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La guerre mondiale et la question turcoarménienne

tils d'un Polonais qui, ayant trouvé un asile en Turquie après la révolution avortée des Hongrois en 1848, entra à son service comme officier et fut l'objet des faveurs de son gouvernement jusqu'à sa mort, je me suis inféodé au peuple turc, autant par reconnaissance que par appréciation de ses très nombreuses et très sympathiques qualités.

En écrivant ce livre destiné à défendre la Turquie /levant l'opinion publique occidentale dans la question turco-arménienne, je n'ai fait que continuer à donner cours à mes sentiments d'attachement pour le pays où je suis né et où, à mon four, j'ai été l'objet de sa bienveillance. Ces sentiments se sont manifestés par des actes dont la sincérité ne peut être mise en doute; ainsi je me suis battu deux fois en duel pour soutenir son honneur et j'ai pris part comme volontaire à la guerre turco-grecque.

C'est après carrière faite et assuré depuis longtemps des sentiments bienveillants du gouvernement ottoman et de mes compatriotes turcs, que je fais paraître cet ouvrage sous mon nom. Par là je veux dire ■ que, ce faisant, je n'obéis qu'à mon amour pour le pays. Quant au degré

de conviction avec lequel j'ai mis ma plume à son service dans ce débat, on il s'agit de prouver que la Turquie n'est pas la grande coupable qu'on prétend et où les passions se trouvent excitées au plus haut point, il se trouve suffisamment déterminé par V apposition de ma signature au bas de ce plaidoyer, oit je dis de cruelles vérités aux Comités arméniens et à l'Entente.

Les explications que je viens de donner étaient nécessaires, car en présence de la difficulté où je me flatte d'avoir mis la partie adverse de répondre à ma défense de la Turquie, elle cherchera à m' attaquer dans ma personne. Elle dira peutêtre qu'un Ottoman d'origine polonaise qui prend fait et cause pour les Turcs contre les Arméniens ne peut être qu'un mercenaire. Elle dira aussi qu'étant devenu musulman, je ne suis qu'un renégat qu'on ne peut prendre au sérieux dans le rôle de défenseur des Musulmans contre les Chrétiens.

Dans son embarras, que ne dira-t-elle pas encore d'aussi juste et d'aussi élégant ?

Mais il n'y aura là toujours que des arguments déplacés ! A supposer même que je sois le personnage indigne qu'elle cherchera sans doute à faire de moi, qu'est-ce que cela prouverait ? Deux et deux n'en font pas moins quatre, même si c'est un filou ou un assassin qui l'affirme. En effet, ce sont les arguments qui parlent. Ceux-ci admis comme valables en eux-mêmes, la personnalité de celui qui les avance ne contribue ni à les infirmer, ni à les confirmer.

Deux mots encore. Je ne nourris contre les Arméniens aucun préjugé — tout au contraire, je les admire comme un peuple doué de nom-

breuses et solides qualités. Je compte parmi >nx beaucoup de connaissances et quelques amis. Répétant ce que j'ai écrit dans la phrase qui clôt mon ouvrage, je dirai que comme Ottoman, je regrette très profondément la scission que l'intrigue a provoquée entre eux et les Turcs qui ils étaient destinés à rivr< dans l'union. Cest pour ceux qui ont commis ce crime contre l'histoire, dont par là ils ont détourné le cours, que, revenus à eux-mêmes, les Arméniens devraient réserver leurs malédictions.

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