 13° division aaterie, l'artillerie de corps du VII« corps (moins les S" et i" batteries les, qni se troaTaiect avec la 14^ division) et le 5" régiment de ohlsna êserve, leqoel avait appartena josqa'alora à la 3° division de réserTS .ait passé an VII» corps depuis la capitnlation de Metz.

patrouilles devant les troupes en position au sud de Dijon, de sorte que le XIV® corps trouvait le temps de remettre à peuprès en état ses effets d'habillement et d'équipement qui avaient beaucoup souffert au cours des dernières semaines, et de donner à ses éléments constitutifs un groupement en rapport avec les exigences de la situation.^)

*) Le général de Glûmer, une fois sa santé rétablie, avait pris, le 10 décembre, le commandement de la division badoise, tandîsqne le général de Beyer le remplaçait an ministère de la gaerre badoîs. A partir dn 13, le colonel de Willisen remplaçait le général de la Boche, indisponible ponr raison de santé, à la tête de la brigade de cavalerie badoise nouvellement constituée au moyen des dragons du Corps et du 2® régiment de dragons; les escadrons du'd^ régiment de dragons étaient affectés aux brigades d'infanterie. Ces dernières ne conservaient plus, chacune, qu'une batterie légère; les six autres batteries étaient formées en Abtheilung.

Opérations de la II® armée et de la subdivision d'armée du grand-duc de Hecklenbourg-Sehwerin, du 5 au 16 décembre.^)

En couronnant une série de combats heureux par la reprise d'Orléans, le 5 décembre, les troupes réunies sous le commandement du prince Frédéric-Charles avaient mis à néant la tentative des Français pour se porter du sud au secours de Paris, avec 200,000 hommes environ. Il s'agissait maintenant, avant toute autre chose, de rompre le plus possible Tennemi battu et de Tempècher de prendre pied dans le voisinage de la Loire.

Le 5 dès la première heure, le prince feld-maréchal, informé de l'entrée du grand- duc de Mecklenbourg dans Orléans, lui avait expédié, de Cercottes, l'ordre de se prolonger sur la rive droite de la Loire jusqu'à Beaugency, en même temps que le HP corps remonterait jusqu'à Saint-Denis de l'Hôtel, et que l'avant-garde du IX® pousserait jusqu'au Loiret, sur la rive gauche du fleuve.*''*') Dans la journée, le commandant en chef recevait, à Orléans, les premiers détails concernant l'adversaire; celui-ci semblait avoir eflfectué une retraite divergente dans chacune des trois directions précitées, afin de gagner tout d'abord Tours et Bourges. Dans l'intention du Prince, la IP armée était destinée à observer les forces françaises en retraite vers cette dernière ville, tandisque la subdivision d'armée du grand -duc se porterait séparément sur Tours. A 7 heures du soir, le Prince prescrivait donc: au III® corps de pousser, le lendemain, sa tête de colonne jusqu'à Châteauneuf-sur-Loire, en faisant éclairer son flanc gauche par la 1'® division de cavalerie; au IX® corps de faire battre la Sologne par la cavalerie, de faire relever par la 18® division les troupes avancées de la 25® division sur le Loiret, et de céder cette dernière division au grand-duc de Mecklenbourg, dentelle

♦) Voir la carte d'ensemble No 7; voir, de plus, le Plan 27 et la carte 28 A.

**) En outre, les divers corps employaient un chiffre de troupes assez considérable à nettoyer complètement la forêt d'Orléans et à garder les prisonniers.

devait flanquer la marche sur Tours en suivant la rive gauche de la Loire, concurremment avec une brigade de la 2® division de cavalerie.*^) Le grand -duc avait mission de poursuivre Tennemi le long de la Loire, en étendant sa droite jusqu'à la route d'Orléans à Ghâteaudun; toutefois, eu égard aux fatigues des derniers jours, il était autorisé à laisser ses troupes dans leurs cantonnements actuels jusqu'au 7 au matin, en se bornant, pour le moment, à lancer en avant les deux divisions de cavalerie. Dans la journée du 6, le Prince ordonnait en outre: à la 6® division de cavalerie soutenue par quelques bataillons que le IX® corps enverrait jusqu'à La Perte Saint -Aubin, démarcher au plus vite 'sur Vierzon et de détruire à fond les lignes ferrées qui se croisent en ce point; au III* corps et à la 1'® division de cavalerie**) de s'assurer, le 7, si des . mouvements de troupes avaient lieu aux environs de Gîen et de Montargis. Le commandant en chef ne conservait plus à «a disposition, autour d'Orléans, que le X® corps seulement, — En exécution des premières prescriptions du général en chef, le IIP corps avait gagné Saint-Denis de l'Hôtel, le 5 décembre, sans rencontrer l'ennemi en fractions constituées; le lendemain, ses troupes avancées poussaient jusqu'à Saint- Âignan des Gués^ en ramassant, chemin faisant, un nombre considérable de soldats débandés. Le 7, un peloton de dragons qui éclairait la tête de la 5® division d'infanterie, traversait au galop Ouzouersur-Loire, sous un feu très- vif partant des maisons; quelques obus de la batterie d'avant -garde***) délogeaient alors les traînards réunis sur ce point et les refoulaient sur Nevoy, où plusieurs bataillons, avec de l'artillerie, se tenaient prêts à les recueillir. La batterie précitée et, bientôt après, la 1'® batterie lourde ouvrent le feu, de la grande route, contre ce nouvel adversaire, tandisque le régiment des grenadiers du Corps et deux com-

