‹ La guerre Hispano-Américaine de 1898Chapitre 12 sur 15 · MT' TT · texte numérisé non relu

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c'est pourquoi nous vous sommes profondément reconnaissants de nous avoir exprimé, en des termes si brillants, les remerciements et les félicitations du peuple de cette ville pour le peu que nous avons accompli. »

L'escadre entra ensuite dans THudson, qu^ella^monta jusqu'au tombeau du général Grant, devant leqfilel elle tira des salves d'honneur auxquelles répondirent les batteries de la c6te, tandis que les cloches sonnaient à toute volée et que d'innombrables musiques jouaient les hy ornes nationaux. Cinq mille embarcations pavoisées escortaient l'escadre. Plus d'un million de spectateurs bordaient les quais et les rives de THudson en poussant des cris frénétiques. Un enthousiasme indescriptible régnait dans New- York et Brooklyn, décorés à profusion de drapeaux et de bannières.

Pendant ce temps, les gouvernements espagnol et américain s'occupaient de la désignation des commissaires qui devaient se réunir à Paris le l®' octobre pour la conclusion de la paix définitive.

La commission américaine fut constituée la première* Elle comprenait MM. Day, ex-secrétaire d'État ; Davis, président de la commission des affaires étrangères du Sénat ; Frye, sénateur du Maine ; Edward White, juge assesseur de la Cour suprême, et Whitelaw Reid, ancien ministre des États-Unis k Paris. M. John Moore, adjoint au secrétaire du département d'État, et M. Mac Arthur, ancien secrétaire de la légation américaine à Madrid, étaient nommés respectivement secrétaire et secrétaire adjoint de la commission.

Le gouvernement de Madrid désignait, quelques jours après, comme président de la commission espagnole M. Montero Rios, ancien ministre et président de la Cour de cassation d'Espagne. Les autres membres de la commission étaient MM. Abarzurzia, Garnica, Yillarutia et le général Cerrero.

La commission se réunit le 1^^ octobre au ministère des

affaires étrangères et commença ses opérations. Elles furent longues et laborieuses. La méthode adoptée ne permettait d'ailleurs point de travailler rapidement. Les commissaires de chaque puissance, en effet, formulaient par écrit leurs propositions. Celles-ci étaient traduites et remises aux commissaires de lautre nation qui faisaient connaître, par écrit également, leur réponse et leurs contre-propositions. Lorsque le cas semblait épineux, il en était référé par câble ou télégraphe aux cabinets de Washington et de Madrid. On comprend que les négociations engagées de cette manière se soient prolongées jusqu'au 12 décembre. G^est, en effet, ce jour-là seulement, À 9 heures du soir, que les plénipotentaires américains et espagnols ont apposé leurs signatures sur le traité mettant fin au conflit hispano-américain.

Ce traité, qui prendra le nom de traité de Paris, est un des plus draconiens que l'histoire ait eu à enregistrer. En voici les dispositions essentielles :

« L'Espagne abandonne tout droit et titre de souveraineté sur Cuba. Comme TUe devra, après son évacuation par l'Espagne, être occupée par les États-Unis, ceux-ci, tant que durera leur occupation, assumeront et rempliront foutes les obligations que réclame la protection de la vie et de la propriété qui, au point de vue des lois internationales, peuvent leur incomber du fait de cette occupation.

« L'Espagne cède aux États-Unis l'Ile de Porto-Rico et les autres lies des Antilles actuellement placées sous la domination espagnole, ainsi que l'Ile de Guam, dans les lies Mariannes.

« L'Espagne cède aux États-Unis l'archipel connu sous le nom des lies Philippines.

<( Les Etats-Unis admettront, pendant une période de dix années, à dater du jour où seront échangées les ratifications du présent traité, les navires et marchandises espagnols dans les ports des Philippines, aux mêmes conditions que leurs navires et leurs marchandises propres.

(( Les États-Unis, après la signature do présent traité, renverront en Espagne, anx frais de ce pays, les soldats espagnols faits prisonniers de gaerre à Manille par les forces militaires américaines. On rendra à ces prisonniers leurs armes. Après la signature do présent teaité, l'Es* pagne remettra en liberté tous les prisonniers de goerre et toutes les personnes arrêtées oo emprisonnées poor crimes politiques se rattachant aux insurrections de Coba et des Philippines et à la guerre avec les États-Unis. De leur côté, les États-Unis remettront en liberté toutes les personnes faites prisonnières de goerre par les forces américaines.

