‹ La guerre mondiale et la question turcoarménienneChapitre 22 sur 40 · DU CHOIX DES ARMES · texte numérisé non relu

DU CHOIX DES ARMES

«Celui qui a besoin d'une arme doit au préalable s'adresser à quelqu'un de confiance pour lui demander quelle est la meilleure. Naturellement, celles fabriquées en Europe sont les plus perfectionnées, mais l'Arménien ne peut se les procurer, car nous ne pouvons pas aller en Europe et les armes d'Europe ne peuvent pas venir en Arménie 2j. Si même on parvient à en avoir, il n?est pas possible d'en préparer les balles. Conséquemment nous devons chercher nos armes autour de nous. Nous sommes limitrophes de trois pays où, actuellement, on trouve deux sortes d'armes. En Russie, il y a aujourd'hui le «Moussine;: autrefois, il y avait le

') En se servant de cette dénomination, les Comités jouaient la comédie devant leurs propres compatriotes. On verra, en lisant les instructions dont il s'agit, que le but de la «défense personnelle» était d'attaquer les villages musulmans.

(Sote de fauteur de t ouvra g;

2) Cela n'était vrai qu'en ce qui concerne les fusils de guerre. Des centaines de milliers de pistolets à répétition furent importés par les Comités.

«Berdan». En Turquie, on se servait autrefois du «Martini»; on emploie aujourd'hui le «Mauser». Les meilleures de ces armes, c'est-à-dire les plus nouvelles, sont entre les mains des gouvernements. On pourrait facilement, et à bon prix, s'en procurer les cartouches, mais comme aucun gouvernement ne permet que ces armes soient utilisées par la population et qu'il serait compromettant de les acheter ou de les vendre, nous devons préférer les vieilles armes qu'il est plus facile d'obtenir.

Dans ce cas, une question se pose: Comment peut-on, avec une arme vieille et mauvaise, résister à quelqu'un qui en possède une neuve et bonne? Cette observation est déplacée, i° parce qu'il est impossible que nos ennemis se servent de leurs armes aussi bien que nous des nôtres, et 2° parce que tout le monde sait qu'une arme de bonne qualité n'est pas toujours utile entre les mains du commun des gens.

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