*) A la suite des nouvelles reçues, ^n avait détrait les ponts de la Loire, à Meung et à Beaugency.

**) Les fractions da X® corps qui se trouvaient encore avec la l^^ division de cavalerie (voir II® Partie, page 494) étaient invitées à rejoindre leur corps d'armée.

***) L'avant- garde se composait da régiment des grenadiers du Corps

No 8, du -YôTd ' *^® ^* ^ batterie légère et de la 2® compagnie da

pionniers de campagne.

6ia

pâgnies dé fasiliers du 48® débordent l'ennemi sur ses denx ailes, après un long combat de mousqueterie, le ramënent, à la nuit tombante, jusque sur Nevoj, et disposent leurs avant*postes au nord du village. D'après les diverses informations recueillies, le 18® et le 20® corps avaient dû gagner la rive gauche de la Loire à SuUy^ en laissant quelques troupes seulement sur la route de Gien.*) La 1" division de cavalerie, qui s'était avancée entre-temps jusqu'à Lorris, n'avait point rencontré des forces régulières; mais, le 6, elle avait délogé des francs-tireurs de Montargis. —

Au sud d'Orléans, le 1®"^ régiment de cavalerie hessoise, jeté en avant par Tavant-garde du IX® corps, avait ramassé plusieurs centaines de traînards et d'isolés; le 5, parvenu dans la région boisée située au nord de La Perte Saint-Aubin, il s'y heurtait à de l'infanterie ennemie. Cependant, dans la matinée du lendemain, les cavaliers hessois trouvaient le bourg évacué et enlevaient de nouveau quelques centaines de prisonniers; puis, vers midi, après avoir été relevés par les troupes de tête de la 18® division, ils suivaient la 25® division sur Cléry. Dan» l'après-midi, le 6® régiment de dragons, qui appartenait à la 18® division, venait jusqu'auprès de La Motte-Beuvron , accompagné de la l'® batterie légère et de la 1'® lourde; il faisait canonner jusqu'à la nuit l'ennemi en position sur ce point, et il se rabattait ensuite vers le Gosson, où, entre -temps la 6® division de cavalerie était arrivée de son côté. Le 7, la tête de cette dernière division,**) lancée à la poursuite d'un escadron de dragons français, s'engageait derrière eux dans Nouanle Fuzelier; mais elle y était accueillie par un feu de mousqueterîe si violent qu'elle se voyait contrainte de tourner bride, après des pertes sensibles.***) L'infanterie ennemie débouchait offensivement du village^ à la suite de cette petite troupe; mais la batterie à cheval de la division et les deux compagnies de

*) On trouvait détraits les ponts de Jargeau, Cbâteaunenf et Sally.

lor

' 16«husB,' ***) Le sapplément G YI donne les pertes de la 11^ armée et de la subdivision d'armée du grand-duc de Meoklenbourg-Schwerin pour la période du 5 au 16 décembre.

fusiliers*) qui l'escortaient, la rejetaient sur Salbrîs. Dans la soirée, la division, fort ralentie dans sa marche par Texploration de la région boisée qui borde la route, arrivait à son tour devant ce point; l'adversaire, fort de plusieurs bataillons avec une batterie, s'y montrait prêt à recevoir Tattaque; la division rétrogradait alors jusqu'à Nouan-le-Puzelier. —

Pendant ce temps, le grand-duc de Mecklenbourg s'était trouvé en contact plus sérieux avec les Français. Conformément aux instructions qu'il avait reçues, le grand -duc avait prescrit, pour le 6 décembre, à la 4® division de cavalerie de s'étendre jusqu'à Ouzo uer- le -Marché, à la 2® division d'explorer jusqu'à Beaugency; à la 22® et à la 17® division, de venir occuper, le lendemain 7, la zone laissée libre par la continuation du mouvement de la cavalerie; au I^^ corps bavarois d'aller s'établir dans l'espace compris entre Villermain et Beaumont. La 25® division avait ordre de pousser, sm* la rive gauche de la Loire, jusqu'à Lailly, en portant la brigade de cavalerie qui lui était rattachée jusqu'à Muides.