« Ils s'efforceront également d'obtenir la mise en liberté de tous les prisonniers espagnols actuellement entre les mains des insurgés à Cuba et aux Philippines.

a Le gouvernement des États-Unis rapatriera i ses propres frais en Espagne, et le goovemement de l'Espagne rapatriera à ses propres frais aux États-Unis, Cuba, Porto-Rico ou les Philippines, selon qu'ils y auront leur foyer respectif, les prisonniers mis en liberté à la suite de ce traité.

« Les États-Unis et l'Espagne abandonnent mutuellement toute demande d'indemnité nationale ou individuelle, de quelque nature qu'elle puisse être, qui proviendrait de l'un ou de l'autre gouvernement, ou serait introduite par les citoyens ou sujets de l'un contre l'autre gouvernement et se serait produite depuis le commencement de la dernière insurrection de Cuba et avant l'échange des ratifications du présent traité, en y comprenant toutes les demandes d'indemnité pour frais de guerre.

ce Les Etats-Unis feront une estimation des revendications portées par leurs nationaux contre l'Espagne et les indemniseront.

« Les sujets espagnols, natifs de la péninsule, qui résident sur le territoire dont l'Espagne cède et abandonne la

souveraineté, peuvent continuer à demeurer dans ce ter* ritoire ou le quitter. Ils conserveront, dans Fun et l'autre cas, tous les droits de propriété, y compris le droit de vendre telles propriétés ou les revenus d'icelles, ou d'en disposer à leur gré. Ils auront également le droit de continuer leur industrie, commerce et profession, sous Tapplication des lois qui régissent les autres étrangers.

c( Dans le cas où ils resteraient sur le territoire, ils pourront demeurer Espagnols, en en faisant la déclaration devant une cour de justice avant l'expiration d'un an, à partir du jour où les traités ratifiés auront été échangés. A défaut d'une telle déclaration, ils seront considérés comme ayant renoncé à leur nationalité pour adopter la nationalité du territoire où ils résideront.

« C'est le Congrès qui fixera les droits civils et la situation politique des indigènes des territoires cédés aux États-Unis. Les habitants des territoires dont l'Espagne abandonne et cède la souveraineté conserveront le libre exercice de leur religion.

(( Les Espagnols résidant dans les territoires que l'Espagne abandonne et cède par ce traité seront soumis, en matières civile et criminelle, à la juridiction des tribunaux du pays dans lequel ils habitent, et devront obéissance aux lois ordinaires de ce pays. Ils auront le droit de paraître et d'agir devant les tribunaux dans les mêmes conditions que les citoyens du pays auquel ces tribunaux appartiennent. Les droits de propriété que les Espagnols ont acquis par des documents et des patentes dans l'Ile de Cuba, à Porto-Rico et aux Philippines, et dans tous autres territoires cédés au moment de l'échange des ratifications du présent traité seront respectés.

« Les ouvrages espagnols scientifiques, littéraires et artistiques continueront, pourvu qu'ils ne soient pas d'un caractère subversif, à entrer sans payer de droits dans ces territoires pendant une période de dix ans, qui sera

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calculée à partir de la date à laquelle les ratifications de ce traité auront été échangées.

« L'Espagne aura le droit d'établir des consuls dans les ports et les villes des territoires dont elle a abandonné ou cédé la souveraineté par le présent traité.

« Le gouvernement de chacun des deux pays accordera aux navires marchands de Tautre, pendant un délai de dix ans, le même traitement pour tout ce qui regarde les frais de port, en y comprenant les droits d^entrée, de congé et de tonnage, comme il les accorde à ses propres navires marchands qui ne font pas de cabotage. Les droits peuvent être établis en tout temps, à condition que Tun des deux gouvernements en informe l'autre six semaines à Tavance.

« Il est entendu que toute obligation contractée dans ce traité par les États-Unis, en ce qui concerne Cuba, est limitée à la période d'occupation de TUe ; mais une fois qu'ils cesseront de l'occuper, ils engageront le gouvernement qui sera établi dans l'Ile à contracter la même obligation.

