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NOTIFICATION A LA HONGRIE DE L'INDÉPENDANCE DE LA NATION ROUMAINE

Dernier discours prononcé au Parlement de Budapest le i8 octobre 1918 PAR le député roumain D"" Alexandre Vaïd A- Voëvode .

M. Vaïda- Voëvode. — Il serait trop tôt, en ce moment, pour établir déjà le bilan de la guerre mondiale. Avec nos faibles forces humaines nous ne sommes pas en état de prévoir, même par un pur effort de notre fantaisie, combien grandes pourraient être les conséquences bonnes et mauvaises de la guerre pour l'humanité.

Et cependant il est possible de constater, dès aujourd'hui, que la guerre mondiale a déjà eu un grand résultat, notamment l'acceptatiop par toutes les nations du principe qu'à l'avenir il n'y aura plus de différence entre les nations et que les grandes et les petites nations seront, dorénavant, égales devant le droit.

Combien douloureux a été pour nous le fait qu'alors que nous nous considérions nous-mêmes comme des nations, les Pouvoirs publics ne nous traitaient que comme des sujets subalternes en nous qualifiant de nationalités !

Depuis l'avènement du christianisme, un grand nombre d'esprits éclairés ont combattu pour le progrès de l'humanité. Beaucoup ont essayé de donner une définition de la manière dont on devait établir ce progrès par la collaboration heureuse des hommes pour le bien de la totalité de l'humanité. Et, quoiqu'il y ait eu dès l'antiquité et aussi depuis le christianisme ae ces esprits qui ont su trouver la voie en donnant à cette idée une expression parfaite, il leur a manqué la puissance nécessaire pour la transporter dans la vie réelle.

C'est à Wilson qu'appartient le grand mérite d'avoir, dans ses quatorze points, donné à cette idée une expression assez claire pour être comprise par tout le monde et de l'avoir mise ainsi dans une lumière qui, dorénavant, ne pourra plus s'éteindre.

Slfl LA GUERRE ROUMAINE

Si les hommes réussissent aujourd'Imi à la réaliser, en lui donnant une forme pratique, alors on pourra dire que depuis l'avènement du christianisme aucune idée plus grande n'a été réalisée pour le bien de l'humanité.

M. HocK Janos. — Il a raison !

M. Vaïda Voëvode. — Nous, représentants des petites nations, avons attendu avec impatience pour voir la position que pi^endraicnt les représentants officiels de la Monarchie par rapport aux quatorze points. Au sein de toutes les nations non magyares un cri de triomphe se fît entendre quand la proposition de paix du ministère des Affaires étrangères, envoyée à Washington, a été publiée, car, par cette proposition, il était reconnu, tant par le ministère des Affaires étrangères que par le (louvernement hongrois et les partis magyars, que dorénavant nous ne sommes plus des nationalités, mais des nations! (Mouvement dans l'assemblée.)

Nous avons conscience de la grandeur des temps, nous avons conscience qu'il n'est pas permis de toucher à de semblables grands problèmes quand on est guidé par un égoïsme mesquin. Nous avons conscience de la vérité que Wilson exprime : qu'il n'est pas permis à l'homme de se laisser influencer par une considération de haine égoïste quand on discute ces questions. Et nous avons conscience encore que ces problèmes ne peuvent être résolus d'une façon sérieuse et réelle que grâce à une sincérité absolue.

Les chefs de la nation roumaine ont décidé en conséquence de préciser leur attitude par rapport à ces points et je viens en leur nom porter ce qui suit à la connaissance de l'assemblée. (Cris, rumeurs : Voyons ça!)

L'orateur lit :

c( Le Comité exécutif du parti national roumain de Hongrie et de Transylvanie a tenu séance le 12 octobre dernier à Oradea- Mare sous la présidence du député D' Théodore Mihali, et après une discussion et un examen approfondi de la situation politique intérieure et extérieure, ce Comité a décidé à l'unanimité de faire la déclaration suivante (Cris : Voyons cela! écoutez!) :

c< Le Comité exécutif du pai"ti national roumain de Hongrie et de Transylvanie, en sa qualité de représentant autorisé de l'organisation politique de la nation roumaine, constate, étant donnée la situation créée par la guerre mondiale, que les résultats de cette guerre justifient l'aspiration séculaire de la nation rou-

maine vers sa liberté nationale complète. En vci-tu du droit uaturel de chaque nation de décider de son propre sort, droit reconnu en ce moment par le Gouvernement honçjrois lui-même par suite de l'oflre d'armistice, la nation roumaine de Hongrie et de Transylvanie prétend déterminer elle-même, en pleine liberté, exempte de toute intluence étrangère, ses propres institutions d'État et ses rapports avec les autres nations libres, d'égale à égale. {Mouvements et bruits sur tous les bancs, à droite et à gauche.)

a L'organe de la nation roumaine de Hongrie et de Transylvanie ne reconnaît pas à ce Parlement et à ce Gouvernement le droit de représenter la nation roumaine et ne reconnaît à aucun autre l'acteur en dehors d'elle le droit de représenter à la Conférence de la paix les intérêts de la nation roumaine de Hongrie et de Transylvanie. {Mouvements sur tous les bancs.)

a Cette nation ne peut pas confier la défense de ses intérêts à d'autres facteurs que ceux qui seront nommés par sa propre assemblée nadionale.XGrand bruit et protestations dans toute la Chambre.)

Le Président. — Je ne désire pas, de ce siège, commencer une discussion avec M. le député, mais je ne peux pas lui laisser faire en qualité de député hongrois des déclarations par lesquelles il attaque la Constitution existante. {Approbations à droite et à gauche.)