Conséquemment, dans la matinée du 6, la 2® division de cavalerie rompait d'Ingré, se renforçait à Saint- Ay de la brigade des cuirassiers bavarois,**) et arrivait, à la suite d'une légère escarmouche, jusqu'à Meung, d'où le bataillon bavarois chassait l'ennemi après une résistance fort -opiniâtre. Cependant, les patrouilles lancées ensuite en avant, trouvaient des forces françaises considérables en position entre BauUe et La Bruère, et comme, d'autre part, l'unique bataillon disponible était insuffisant poui^ garder la ville de Meung, en raison de sa grande étendue, la 2® division de cavalerie rétrogradait sur Saint- Ay, la cavalerie bavaroise sur Huisseau-sur-Mauve. — Plus au nord, la 4® division de cavalei'ie avait gagné sans incidents Ouzouer-le- Marché; mais l'approche de colonnes d'infanterie ennemie la déterminait de même à faire demi -tour, et elle venait se cantonner aux abords de Baccon et de Charsonville. —

2e et 8® *) A la divisioD étaient affectés les — et la 3® compagnie de

pionniers de campagne dn IX« corps.

**) Etaient affectés également à la division: -^ et — 3e bavar — '* ^* 3<^ brigade de cavalerie avait étë adjointe à la 25« division.

Combat de Meung, le 7 décembre.

Le leudemam dans la matÎTiée, le général comte de Stoll rassemblait auprès de Suint- Ay les troupes sous ses es pt les reportait ensuite en laTaot: les deux brigades de ' division de caralerie par le château de Préfort, les Bais par la grande route. Au delà de Meung, l'escadron de «ds attaclié à cette dernière colonne*) rencontrait l'enneim, 3iiToyait des coups de canon aux patronilles et semblait se re en devoir de marcher en avant; la brigade de cuirassieTs blissait alors en formation provisoire à l'ouest de Siùnt-

en attendant l'arrivée de la 1" division bavaroîse et de 1* division d'infanterie, qui avaient rompu sur ces entre- B. Ces deux divisions commençaient par suivre également )ute de Meung jusque vers midi; à ce moment de la journée, rdre du grand-duc venait prescrire à la division bavaroise e diriger, par la Ghallerie, sur le flanc gauctie de l'advei- L'avant-garde de la 17* division**) occupait Menag

combat et portait le 14* bataillon de chasseurs jusque la lisière sud -ouest de la ville, A l'ouest de cette dernière, Iràgons mecklenbourgeois lancés en éclaireurs se heurtaient e résistance opiniâtre; mais le 1'^' bataillon du 90' venant ssiner un mouvement pour déborder la gauche des Français, -ci rétrogradent sur Foinard et La Brubre, poursuivis par tbns de la 5* batterie légère et de la 5* lourde, mises en ion à l'ouest de Meung. L'adversaire leur répond par im irès-vif d'artillerie qui amène les quatre autres batteries de [vision à s'engager à leur tour, sons la protection du 3* illon du 90" et des deux escadrons d'avant-garde, tandiaque ' bataillon du 90° gagne du terrain au travers d'un pays art de vignes, oii l'ennemi oppose une résistance acharnée.

*) Avsnt-garâe do la 17* divreion: ^ (la ^ compagnie était em-

> aiUenra), — ,i^ — , 14* bataitlon de cnaBseurs, r^-^ , ^ — tï,

90« 18» drog.' ll^ nU.

It lég, et 6» lourde ,„ . ■ - .

wvt ■ '■ comp- de pionniers de campagne.

€e bataillon n'était pins qu'à 500 pas de La Bruère quand des troupes fraîches, entrant en ligne par Langlochère, viennent le menacer d*un sérieux danger.

Durant ce temps, le général de Tresckow avait appelé du gros, déployé à l'est de Meung, le 1^^ bataillon du 76®,*) et Pavait acheminé vers l'aile droite de la ligne de combat. Ce bataillon prenait sa direction sur Langlochère, enlevait le village du premier élan et jetait alors ses compagnies en partie sur La Bruère, en partie vers le nord pour faire face à de nouvelles colonnes ennemies débouchant de La Bourie. Vers 4 heures, le 1®' bataillon du 76® s'engageait pareillement de ce côté, à la suite du 2®, et empêchait les Français de pousser plus loin, mais sans parvenir tout d'abord à gagner lui-même du terrain en avant de Ijanglochère. La 1^ batterie à cheval et la 6® lourde avaient pris position dans le voisinage de ce village, après que Tartillerie française qui agissait contre Meung avait été réduite au silence.