« Dans les trois mois qui suivront l'échange des ratifications du présent traité, les États-Unis payeront à l'Espagne la somme de vingt millions de dollars, ou cent millions de francs. »

Il est inutile de chercher à se le dissimuler, le traité de Paris consacre la déchéance maritime et coloniale de l'Espagne. Puissent les peuples latins en méditer les clauses et éviter les erreurs qui ont conduit à l'abîme la malheureuse nation castillane.

Les commentaires de la presse américaine pourront donner de précieuses indications aux pasteurs des peuples de la vieille Europe. Citons, en l'adoucissant, un article paru dans le New- York Journal. Voici comment la feuille américaine présentait à ses lecteurs le bilan de la guerre avec l'Espagne :

« 1® Ce que TEspagne perd :

Cuba 1,500,000,000

Philippines 2,250,000,000

Porto-Rico 750,000,000

Dépenses de la guerre 625,000,000

Pertes du commerce 100,000,000

Trente navires perdus 150,000,000

Total 5,375,000,000

* « 2<> Ce que perdent les Etats-Unis :

Le Uaiwi 12,500,000

Dépenses de la guerre 1,000,000,000

Indemnité à TEspagne 100,000,000

Total 1,112,000,000

« Pertes en hommes pour les Etats-Unis. — Environ 253 tués et 1324 blessés. Ces chiffres ne comprennent pas les 266 marins morts sur le Maine.

liPertes en hommes pour T Espagne. — Envîron2,500 tués et 3,00a blessés.

i( La catastrophe du Maine a donc coûté à l'Espagne, vingt et un navires de guerre, la défaite de deux armées, la perte de Cuba, de Porto-Rico, des Philippines et de quelques autres petites lies.

« Il y a un an, TEspagne avait sous sa domination, en dehors de son propre territoire, dix millions d'individus. Actuellement il lui en reste moins de 200,000. »

Avant de clore cette étude, savourons, sans le commenter, l'avertissement donné par le journal new-yorkais à des états européens qu'il ne nomme pas :

(( Que les autres puissances qui ont des empires coloniaux, et désirent les conserver, prennent bonne note de l'issue d'une guerre juste. »

A qui donc peut s'adresser cette semonce dépourvue d'artifice ?

L'avenir nous l'apprendra. En attendant, veillons !

UIIB PAOB D'HISTOIRE.

Pag68.

"Aperçu historique et géographique. — DécouTerte de Cuba et conquête de rile. — Orographie et hydrographie. — Productions.

— Population et races. — Disparition des peuplades anciennes.

— La traite de» nègres. — La révolte de 1812. — Le Casino espagnol et le gouvernement de File. — L'étoile solitaire. — Les flibustiers de Lopez. — Le président Buchanan. — La guerre de dix ans. — Les doléances cubaines. — La commission coloniale.

— Le gouYernement métropolitain refuse les réformes. — Commencement de rinsurrection. — Prise de Bayamo. — Manuel Cespedes, le Père de la Patrie. — Les généraux Lersundi et Dulce. — Anarchie et massacres. — Don Salvador Cesneros. — Le pacificateur Martinez Campos. — Le Convenio de Zanjon. —

Fin de la guerre de dix ans i

L'mSURBECnON CUBAINE.

La révolution de 1895. — Les causes de la révolte. — Griefs des Cubains. — Réponse des Espagnols. — Les préparatifs. — L'avocat José Marti. — Comités de propagande et comités d'action. — Les chefs de Tinsurrection. — Inertie du gouverneur Calleja. — Il est remplacé par Martinez Campos. — Premiers engagements. — Combat du Contramaestre. — Mort de Marti.

— Combats de Peralejos et de Mulato. — Le marquis de Santa- Lucîa. — Manifeste révolutionnaire. — Incendie de Baracoa. — La République proclamée h Jimaguayu. — Constitution cubaine.

— Le premier Président de la République. — M. Bartolomé Masso.

— Les représentants cubains à Tétranger. — Le trésor de guerre.

270 TABLE DEâ MATIERES.

Pages.

— L'armée révolutionnaire. — Les Maceo. — Miï« Agramonte.

— Rappel de Martinez Gampos. — Le général Weyler. — Les Reconcentrados. — Terribles représailles. — La mort de Maceo.

