‹ La guerre mondiale et la question turcoarménienneChapitre 23 sur 40 · DES VILLAGES · texte numérisé non relu

DES VILLAGES

Il y a chez nous trois espèces de villages : i° les villages situés entre d'autres villages arméniens et habités exclusivement par des Arméniens: 2° les villages situés dans les zones non-arméniennes, mais habités tout de même, seulement par des Arméniens ; 3° les villages habités en même temps par des Arméniens et des non-Arméniens.

Au point de vue de l'organisation, il n'y a aucune différence entre ces trois espèces de villages. Chacun d'eux, organisera un corps spécial et toutes les forces existantes feront partie de ce corps avec leurs armes. Chaque corps sera divisé en deux

parties: «Les Sédentaires» et iLes Mobiles». Chaque partie aura un chef et un sous-chef. Dans chaque village, les Sédentaires et les Mobiles *] choisiront conjointement leur chef parmi les plus expérimentés d'entre eux. Ce chef sera la plus grande autorité du village et toutes les forces de l'endroit seront sous ses ordres. Il sera en même temps le représentant du commandant de la zone et de i'étatmajor.

Les chefs des villages situés dans une même zone, se réuniront et éliront parmi eux un étatmajor provisoire composé de trois membres. Les jours de combat, l'état-major, ou le commandant de la zone, pourront, sous leur propre responsabilité, retirer les armes à ceux qui ne pourraient pas s'en servir, pour les donner à des plus expérimentés. Les villages qui seraient attaqués par surprise, expédieront d'urgence des courriers aux villages voisins pour demander secours. Les Arméniens habitant dans des villages mixtes et qui, étant en minorité, ne peuvent espérer du secours des villages environnants, doivent se rendre tout de suite dans les zones arméniennes en emportant avec eux leurs biens les moins encombrants.

Dans les villages mixtes, ou les ennemis sont en minorité par rapport aux Arméniens, on devra garder ses ennemis en otage s'ils ne se sont pas antérieurement enfuis ou bien les inviter à quitter

') L'existence de cette force de 'Mobiles» à côté des «Sédentaires » prouve à l'évidence que le plan des Comités consistait non seulement à résister aux opérations répressives des troupes impériales, mais à entreprendre des attaques contre les villages musulmans. De fait, ce sont ces attaques par les «Mobiles > qui donnèrent lieu aux expéditions punitives des troupes de lEtat que devaient repousser les «Sédentaires • . (Notf de VautturA

le village, suivant la ligne de conduite adoptée par eux ou par le gouvernement.

Pendant le combat, les portes des maisons doivent être laissées ouvertes pour recevoir les gens qui fuiraient devant les troupes régulières ou la police. Il faut, en ces circonstances, défendre absolument aux personnes non armées de se trouver dehors. Tout le village est tenu à payer le prix des armes qui tomberaient aux mains de l'ennemi. Les armes prises à l'ennemi appartiennent à celui qui les aura prises.

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