À l'aile gauche, deux compagnies du 14® bataillon de chasseurs et le 1®^ bataillon du 89®, maintenu jusqu'alors disponible dans Meung, avaient profité de l'effet produit par le feu de Tartillerie pour s'avancer, entre 3 et 4 heures du soir, par BauUette sur Baulle, soutenus par la 5® batterie lourde qui arrivait du sud-ouest; elles trouvaient Baulle évacué et se dirigeaient alors sur Foinard. De son côté, le 3® bataillon du 90® avait poussé de même jusqu'à ce point; sa 12® compagnie s'y emparait d'un canon, et sa droite donnait la main à une partie du l®*" bataillon. Le reste de ce dernier s'était rencontré dans La Bruère avec le 76®, dont le 2® bataillon avait réussi, vers 4 heures et demie, à gagner encore quelques centaines de pas à l'ouest de Langlochère.

Les avantages de l'aile gauche des troupes du grand -duc avaient été fortement secondés par l'arrivée en ligne de la 1'® division bavaroise, qui, ainsi que nous l'avons mentionné, avait reçu, à Saint-Ay, l'ordre de se porter par La Challerie contre la position de Meung.

La 2® division de cavalerie était parvenue, vers midi, au passage de la Mauve, auprès de La Challerie; comme les abords

*) Le bataillon n'avait sur le terrain que trois compagnies seulement.

1 étaient défendua par dse tipailleùrs ennemîa, elle remontai misseau juaque vers La Renardière, prenait ensuite la direc m dn Bardon, et, vers 3 heures, ses deux batteries à chevs flogeaient du hameaa des contingents français. La l" brigadt ti marchait en tète des Bavarois, atteignait aussi ce point ei mp3 voulu. Appuyés par le feu des batteries qui les accom gnent,*) les bataillons bavarois prouoncent lenr attaque contr 3 forces françaises réunies à l'oneet de Langlochère; marcban r deux lignes,**) les assaillants s'avancent, à la suite de raoçais en retraite, jusqu'à la ferme de la Bourie qu'ila fon cuper par deux compagnies.***) Toutefois, de profonde lonnes ennemies se portant alors des environs de Grand lâtre contre le flanc droit des Bavarois, le général de Biet it exécuter à la brigade un changement de front à droite et L irte en avant dans la direction de l'ouest; les batteries à cbeva la 2" division de cavalerie, qui ont pris position an sud de: mtaines, appuient ce mouvement d'un feu bien dirigé. Ei écntion d'un ordre du grand-duc prescrivant à la 17* divisioi entrer en ligne, la 2" brigade, formée auprès du Bardon, n ployait à la gauche de la 1"; mais l'heure déjà avancée m i permettait pins d'en venir eux mains.

Dans la l'* brigade, la marche contre Grand-Châtre, amenai ! bataillons de première ligne à entamer, à la nuit tombante e action très-vive et longtemps indécise avec les masses enne les en position sur ce point; la deuxième ligne se trourai traînée en mfgenre partie dans la lutte, qui se terminait pa:

,. 1" da *, 6° 9t 7* de 6 ' 1" bftvar.

**) En première ligne, de la dtoil« à la gaache: ^

■*"■""■ Rtgt.â!.'c.rp. ' •» •""" ««»' ËiirSi;^ " ^ <"

12* lia 3b

gt dn Corpa ' ï" ** ÏP **"'*"' employés d'antre part). Le major EcktTt

nmandaat le rj-, a onr pâ *'"'* ^*^ mortflllemont Trappe dans ce mon neot offensif.

' Bégt dn Corps 2« chasa. '

la retraite des Français sur Beaumont. Dès le débat du mouvemeDt sur Grand-Châtre, uue batterie ennemie postée au sud de La Boui*ie avait ouvert sur les Bavarois un fén d'enfilade et de revers; mais le capitaine Oolch et le lieutenant Meyer, à la tète des deux compagnies laissées dans La Bourie^ avaient gagné au sad sur ces entrefaites; ils se jettent sur la batterie, alors qu'elle n'avait tiré encore que quelques coups, et ils s'en emparent; cependant, un retour oflFensif prononcé par un bataillon français la leur enlève de nouveau, malgré une énergique résistance. —