— Les trochas. — L^asMssinat de Canovas. — Les décrets d'autonomie. — Le maréchal Blanco. -r- L'exécution du colonel Ruiz.

— Trop tard 20

L'SSPAQIIB Elf EXTRÊBfB-OBISIVT.

Aux «Iles Philippines. -^ La découverte de Magellan. — Un archipel asiatique. — Don Miguel de Legaspi. — Les cinquante peuplades.

— Volcans philippins. — Le Bonibon*. — Sages précautions. — A Mindanao. — Flore et faune asiatiques. — Le régime politique de Tarchipel. — Le cabeza de barangay. — Les bandHs tulisanes. — Augustins et récollets, franciscains et dominicains.

— Le casuel des chapitres. — L'Université de Saint-Thomas. — Les loges maçonniques. — A San Juan del Monte. — Les frères dormants. — Aguinaldo. — Les foyers de conspiration. — La révolte de 1896. — Les aveux de M. Canovas. — La situation à Manille. — Don Ramon Blanco y Erenas, marquis de Pena- Plata. — Le tercer entorchado. — Disgrâce imméritée. — Le général Polaviega. — Victoires d*fmus et de Cavité. — Don Fer* nando Primo de Rivera. — Une médaille commémorative 37

Le rôle des États-Unis. — Un njessage de M. Cleveland. — Conflit ^ inévitable. — La junte insurrectionnelle cubaine. — Les navires flibustiers. — Proposition d'intervention. — Protestation du gouvêrneqjeni espagnol. — L'orgueil castillan. — M. Mac Kinley à la Maison-Blanche. — Réorganisation municipale de Cuba. — L'indécision de M. Sagasta. — La junte de New- York. — Le consul général Lee. — Situation tendue. — L'incident Dupuy de Lôme. — L'explosion du Maine, — M. Polo de Barnabe à Washington. ^— Jingoïstes et presse jaune. — Télégramme du capitaine Sigsbee. — Eflroyable catastrophe. — Accident ou crime. — Préparatifs de guerre. — La commission d'enquête.

— Rupture imminente. — Conclusions inconciliables. — Un message présidentiel. — Encore les reconcentrados. — Propositions espagnoles. — Mobilisation des flottes. — Intervention du pape. — Démarche des six puissances. — Un armistice à Cuba.

— Les instructions de^ ambassadeurs 54

Le message de M. MaeKinley.* — Historique delà question cubaine.

— Paix ou guerre. — Impuissance de TEspagne. — Un rapport de M. Lee; — Propositions belliqueuses. — Une lettre de Maximo Gomez. — Entente impossible. — Préparatifs espagnols. — Une souscription nationale. — Au Sénat américain. — Les ordres du jour. >- Résolution conjointe. •»- A la Chambre des représentants.

— L'ultimatum de M. Mac Kinley. — M. Polo de Barnabe demanda ses passeports. — Départ du général Woodford pour la France.

— L'ouverture des Cortès. -^ Un discours de la reine régente.

— Déclaration de guerre officielle. — Capture de navires marchands. — Le blocus de Cuba. — L'amiral Sampson quitte Key- West. — Devant la Havane. — L'escadre du Pacifique. -^ Cuba

en état de siège. — Mobilisation espagnole 77

La convention de Paris et la guerre de course. -^ Les droits des corsaires. — Les croiseurs auxiliaires. — La contrebande de guerre. — L'avis des jurisconsultes. — Jurisprudence française.

— Déclaration de neutralité. — Les intentions de M. Mac Kinley.

— La société de secours aux blessés militaires. — Les Tolontaires aux États-Unis. — Appareillage de l'encadre de Hampton-Road.

— Le plan de campagne américain. — Les idées du général Miles. — La question des câbles sous-marins. — Difficultés financières en Espagne. — Une circulaire aux puissances. — Une évolution de la doctrine de Monroë. — Protestation platonique. . 98

Puffîsme américain. — Un article du World. — Les forces latentes.

— L'armée fédérale. — Réguliers et miliciens. — La marine des États-Unis. — La flotte espagnole. — Les croiseurs auxiliaires.

— La répartition des escadres. — Les points -vulnérables. — La question du charbon. — Les points dç relâche. — Possessions espiagnol'es du Pacifique. — Les théâtres de guerre. — Oflènsite

ou défensive. — Hésitations funestes 112

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PRXBCIERS

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