‹ La guerre, le commerce français et les consommateursChapitre 45 sur 112 · UN PEU DE MONOGRAPHIE COMMERCIALE · texte numérisé non relu

UN PEU DE MONOGRAPHIE COMMERCIALE

Nous n'en finirions pas si nous voulions citer tout ce qui se crée, se transforme dans ces ateliers.

Les huiles sont fabriquées par la Société du « Casino ».

Les moutardes, de même. Elles sont vendues au détail, ou en flacons de verre ou de grès, dans toutes les succursales.

Les produits de nettoyage et de droguerie sont une des dernières créations industrielles de la société.

Les pâtes à polir, pâtes à fourneaux, brillants pour cuivre et métaux, fabriqués par la Société du « Casino », concurrencent avantageusement les produits allemands employés jusqu'à ce jour.

Il résulte, de l'enquête parlementaire sur la situation du commerce en France, que ce soi)t les amoindrissements des bénéfices de maisons de gros qui ont incité ces maisons à se transformer en sociétés à succursales; que la mévente des vins, la difficulté d'accès aux banques pour le Petit Commerce, y ont aidé également. Mais la concurrence surtout. La Chambre de Commerce de Saint- Etienne, qui n'est pas l'amie des Maisons à Succursales, explique ainsi la naissance des entreprises de concentration dans la région :

Vers la fin de 1897, une des plus importantes maisons de ce genre ayant son siège à Reims, manifesta Tintention d'installer à Saint-Etienne et dans la région un certain nombre de succursales. Les propriétaires des principales maisons de gros, détail et demi-gros, s'émurent de cette invasion d'un nouveau genre et avisèrent aux moyens d'en enrayer les effets. Diverses combinaisons furent tentées sans résultat.

Finalement, ce qui, faute d'entente, n'avait pu être réalisé par le groupement, le fut individuellement par les propriétaires des principales maisons de la catégorie dont il est parlé plus haut; ce qui avait été possible à Reims devait l'être ailleurs ; le plus sûr moyen de se défendre était de se servir des propres armes de l'adversaire.

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11 ne restait donc, au début de 1898, qu'à réunir les éléments nécessaires à la constitution des sociétés projetées.

Au point de vue technique, l'expérience et les connaissances professionnelles des futurs directeurs permettaient d'espérer ce succès; restait le côté financier: cette question, grâce à une active publicité, fut vite résolue.

Le 1*' juillet 1898, s'ouvraient simultanément, sur rembranchement de Bérard (ancienne gare du premier chemin de fer ayant existé en France), trois sociétés d'alimentation :

1® Celle précitée ;

2° L'Alimentation Stéphanoise.

Sociétéanonymeparactions au capital de 750. 000 francs, divisé en 7.500 actions de 100 francs.

Environ 350 succursfi^les.

3° Les Docks Foréziens.

Sociétéanonyme par actionsau capital de 500. 000 francs, divisé en 5.000 actions de 100 francs.

Environ 300 succursales.

A ces premières sociétés sont venues s'ajouter quelques annexes ci-après : les Etablissements Zanzibar, société en commandite simple; l'Etoile blanche, le Printemps, sociétés de moindre importance et la Société générale d'Alimentation.

Partout, depuis cette époque surtout, s'installent des maisons ou des boutiques attirant la clientèle par le bas prix de certains articles. C'est de la défense personnelle. A Rennes, on cite six établissements ; dans la Haute- Saône, les établissements Miellé et C**, et les Docks francs-comtois, ont été récemment ouverts; à Grenoble et dans la région dauphinoise, ils ont fait leur apparition vers 1895. La première société installée dans le Rhône, a été la Société économique d'Alimentation, dont le siège social est à Lyon ; la seconde fut la Société des Docks lyonnais, dont l'organisation fut copiée sur celle de la précédente.

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La première succursale de la Société économique d'Alimentation avait été ouverte le 18 novembre 1898 ; Texercice 1903 clôturait avec 140 maisons de vente, pour arri* vepsuccessivement à 400 en 1913, avec un chiffre d'affaires dépassant 20 millions.

Le capital social, qui était, lors de la création de la Société, de 1.000.000, a été porté :

En 1907 à 1.500.000.

En 1911 à 1.800.000.

Et en 1913 à 2 250.000.

Les amortissements sur immeubles, machines, matériel et mobilier s'élevaient, au 30 juin 1913, à 1 487.701 fr.

L'ensemble des terrains appartenant à la Société comporte 15.000 mètres carrés.

La surface des locaux qui y sont construits est de S.OnO mètres ; 350 personnes sont employées dans les Entrepôts.

Les Entrepôts comprennent : la Direction générale, la Comptabilité des succursales, le Service de l'Epicerie, des Liquides, de la Mercerie et Chaussures, de la Charcuterie, les Ecuries.

Le débit se résume ainsi :

Epiçeine. — L'épicerie, avec un chiffre d'affaires dépassant 15.000.000, occupe une grande partie des Entrepôts. Les produits d'alimentation, tirés directement des pays de production, sont Tobjet des soins les plus assidus.

Un service d'analyses, très bien organisé, donne la certitude de ne livrer aux consommateurs que des produits de tout premier choix, offrant toute garantie au point de vue de la loi sur la répression des fraudes.

Café$. — Deux appareils du dernier modèle, mus par l'électricité, torréfient tous les jours plus de 1.000 kilos.

Le café est livré en paquets cachetés. Il en est manutentionné, par semaine, 50.000 paquets.

Liquides. — La production de limonade est de 300. 000 bouteilles par an.

Les vins, achetés directement aux producteurs, sont, dès leur arrivée, pesés et analysés.

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Des filtres puissants les envoient ensuite dans d'immenses cuves en ciment armé, où ils finissent de se clarifier en attendant leur expédition dans les magasins de vente.

La mise en bouteilles, au moyen d'appareils perfectionnés, se fait dans les meilleures conditions d'hygiène et de propreté.

La vente annuelle dépasse 6 millions de litres.

Charcuterie, — La fabrique de charcuterie, elle aussi, a été organisée avec tous les derniers perfectionnements.

Bien que d'installation récente, on y débite 100 porcs par semaine.

Un frigorifique de 800 mètres de superficie permet de travailler en toute saison.

Quatre fourgons automobiles desservent tous les jours les succursales de Lyon, leur portant la charcuterie fraCche.

Mercerie. — Ce rayon contient un assortiment complet de tout ce qui concerne le ménage ; la clientèle y trouve : chaussure, mercerie, bonneterie, brosserie, parfumerie, papeterie, poterie, etc. ; avantages fort appréciables dans les localités de peu d'importance dépourvues de spécialistes pour ces articles.

Transports. — Le service des transports est assuré par 30 voitures à chevaux,^ 4 camions automobiles poids lourd et 4 fourgons automobiles légers, pour la charcuterie.

La Société paie annuellement, aux Compagnies de chemins de fer et de navigation, plus de 600.000 francs de frais de transport.

Le poids net des marchandises transportée^ par les voitures de la Société, tant dans les gares que dans les succursales, a dépassé, en 1913, 50.000 tonnes.

Le stock des marchandises, dans les Entrepôts, est de 2 millions. Celui des succursales, de 5 millions.

En 1913, les droits payés pour douane, régie et octroi, se sont élevés à 1.163.641 francs.

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