Le combat avait entièrement cessé auprès de Grand-Châtre, quand la 3® brigade bavaroise y arrivait à son tour. Vers 10 heures du matin, le général-major von der Tann*) avait réuni la 2® division à Huisseau-sur-Mauve, et, vers 1 heure, il l'avait formée provisoirement en position d'attente à peu de distance de Baccon; l'avant-garde de la 3® brigade s'avançait ensuite de ce point, par Gléneau, sur Vilocry, et faisait canonner les colonnes ennemies en retraite sur Gravant par la 5^ batterie de 6 du 3® régiment d'artillerie. Vers 4 heures du soir, la division avait commencé à gagner les cantonnements qui lui étaient assignés quand elle apprenait l'action très-chaude engagée à l'aile droite et le danger dont la 1'® division était menacée de Grand -Châtre. La 3® brigade revenait aussitôt sur Vilocry; mais, à son arrivée, l'action était déjà décidée, et. elle disposait alors ses avant-postes entre Launay et Les Banchets. De ce dernier point, la brigade donnait la main à la 22« division, laquelle avait gagné Ouzouer-le-Marché, en arrière de la 4® division de cavalerie réunie, vers midi, aux abords de Binas. Dans la matinée, des reconnaissances de cette dernière division s'étaient rencontrées, à l'ouest de Binas, avec des forces ennemies trèssérieuses; au commencement de l'après-midi, six pièces,**) couvertes par la 10® brigade jetée vers MaroUes, ouvraient leur feu contre de grosses colonnes ennemies et plusieurs batteries, qui ripostaient très-vivement. Cependant, on ne tardait pas à

*) U remplaçait à la tête de la 2^ division le lieutenant -général

de Maillinger qui n'était pas encore arrivé à son poste.

^ntx .V . . , j 1 29 batt. à chev. ^ , j i l'^® batt. à chev. **) Quatre pièces de la ^fi ®* ^^^^ ^® ^* vê

mstater qne des masBes âe beaucoup aupérienres garniesaien , lisière nord de la forêt de Marchénoïpj par snite, ver heureB et demie, les AllemaudB rompaient le combat e inaient prendre, sans être inquiétés, des oastonnements au non î la route de Morée. —

Ainsi, et tandisqne la 26' division flanquait le mouremen ir la rive ganche de la Loire en s'avançant, le 6, jusqu'à Glér; I le lendemain jusqu'à LaiUy,*) sur la rive droite, la sob vision d'armée du grand-duc se trouvait aux prises sur ton m front, c'est-à-dire sur 20 kilomètres environ, avec des masse memiee en état de soutenir la lutte et d'opposeï' une résistaoei ès-vive. Ces masses appartenaient à une armée récemmes mstitaée sons le nom de 2° armée de la Loire.

A la suite des revers du 3 et du 4 décembre, le 20^ et li i" corps français avaient gagné la rive gauche de la Loire i u-geau et Sully, et s'étaient retirés vers le sud; le 15" corps 1 contraire, mêlé à quelques fractions du 16* et du 17*, s'éUi plié précipitamment et dans un complet désordre, d'Orléaoi irs La Motte-Beuvron et, de là, sur la Sauldre. Le généra! Aurelle avait l'intention de rallier les corps précités ei Tière de ce cours d'eau, quand le général Bourbaki veniiii remplacer à la tête de ces troupes constituées désormais ei ^ armée de la Loire, et les ramenait sur Bourges afin di s remettre en état de tenir la campagne. Après qnelqnei arches et contremarches, le gouvernement français avait dû I effet, renoncer à son plan primitif de marcher sur Paris piii ontargÎB, en raison des conditions défectueuses des troupes çndant ce temps, le 16' corpa**) et le 17* s'étaient établi; ,tre Beaugency et la forêt de Marehénoir ot ils étaient re

*) La 3>> batterie légère heasoise, opérant avec nn détachement di nqaenrs de droite, avait cherché à intervenir dans le combat, d'une poai D sitaée en fiice do Meai^; mais la grande dietanca la contraigoait > wer son fen. Ud antre détachement était veua jaeqaa via-à-vie de Beau Dc; et avait fait caDouoer par la 1" batterie légère hesBOÎBe des coloanei marche enr la rive droite dn fleave.

