DANS LA PROVINCE DE TRÉBIZONDE
Des soldats russes qui entrèrent avec des bander arméniennes dans le village de Lazandos. du district de Of, déshonorèrent devant son mari la nommée Yasémin, femme de Dilsis oglou Ali Osman et blessèrent ce dernier à coups de baïonnettes. Les mêmes soldats se rendirent coupables d'autres viols et assassinats sur la population de ces régions.
Dans le village Pirvana. du district Surmène, les Russes assassinèrent le nomme Sou Itchnes oglou Bidjan Agha, après avoir violé sa femme devant ses yeux. Ceux qui. parmi la population des villages Pirnak, Zimlé Koua. Zimélï Kébir et Zimélï Saghir. n'avaient pu s'enfuir, furent impitoyablement massacrés. Les femmes du village Elana de Of furent conduites par les soldats russe? dans les tranchées, où elles furent violées par ces barbares. La femme de Tchakir oglou Suleiman. du village Polid, fut assassinée après avoir été violée.
Les femmes de Téhi oglou Emin, du village Sabava, du percepteur Ali. de Hadji Moustapha oglou Mehmed, du village Zino. et de Molla Mehmed oglou Asker Mahmoud furent violées.
Les jeunes filles des nommées Kemahdji Zadé Ahmed, du village Komanit. Ali oçlou Mehmed et
Daïoglou Hussein, agha du village Kel Ali, essuyèrent le même outrage.
Orner oglou Osman, du village de Inoz Tach, de Surmené, fut assassiné et sa femme violée par des soldats russes et des révolutionnaires arméniens.
Les troupes russes répartirent entre les bandes arméniennes tous les jeunes gens qu'elles rencontrèrent.
Les Arméniens qui étaient chargés d'accompagner les habitants, assassinèrent à coups de baïonnettes tous les vieillards et enfants et violèrent les femmes. Ce fait a été rapporté par une malheureuse femme âgée de 40 ans, du village de Karanli de Pomré qui, après avoir été violée, a pu regagner le village Kadarouz dans un état pitoyable.
Les barbares Arméno-russes, pendant leur retraite de Loma, assassinèrent toutes les femmes et les enfants réfugiés chez le percepteur Osman effendi, du village Sumla, de la commune de Vitché.
Des femmes et des enfants se trouvant dans quelques maisons du village Ab Emchin furent conduits dans un ravin où ils furent massacrés par une bande de 30 Arméniens.
Une autre bande russo-arménienne de 5 individus a tenté de déshonorer une femme en présence d'un gendarme turc; celui-ci ayant voulu empêcher ce forfait fut assassiné à coups de baïonnettes. Un de ces bandits, qui se rua sur la pauvre malheureuse, arracha avec ses dents une partie de sa joue.
Après la retraite des troupes turques de Of, les Russo-arméniens assassinèrent de nombreux ulémas, ainsi que le mufti.
Dans les villages d'Akrché-Abad, ils incendièrent les habitations, enlevèrent même le bétail apparte-
nant à la population grecque et conduisirent dans différentes directions inconnues toutes les femmes et les jeunes filles.
DEPOSITH ».\
sous serment faite par Ali effendi, fils de
Hadji Youssouf, âgé de 62 ans, originaire de
Hins. domicilié au quartier Djami-i-Kébir. à
Ergani Madon et membre du tribunal
de Vartou Erzeroum .
Nous avions émigré le 31 janvier de Vartou. L'ennemi, composé de réguliers russes et de bandes arméniennes, s'avançait vers notre ville, massacrant les hommes, les enfants et les vieilles femmes, violant les jeunes femmes, brûlant les unes dans des maisons où ils les enfermaient, éventrant les femmes enceintes à coups de sabre. Toutes ces victimes, au nombre de 500, fuyaient devant l'ennemi ; mais la neige formant un grand obstacle à leur marche rapide, elles furent atteintes par lVnnemi qui perpétra les dites atrocités. Les effets et le bétail appartenant à ces victimes furent totalement emportes par les Russo-arméniens.
J'ai été témoin oculaire de ces cruautés, me trouvant sur la colline dominant les environs.
Tevtîk effendi, fils de Vakoub. âgé de 35 ans. greffier au tribunal de Vartou. qui regardait avec Ali effendi, juge au tribunal, du sommet dominant la vallée près de Vartou, l'arrivée des R fit la même déclaration en ce qui concerne la conduite criminelle des Russo-arméniens à l'égard des musulmans.
