IV DÉDICACE
secouait alors? Tu étais ^ pour ta part^ tout feu^ tout flamme. C'est une si bonne chose que se dévouer à une idée grande! Ensemble y et plus dune fois y ce soir-là ^ et plus tard au Bourg et ^ en décembre y nous avons échangé bien des espoirs '^ nous les avons vus devenir brusquement des désillusions! Et qui nous eût dit que ces tristes jour-nées ne seraient point les plus cruelles^ et qu'après les horreurs de la guerre d'invasion nous aurions les hideurs de la guerre civile? Notre génération^ mon pauvre ami y n'est point favorisée du sort^ et il lui aura été donné d'assister aux plus détestables spectacles de l'histoire : la folie en temps de liberté et la servilité aux heures de despotisme. Heureusement que plus d'une chose nous reste : la foi en l'idéal y l'amour du beau^ le culte du bien. Que de fois nous sommes-nous consolés avec ces rêves y qui seront des réalités demain! Je ne hais pas le rêve. Lorsque la terre est inclémente à V homme y il regarde les nuages errants ^ et il y voit y le fouy — ou le sage y ^- l'image même et la personnification de ses chimères.
Mais quoi! la vérité seule et l'histoire sont assez belles y malgré leurs défauts y pour nous consoler de tout. Il y a d'assez nobles et d'assez fières