*•) Afin de prévenir on mouvement tonrnant par Bloîe, la 3» diïisioi 16* corps avait été dirigée de ce câté dée le T, tandis qu'une partie di 2* diviaiOD occnpait Mer daiie le même bat.

joints par le 21® corps, récemment formé, et par la division Gamô accourue de Tours,*) Le général Chanzy, appelé au commandement de ces corps réunis en 2® armée de la Loire^' était décidé à opposer une vigoureuse résistance au mouvement des Allemands sur Tours. A cet effet, il disposait le 16® corps à Taîle droite, auprès de Beaugency, le 17® au centre, le 21® à Taile gauche, s'étendant jusqu'à Saint-Laurent des Bois. En avant du front de cette armée, la division de cavalerie du 16® corps était à Poisly, la division Camô à Meung; c'était cette dernière qui, renforcée de deux divisions du 16® et du 17® corps, avait lutté contre les forces du grand-duc dans la rencontre décrite plus haut. —

Dans la soirée du 7, alors que le prince Frédéric - Charles n'avait pas encore connaissance de Tissue du combat de Meung, il recevait par voie télégraphique l'approbation de S. M. le Roi au mouvement de la subdivision d^armée du grandduc sur Tours, en même temps que Tinvitation de continuer la pom*8uite avec le gros des forces de la II® armée. D'après les renseignements recueillis jusqu'alors sur la situation de l'adversaire, il semblait que trois corps au moins se fussent repliés en hâte sur Bourges j toutefois, le doute subsistait encore quant à la question de savoir si, dans cette circonstance, des forces sérieuses avaient pris la route de Gien. En présence de cette incertitude, le prince feld-maréchal s'arrêtait au parti d'exécuter son mouvement par la Sologne, et, le soir même à une heure déjà avancée, il envoyait l'ordre au III® corps d'occuper Gien, le lendemain; la 18® division et l'artillerie de corps du IX® corps devaient se rabattre sur la 25® division pour concourir avec elle à jflanquer, par la rive gauche de la Loire, la marche du grand duc jusqu'à hauteur de Beaugency; le X® corps était invité à porter un détachement sur La Ferté Saint- Aubin afin de soutenir la 6® division de cavalerie, chargée d'explorer la vallée du Cher. Informé de ces dispositions et des instructions reçues de Versailles, le grand-duc de Mecklenbourg, en considération des forces imposantes attribuées à l'ennemi, décidait de combiner sa marche sur Tours avec un mouvement latéral de

*) Le supplément CVII donne Tordre de bataille du 21^ corps français^ ainsi que des indications de détail sur la composition de la division Camô. —

!6 troapes vere l'aile gauche. Ed conaéqnence, à 9 henreB '/< u soir, il prescrivait pour le lendemain matia à 10 hearee: à i 17^ dirision d'être prête à rompre de BauUo; au I*' corps avarois de se trouver rassemblé aupi'ès de Qrand-Châtre ; à la 2* division, renforcée d'une brigade de la 4* division de cavatrie, d'avoir gagné Gravant en passant par Villermain. La ' division de cavalerie avait ordre de suivre la 22* divion, la 2° division de cavalerie de se masser entre Grandhâtre et Gravant, La 25* division était invitée à intervenir e son' mieux, de la rive ganche de la Loire^ dans le cas d'ao Qgagement des troupes du grand-duc. —

Bataille de Beaugency-Cravant, les 8, 9 et 10 décembre.

Le 8 décembre au matin, quand la 22* division se porte 1 deux colonnes d'Onzouer-le-Marché sur Gravant, conjointelent avec la 8* brigade de cavalerie employée à couvrir le anc droit,*) la 43* brigade, qui avait pris par Méziëres, se ouve assaillie, au sud de ce château, par un feu violeot artant des environs de Foisly; bientôt après, des essaims de railleurs surgissent du brouillard alors fort épais. Les deux Eitaillons du 95* se portent vivement à leur rencontre par 'illermain, jusqu'à Boîgny et Sédenay et, de concert avec les ■ois batteries de la colonne de droite, couvertes elles-mêmes ar la brigade de cavalerie, ils mettent un terme aux progrès es Français, pendant que le reste de la 43° brigade attend, arme au pied, dans Villermain. La 44* brigade était parvenue, ir ces entrefaites, auprès du château du Goudiay; son artillerie

•) Colonne de droite: 43^ brigade {les -^^ étalent â Chartrea), r, 2« et 3* 3« batt. loarde, S» et 6 < batt. lég.

ÎS« 'ioBB. ' XF" — ~ ** *° oomp. de pionniera

) oampagiie.

^ ,, ,4* 4«batt,lourde,4«rt6»baM.lég.

Colonne de ganche: M«bngadejgShi5r' xï^

; 1» comp. de pionniers de campagne- (le -gôi n'avait sur place qae troi« impagniea).

6èi

entre alors en action à côté des batteries déjà engagées; H 2® bataillon et les fusiliers du 94® s'étendent le long de la ^ande route jusqu'à MontsouriS; où ils repoussent aussi avec succès les attaques de l'ennemi.