■ DEPOSITION de Mevloud effendi, fils de Ibrahim, originaire de Mouche, domicilié à Ergheni Madeni (Erzeroum).
Je me rappelle très bien, avec leur date précise, toutes les atrocités abominables commises par les Russo-arméniens sur les musulmans.
Le 25 novembre 1330 (1914), les Russo-arméniens brûlèrent vifs sur du fumier arrosé de pétrole tous les habitants du village Merguenhi du district de Serai, sans distinction d'âge ni de sexe.
Le 7 janvier 1 33 1 (191 5) les Russes brûlèrent dans leurs maisons mêmes tous les habitants des villages Yaman Yourdji, Hérénil et Bilédjik. I ne partie des habitants du village de Sire et Kumbet, de la commune de Batchirghé, ayant émigré le 25 avril 1331 (191 5), ceux qui restèrent furent arrêtés et conduits à Batchirghé pour y être brûlés vifs ou massacrés par les Arméno-russes.
Le 21 janvier 133 1 (191 5), lors de l'évacuation de Marache, les Russes après avoir brûlé la population musulmane, sans épargner même les enfants du village d'Ourma de la commune d'Aza-Kour. se rendirent aux villages de Kon et de Boulanik ou ils reprirent le cours de leurs actes criminels.
DÉPOSITION sous serment de Hassib (Erzeroum).
L'émigré Hassib, qui avait fait le trajet de Gueurmousson à Melazgherd au début des hostilités (octobre 1914 v. v.j, raconte comme suit les faits horribles dont il a été témoin pendant son voyage.
Dans les lieux envahis par les Russes, les bandes russo-arméniennes rivalisaient d'ardeur entre elles pour commettre toutes sortes de cruautés envers la population musulmane tombée entre leurs mains.
Suron de Bayezid, un des chefs du Comité arménien, Pastirmadjian, ex-député d'Erzeroum et Karaguine, à la tète d'une bande composée d'environ 1200 Arméniens, se rendaient dans des villages habités par des musulmans, éventraient les femmes enceintes pour en tirer le fœtus, violaient celles qui étaient belles et tuèrent les autres après d'effroyables tortures. Parmi ces victimes, se trouvait la belle-fille de Gulchen Agha. du village de Kavak, dont les fils et la femme ont ete empalés par ces bandes.
Le 28 avril 191 5, lorsque Melazgherd tomba entre les mains des Russes, je me trouvais avec ma famille au village circassien Yarémich. distant d'une heure et demie du chef-lieu. A la suite d*une attaque soudaine des Russes, aucun des habitants de ce village, y compris les membres de ma famille, n'a pu être sauvé. Je parvins à me sauver seul et à me réfugier au village de Holik, dépendant de la commune de Ahihat. Le 23 mai, ce village aussi tomba entre les mains des Russes, mais ses habitants réussirent à échapper au massacre, tandis que ceux du village d'Aktche Viran. habite par des Circassiens, ne purent se sauver. Tous les effets des maisons et le bétail d'une valeur totale de 20 à 30 mille livres, appartenant à ces deux villages, furent emportes par les Arméno-russes.
Moussa et Sadoullah Beys, notables du village d'Aktche Viran et leur dix compagnons furent dirigés les mains liées à Melazgherd où, après avoir subi des interrogatoires, ils furent livres aux Arme-
niens qui les tuèrent tous à l'endroit dit cKiré», en commençant par leur crever les yeux.
De là, je me suis rendu au front de guerre Liz. Cette localité fut occupée, puis évacuée par les Russes. Les soldats blessés ottomans qui se trouvaient en traitement dans l'hôpital de cette localité et qui n'avaient pu être emmenés avant l'occupation russe, furent trouvés après l'évacuation russe, dans un état horrible. D'une quarantaine de soldats qui s'y trouvaient, les uns avaient les yeux crevés et la tête séparée du tronc, les autres étaient écorchés vifs jusqu'à la moitié de leur corps et pendus.
Moussa Bey, mon beau-frère, Djémal et Hussein effendis, tous les trois Circassiens, nous nous sommes trouvés le cœur déchiré devant ce spectacle navrant.
Le Circassien Moussa Bey, qui se promenait dans la ville, rencontra par hasard dans la cave d'une maison un soldat ottoman à demi mort de faim. On lui prodigua les soins que son état exigeait. Ce soldat appelé Mémiche, fils d'Abdullah, du village Baba Yagmour (district Bogazlyan), affirma que toutes ces cruautés commises à Liz furent l'œuvre des Arméniens et des femmes arméniennes restés à Liz.