INFLUENCE MORALE DU GRAND DETAIL SUR LE PERSONNEL
questions d*affaire ou de famille, mises en jeu par la guerre... »
La circulaire mensuelle fut donc instituée. Pouvait-il en être autrement ?Les soldats, employés hier, font éclater un splendide moral ; aux civils de Tarrière, la victoire apparaît plus certaine. Est-ce que de telles paroles ne sont pas propres à provoquer deis regains d'énergie chez ceux qui les écoutent ? Savoir qu'on n'est pas isolé, que des cœurs battent à l'unisson du vôtre, est un baume à qui souffre.
Et puis, comme la curiosité ne perd jamais ses droits, — même chez ceux qui sont loin du lieu de leurs affections, — le 23 juillet, la seconde circulaire disait :
« Nous vous signalerons les nouveaux départs qui pourront survenir dans le personnel. Nous vous indiquerons d'une façon générale la marche des affaires de la Maison.
« Vous vous souvenez de cette fm de juillet, il y a un an ? Les premiers départs de vos camarades, le jeudi, le vendredi ?... Le dernier inventaire?... A peine était-il achevé que nous apprenions la Mobilisation générale.
« Vous comprenez quelles furent, durant les premiers jours, les difficultés auxquelles on eut à faire face : arrêts de transports, marchandises en souffrance, denrées perdues, impossibilité de se réapprovisionner, désorganisation des services des succursales î La vie économique du pays subit un temps d'arrêt. Peu à peu, cependant, les rouages se remirent à fonctionner, avec des à-coups fréquents d'abord, puis de plus en plus espacés. La question du remplacement temporaire aux divers emplois que vous remplissiez a été particulièrement difficile à résoudre. Nous avons dû faire appel, dans une large mesure, à la main-d'œuvre féminine. Beaucoup de succursales sont gérées par les femmes de gérants. Grâce à la bonne volonté de tous, les affaires sont redevenues à peu près normales ; malgré les difficultés d'approvisionnement et de manipulation dans certaines succursales, les chiffres an-
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lérieurs ont été maintenus . Nous accordons et nous accorderons toutes les facilités pour assurer la bonne marche des maisons de vente, afin que nos dévoués collaborateurs les retrouvent prospères à leur retour.
« Nos usines ont dû, outre leur travail habituel, produire certains articles qu'il était impossible de se procurer. Le public y a fait bon accueil.
« En définitive, la Maison a bien supporté l'effroyable tourmente qui aurait pu ruiner une partie du commerce de notre pays. Notre situation apparaît comme très privilégiée si nous la comparons à celle des entreprises similaires du Nord et de l'Est.
B Vous verrez que la liste de nos morts au chîuïip d'honneur est augmentée de 7. Nous souhaitons pouvoir clôturer bientôt cette liste glorieuse. Saluons très bas ces vaillants et, à tous, bonne santé et bon courage. »
La circulaire suivante enregistre les citations du personnel à l'ordre du jour ; elle contient un résumé des dispositions essentielles de la législation en vigueur en ce qui concerne les mobilisés ; elle met en relief la bienveillance de l'Etat pour tous ceux qui défendent, d'une façon
1 d'une autre, le sol de la patrie ; elle indique la marciic
s affaires, souligne la fièvre de travail métallurgique
ins la région. Elle se termine ainsi :
« L'inventaire a eu lieu le 31 juillet. La pensée de ceux lî y ont procédé s'est reportée à celui de l'an dernier. ! ftit, pour ceux i^ui sont restés et qui avaient l'haiude de travailler avec vous, un émouvant anniver-
Nous voudrions pouvoir les citer toutes, ces circulaires ïnfaisantcs, impatiemment attendues sur le front. Mais us en avons dit assez pour montrer combien peut y gner, en quiétude d'esprit, le gérant qui s'était fait une entèle qu'il redoute de ne point retrouver. Qu'importe si pprovisionnement est de plus en plus compliqué ? Si les