Vers 11 heures, sur un ordre du grand-duc de Mecklenbourg, le général de Wittich, se couvrant de la 43® brigade*) et de la 4® division de cavalerie venue sur Villermain, dirigeait le reste des troupes de la 22* division sur Gravant, où, quelques instants après 1 heure, elles donnaient la main à l'aile droite du I®^ corps bavarois, très - chaudement engagé depuis longtemps déjà.

Ce corps d'armée s'était rassemblé dans la matinée auprès de Grand-Châtre, et, vers midi, les deux bataillons du 13* régiment jetés sur Beaumont et cinq batteries de la 2® division**) avaient fait rebrousser chemin aux forces ennemies qui débouchaient de Yillechaumont en avant de la grande route. A midi, le grand-duc, prévenu de l'approche de la 22® division, ordonnait à la 2® division bavaroise, déployée en arrière de Beaumont, de marcher sur Villechaumont; à la 17® division, en position d'attente à Poinard, de s'avancer sur Beaugency; à la l'® division bavaroise et à la 2® division de cavalerie de se maintenir à sa disposition. En dépit des feux redoublés d'une nombreuse artillerie, et d'une grêle* de balles partant des vignes, les bataillons bavarois prenaient pied le long de la route et faisaient occuper Le Mée par leur aile gauche.***) Cependant,

3® batt. lég., 3» et 4® batt. lourdes , , ,^ > . , , ^, *) Les jrje ®t le IQe régiment de nhlans

demenraient avec la brigade.

^„, 4e de 4, 6e et 8® de 6 , .^ « x 5e et 6^ d e 6

^ 1er bav. T *^ sud-ouest de Beaumont, — qTj^, —

à l'est de Beaumont.

Ile Ile lOeetlle ^

***) On trouvait donc, en partant de la droite: jq^» jg;» — jO^ — , 1®"^

Jer nie

bataillon de chasseurs, -ô^> -â^> ce dernier dans Le Mée. — Restaient

Jer 9e et 12e 1er

disponibles dans Beaumont; jq^» — tk^ — et jgi * De plïis, le 12e régiment

2e xLe 4 -et la ^^y , se tenaient en réserve plus à Test. Etaient détachés de 1»

Guerre Franco- Allemande de 1870-71. Texte IL 41

and la 1** diTisiou du 17" corps, ainsi refoulée sor ViDechannt, s» porte do nonveui en avant, renforcée par la l'* divin du 16" corps, les Bavarois, devant cette supériorité nnméne, rétrogradent peu-à-pen snr Beanmont, d'oti le 1" bat^llon

13* avut été appelé entre-temps en première ligne; le ba- Uon da 3* régiment, établi dons Le Mée demeurait eeul à i«tQBÛ* vigoureiuement sa. position. Â oe moment, cinq batte- B de la réserve d'armée viennent s'établir entre Gravant et iraïQOnt; trois, autres batteries vont renforcer le groupe de ces en actifHi à l'est de ce dernier village;*) le 9" bataillon chasseurs appuie sur Cravant; le 4^ bataillon, avec les 2* et ' régimenlB, **) s'avance ppur recueillir la 2* division, qui, i-méme, poirte en ligne sea troupes encore disponibles.''^**) jlor gftwthe bsjraroise «npruntait en ontre nn nonvel t^pui [ d«iis batteries de la> 2* division de cavalerie venue de ce é; snr la, gauche de cette dernière, la brigade des cuirassier» ■arois praiait la direction dit, Messas.

Les massesr ennemies^ lancées eu avant ne peuvent tenir itre l'impëtoenz élan de l'infanterie et contre le ien soatenn l'oiitillefie; poursuivies par les trois brigades bavaroises^ m repassent pvéei^tammeut la grande route, sur laqodle

Âllenwnds pren&ent T pied de nouveau. — Oomplètement lonssés devant Beaumoat, les Français, renforçant fortement rs batteries en position auprès de Villeehwimont et de Villeive, se mettent eu devoir de rompre la ligne ennemie i ivant, par nn effort du 17* corps tout entier.

Vers 1 heure, comme on se le rappelle, la 44" brigade irochait de cette dernière localité, et, d'uue position à l'ouest

II8 se i™ et 2' III«

Bion: -gj- (auprès de la 4* divisioa de cavttlerie), jq^» — rg; — i -^

> bataillon de chasseare.

„ 3° de 4 . 3« et 4» de 6 ,, „ ,, , , ^ , . ^ , 7» et 8e do 6 ^ W^^. "*■ S", bttv. (affectées à 1» 2» brigade), —^Tb^^

la rfiserve d'artillerie) entre BeaomODt et Oravant; .^ .^ ■ g» t... "

0» de 6

^g ^^^^ (de la rêBerre d'artilleri^'â l'est de Beaamont.

