‹ La Guerre libératriceChapitre 4 sur 27 · LA FRANGE ET SON ARMÉE · texte numérisé non relu

LA FRANGE ET SON ARMÉE

sager le retour pour la cavalerie au service de trois ans. Il s'agit de 15 000 hommes par an et les résultats jusqu'ici obtenus ne permettent guère de croire que le procédé des engagements et réengagements, même assortis de fortes primes, suffise à combler cette lacune annuelle.

Là-dessus survient l'annonce du nouvel effort allemand.

Immédiatement propositions de surgir, au premier rang desquelles ~ le retour pour toutes les armes au service général de trois ans.

Sur ce projet je me refuse, et pour cause, à donner un avis. On n'improvise pas en pareille matière. Et, pour aboutir à une solution sérieuse, je ne connais pas deux méthodes.

Le ministre de la Guerre a auprès de lui les chefs qui, à l'heure du péril, seront responsables. Qu'il les consulte, qu'il confronte leurs avis et que de cette étude le Gouvernement déduise le projet dont, sous sa responsabilité, il réclamera le vote aux Chambres. Hors de là il n'est que fantaisies périlleuses.

Qu'on veuille bien seulement étudier le problème tel qu'il se présente et en aborder l'examen en toute sincérité.

J'entends d'habiles gens murmurer qu'il ne saurait être question de proposer le service de trois ans pour les seules armes à cheval ; ni davantage de l'instituer pour l'armée tout entière, s'il doit comprendre des dispenses, fussent-elles les plus réduites et les mieux justifiées.

Ce pays, assurent-ils, est entiché d'égalité au point qu'il ne saurait être question d'un système qui ne fît passer tout le monde sous le même niveau. Périsse la France plutôt que le principe de la sacro-sainte égalité.

C'est calomnier ce pays de clair bon sens que lui prêter gratuitement ces dangereuses billevesées. Ceux qui parlent ainsi, ce sont ses flatteurs, ce ne sont pas ses serviteurs.

Il s'agit de prendre les mesures nécessaires et suffisantes à la défense nationale. Tout l'indispensable, rien que l'indispensable. La pire des fautes serait de répondre aux besoins de l'heure par une manifestation sans lendemain.

L'opinion sur ce point fait la leçon au législateur. Jamais elle ne se montra plus calme ni plus résolue.

La France tout entière se montre inspirée de l'esprit qui anima nos concitoyens de Meurthe-et- Moselle lors de l'alerte erronée d'Arracourt. La mobilisation était ordonnée, crurent-ils. Tranquilles, ils se levèrent dans la nuit et partirent pour Nancy, laissant aux femmes qui demeuraient le soin de couper les routes.

Notre pays, qui veut la paix, est prêt à la guerre. De toutes nos chances de victoire il n'en est pas de plus sûre.

Dans la balance des forces, ce sont les impondérables qui pèsent le plus lourd.

Il serait criminel de rien négliger qui puisse augmenter notre valeur offensive. Jamais nous ne

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