II DÉDICACE
vourcy la lassitude semble anéantir l'héroïsme.
Les mobiles y harassés ^ regagnaient le bois de Vincennesy tandis que devant nous y au loin^ vers VillierSy nos fantassins ^ abrités derrière les maisons^ se tenaient prêts à soutenir nos artilleurs grimpant et poussant leurs pièces à travers les vignes roussies par l'hiver. Avec quel serrement de cœur et quelles angoisses^ tu t'en souviens^ nous regardions tour à tour ceux qui continuaient le combat y repoussant l'ennemi ^ et ceux qui se repliaient y écrasés] ces bataillom décimés y ces compagnies réduites à quelques hommes! Plus d'officiers^ quelques soldats sans armes y presque tous sans leurs sacsy jetés en hâte, Cétait une simple retraite y et on eût pu croire à une déroute.
— Allons! Il en est toujours ainsi y te dis-jcy depuis Forbach! Et je regardaisy attristé y le soleil qui descendait y rougi y vers le couchant y embrasant emore d!un reflet de forge ce paysage illuminé déclairsy ces boisy ces buissons d'oii pariaient les coups de feu^ vraie fournaise rendue plus ardente par ces derniers rayons.
Il y avaity — je le vois encorCy — parmi les mobiles qui redescendaient le coteau y un vieux à cheveux blancsy portant le képi de capitaine. C'est
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lui qui ramenait les bataillons épars^ son corn-' mandant ayant été tué au moment même oit un éclat (Tobus jetait à terre le général Renault. Cet homme j calme ^ triste y marchait comme au hasard^ le visage impassible. Tu Rapprochas de lui:
(' Mon capitaine y vous n'avez plus assez d officiers! Voulez-vous nous accepter sous vos ordres? Nous sommes prêts à ramener au feu ces compagnies^ si vous voulez les reformer. »
// hocha la tête d^un air de doute , il remercia. Il nous demanda^ non des cartouches ou des chefs pour ses soldats y mais du pain pour les malheureux qui y ayant jeté leurs vivresy allaient camper sans manger dans le bois de Vincennes. Et pourtant le combat continuait toujoursy malgré le crépuscule y malgré cette ombre encore embrasée et qui se faisait plus épaisse y malgré la nuit y une nuit d'hiver sèche et froide. On pouvait lancer sur Vennemi ces jeunes gens y ces mobiles ainsi ramenés par V infanterie prussienne! — Je vous remerciCy fit le capitaine. Il semblait ajouter : — A quoi bon?
Te rappelles-tu encore combien nous nous sentions irrités devant ce calme singulier y quelle fièvre nous saisissaity et quel âpre besoin de lutte nous