**) La 3^ compagnie était employée d'antre part,

l" 9° et 1S« 2< de 4 *••) 12« régiment & TmIb gaache: ^, — jQë — ** ^er hay "^ centre.

de Launay, son artillerie^) délogeait l'adversaire de Beauvert. Le bataillon de fusiliers dn 83* occupait ensuite cette ferme et celle de Layes ; le gros de la brigade s'établissait dans Gravant, où des contingents français cherchaient à pénétrer presque au même moment. Puis, comme l'ennemi avait mis une nombreuse artillerie en position à l'ouest de la route, les trois autres batteries de la 22* division (La 43® brigade était arrivée vers 2 heures et demie à Launay) accouraient aussi sur la ligne des pièces, qui se trouvait ainsi progressivement prolongée jusqu'à Beauvert. La 8* brigade de cavalerie couvrait cette longue ligne; les deux autres brigades de la 4® division de cavalerie prenaient position à peu de distance de Montigny, d'où leur artillerie se portait de môme auprès des batteries de Beauvert.**) Quand ensuite, vers 3 heures, les Français s'avancent en colonnes profondes contre Gravant, ils sont accueillis par le feu rapide du 9® bataillon de chasseurs bavarois, puis repoussés par une vigoureuse contre-attaque de ce bataillon, auquel se sont jointes des fractions du 83® et du 94®; ils réussissent cependant à faire plier les quelques troupes en position auprès de Layes, mais plusieurs bataillons de la 43® brigade accourant alors regagnent le terrain perdu.***) Sur ces entrefaites, la 2® division de cavalerie avait été amenée de l'aile gauche dQs Bavarois en arrière de Layes et s'y tenait prête à entrer en ligne aux côtés de la 22® division. Deux régiments de cavalerie ennemie venant de Mézières s'avançaient contre l'extrême droite de cette dernière; mais quelques obus, envoyés du Carrefour par les batteries à cheval de la 4® division de cavalerie, les déterminaient à tourner bride si précipitamment que le 4® escadron du 2® régiment des hussards du COrps, lancé à leur poursuite, ne parvenait plus à les atteindre.

Pendant ce temps, à l'est de Gravant, les cinq batteries bavaroises le plus rapprochées du village avaient dû se retirer, à la suite de pertes énormes, en dehors de l'action immédiate de l'artillerie française et des chassepots. Cependant, vers

*) 4®, 5« et 6® batteries légères.

**) Elle ne tardait par à revenir sur Montigny pour reconstituer ses

munitions.

♦*»N W® et Fus. , . , T I®^ et IP , . ^ „

***) ^^ — emportaient Layes, — gg; — marchaient sur Beauvert

lenres, à la requête du général d'infuiterie von der Tanu, s batteries de la réserve d'armée*) renforçaient l'aile ganche la ligne des pièces, Eo même temps, la 1" brigade bavai6**) venait prendre rang entre les tronpes postées le long la grande ronte, gravissait, de concert avec elles et ani I de Hun-ahl les haateors qui s'ëtendent de Cemay vers levert, et se heurtait alors à des troupes fraîchea débonchant sud à sa rencontre. Les bataillons bavarois avaient perdn H un grand nombre d'offieiers ***) et leurs rangs décimés talent plus en état de recevoir ce nouveau choc; ils se lient sur Beaumont, suivis par les Français; mais l'artillerie, s'y maintenut inébranlable, oppose un insurmontable obstacle : assaillants, de sorte que, à la nuit tpmbante, cens-ci abanment sans combat aux Bavarois Le Mée et Yillechaumont. —

Sur la gauche des troupes bavaroises, la 17° divisionf] it employé la matinée à organiser la défense des points evés la veille; vers 11 heures, ses troupes avancées s'étaient tées, à la suite de l'ennemi en retraite, jaaqn'anx Vallées à Villeneuve. Quand la division recevait, vers midi et demi, ■dre précité du grand-duc de se diriger sur Beaugency, le léral de Treskoir mettait son avant-garde en marche par grande route f); à l'ouest de celle-ci, le 1°'' et le 2° bataillon

75" se portfdent à l'attaque de Messas. Après que la 6^ iterie lourde et la 1" batterie à cheval ont canonné le village idant un certain temps, les deux bataillons y pénètrent du 1 et de l'est; mais ils s'y henrtent alors à une résistance niÂtre, dont ils n'avaient entièrement raison qn'à la tombée

la nuit. 150 hommes environ restaient aux mains des

ira de *, 5" et 7* d e 6 ' 1" bav. '

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