A SERVI DE POINT DE DÉPART A CET OUVRAGE
11 PREFACE
lecture de ce livre, une foule de détails sur les conditions dans lesquelles denrées et marchandises leur sont offertes avec art et habileté par le^syns, avec une naïveté, fille de l'ignorance professionnelle, par les autres. Tous ceux qui se préoccuj>çnt du relèvement de la richesse de la PYance au léiîdémain de la crise sans précédent qu'elle traveri§e>r (^nstateront, avec preuves à l'appui, que la cause principale de l'insuccès trop fréquent des entrejptîafs' commerciales, est le défaut de préparation tecHnique des gens qui^ après avoir acquis des économies comme salariés ou employés, deviennent commerçants.sfans avoir les connaissances voulues pour appréeieiKfa valeur d'un fonds de commerce qu*uninlermédiaîi'é, payé pour cela, leur présente comme très ^Vjafetageux et très facile à tenir, sans avoir la moindre .notion de comptabilité, et sans avoir les données élémentaires sur Tachât des marchandises et leur revente.
On n'attend pas de moi un résumé de Touvrage de M. Gilles Normand. Je ne veux même pas apprécier les conclusions auxquelles il aboutit, ou qui, au cours de son étude, se dégagent de ses observations. Je ne rechercherai pas avec lui si la coopération est la forme future du commerce, ni si la concentration des capitaux conduisant à la création de grands établissements de ventes an public, entraînera nécessairement la disparition de tout ou partie des commerces individuel». Discuter de telles questions serait sortir des limites d'une préface. Tout ce que je veux dire, car c'est là ce qui importe aux lecteurs, c^est que la documentation produite par M. Gilles Normand est aussi impartiale que sûre. A côté des renseignements qu'il a été puiser sur place, an cours de voyages multiples dans la plupart de nos départements, l'auteur a mis très heureusement à profit l'enquête parlementaire faîte par mon distingué collègue, Adolphe Landry, en 1913 et Î914, au nom delà Commission du Commerce et de l'Industrie que j'avais l'honneur
PiUSFACA lU
d« présider è cette époque, La Ghawibre des députés, émue des lamentations de certains de aes meinibres sur* la sitm^tîon déplorable du petit commerce en France et iur la concurrence intolérikble que lui faisait le grand commerce (établissements à grands capitaux et maisons à succursales multiples) , avait chargé notre Commission d'étudiex le problème dans tous ses détails. Le mandat iut rempli. La Commission s'adressa à tous les organismes commerciaux aptes à la renseigner. Un questionnaire très détaillé fut envoyé à travers toute la France; des milUers de réponses nous parvinrent et nombreuses furent les associations coopératives du grand, du moyen et du petit commerce qui préseutèrent à la Commission leurs desiderata et leurs plaintes en sens divers. Le rapport de M. Landry est une mine qui risquait de reMejp inexploitée. Publié en avril 1914, il ne fit l'objet d'aucune discussion publique : les électkxn«s législatives d'abord, en mai suivante puis louverture des ho^tilitéis, donnèrent une direction nouvelle aux esprits. Comme tous les Français» les commerçants a'eureni d'autre souei que celui de défendre le sol sacré de h patrie menacée ; grands, moyens ou petite commerçtii^ts so trouvèrent unis dans un même sentiment de solidairité nationale ; ils avaient oublié leurs rivalités et lewa wneurrenoes du temps de paix, et Ton peut dire qu'ç ofeat dans leurs rsBgs et dans ceux des proiessioos bbéc^^ qvim compte le plu^ d'bomimcis» qui, depuis le à&»A, n out p9» cessé, da sacrifioy au p^ys Icm^s situations sociales, leurs» in^éi^^s ot trop souveiitt, hélas ! leuiexiate9.ce ; n'ftpparteuaut ni à riudustrie, nÀ à 1 agriculture, ils n'ont pas cqh^qu jusqu'ici l'èire des sursis d'appel &m& uoe forme quelconque-
L'enquête de U Commission du comnaerce risquait dwc de danewer stériJo/. Heureusement eUe n'avait piis é^^ppéi à l'eâjftfit «Investigateur et désitrew^ d& ren^eigueiBeni» pK<écis et eertainadeM. Gilles^ Nor ]»and. Celui-ci
VI PRBFAC£
à ses extrêmes lidniies» la r^^larité dans les écritures. Ils iaerimineront le législateur^ le hasard, leurs eoneurrenbs, alors que le seul coupable sera leur folle pré^* somption d^avoir voulu s'improvisar négociants. Si^ au contraire^ ils se sont mis à même de remplir la fonction économique^ sociale et, demain patriotique^ de commerçants actite, préparés à leur tâche par Tacquisition de Fensemble des connsiisaanees générales et spéciales, théoriques et pratiques nécessaires à son accomplissement, ils réussiront, ila serviront leurs intérêts et ceux de la France^ bien plus^ ils n'auront plus aucun effroi de ce mcmstre que m grand commerce » on nomme, car, tel le simple soldat qui, parlant pour Farmée, avait le bâton de maréchal dans sa giberne, ils sauront qu'à phis ou moins longue échéance, leur tour viendra d'être mis au rang de ces rivaux redoutables.
Grandis eommerçanits ! Petite commerçants t Sous^ ces vocables ccmtr«ires^ tnea enquêtes passées ne m'ont jamais feiit découvrir que des négociants qui connaissaient leur métier et d'autres qui Fignoraient. C'esi à quoi eonduit aussi la kcture de ce livre : lorsque M. Gilles Normand sembla dire que le petit commerce cédera nécessairement la place aux grands capitaniX) cela signifie surtout qull croit à Féchec de plus en plus constant de ceux qm prétendent feàre des commerçants sans être à mèn>e d'en être. J^ matière commerciale comme e^n tout autre, l'avemr est au travail servi par le savoir, FinteBigenee et Ténergie.
Mare Réville,
Ancien Btiniatre, ancien Pt^ésidtent de la Commission ^ du CemneKe et àa yindaeteifi
Président de la Commissron de& Douanes.