M. Vaïda Voëvode. — « En dehors de l'Assemblée nationale roumaine ou des personnes déléguées par cette Assemblée, — en ce moment notamment en dehors du Comité exécutif du parti national roumain, — personne n'est autorisé à négocier et à décider dans les questions se référant à la situation politique de cette nation ; toutes décisions et tous accords qui se feraient sans l'approbation de ces facteurs, nous les déclarons nuls, ' non avenus et non obligatoires pour la nation roumaine. {Grand bruit et exclamations : Inouï!)

Le Président. — Du calme, Messieurs les députés. J'attire encore une fois l'attention de l'orateur sur ce qu'il veuille bien tenir compte de la Constitution existante.

M. Vaïda Voëvode. — « Après des souffrances et des luttes de plusieurs siècles... {Bruits et cris : Plus haut!)... la nation roumaine de la monarchie austro-hongroise prétend la reconnaissance complète de ses droits inaliénables et imprescriptibles à une vie nationale entière. »

Messieurs les députés, je ne désire nullement commencer

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une discussion plus longue avec M. le président du Conseil et avec les orateurs qui ont parlé avant moi; néanmoins, il me sera permis, j'espère, de faire quelques réflexions sur certaines des idées émises ici. {Cris : Voyons-les !)

L'honorable président du Conseil dans son discours d'hier a dit entre autres choses ce qui suit :

« On sait que le Gouvernement a voulu préparer au cours des vacances des Chambres des projets de lois sociales et de salut public nécessaires à l'intérêt du pays ; nous allions préparer la' réforme administrative de façon à essayer de contenter le plus possible les sentiments populaires. »

Le président a continué ainsi : « Et cependant je me trouve dans la situation de ne pouvoir mettre en discussion ces projets à cause du fait qu'entre-temps la situation politique a changé et qu'il faut maintenant ajourner toute question qui pourrait provoquer des dissentiments entre les membres de cette Chambre. »

Selon les propres expressions de M. le président du Conseil, ces projets de lois devaient donc être tels qu'ils auraient dû contenter le sentiment populaire. D'un autre côté cependant ils étaient tels que le Gouvernement n'a pas osé les déposer sur le bureau de la Chambre. {Grands mouvements à droite et à gauche.)

L'honorable président du Conseil a donné ensuite les explications suivantes : « Par l'acceptation des thèses wilsoniennes, je crois que nous n'arrivons pas à contredire notre point de vue traditionnel. En tant que l'égalité individuelle et l'unité indissoluble de l'Etat vont le permettre {Cris : C'est cela! C'est cela!) nous allons satisfaire avec plaisir les désirs de nos nationalités et nous commencerons à négocier avec elles ou, pour parler plus correctement, nous ne négocierons pas avec elles, mais nous allons soumetti^e certaines propositions aux Corps législatifs. » {Approbations.)

Le comte Etienne Tisza, de son côté, a exprimé cette même idée de la façon suivante :

<i Je crois que nous devons arriver à convaincre l'opinion publique que la situation en Hongrie s'approche beaucoup plus des principes exprimés par les points de Wilson et que la réalisation de ces points suppose une modification beaucoup moins radicale de notre organisation intérieure, qu'on ne le croit d'habitude. »

Je vous prie de considérer spécialement, pour les comparer à cette affirmation, deux des points de Wilson.

Le dixième point, notamment, est le suivant : « Aux peuples

J'Autriche-IIongrie auxquels nous désirons assurer une place entre les nations on doit rendre possible, à la première occasion, un développement autonome. » {Mouvements.) ie, crois par conséquent que l'honorable président du Conseil a accepté ce point de vue quand il a consenti, de même que le ministre des Affaires étrangères, au nom de la Monarchie, à faire la dernière offre de paix.

Le quatrième point de Wilson décide que : « Tout postulat national, clairement précisé, doit être satisfait de façon aussi large que possible, sans perpétuer les anciens éléments de discorde, qui pourraient de nouveau troubler la paix de l'Europe et du monde entier, et sans en créer de nouveaux. »

M. Stefan G. Pop. — La suprématie et l'hégémonie, voilà les causes de la discorde. (Bruits.)

M. Vaïda Voëvode. — Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'exposer largement le profond abîme qui sépare le point de vue de M. le président du Conseil et de M. le député comte Tisza d'une part et celui du président Wilson d'autre part.

Il est impossible de jeter un pont sur cet abîme et encore moins pourra-t-on le faire en employant des fictions, en usant de jongleries et d'adresses oratoires.

M. le député comte Etienne Tisza a parlé de la démocratie; notre question aussi tient de la démocratie, car partout au monde il est impossible de canaliser la vraie démocratie et de lui donner une impulsion normale d'évolution, sans résoudre préalablement les questions nationales. Ce procès social ne peut se développer dans sa direction normale que sur une base nationale seulement et uniquement dans les cadres d'une nation. Le comte Etienne Tisza, au moment où il discutait la question nationale, ou plutôt la question des nationalités, puisque c'est ainsi qu'il veut l'appeler, et la question de la démocratie, a déclaré, en résumant toute sa conception politique sur une interruption faite par le député Hock qui soutenait que sans loi électorale il ne peut pas y avoir de paix, que : a Nous ne devons la faire, cette loi, qu'au moment seulement où nous allons y être forcés. »

M. L Nagy Sandor. — C'est une politique assassine ! (Bruits à gauche.)

M. KuN Bêla. — C'est un discours anti-national I

M. Fentes Laszlo. — On enterre la nation !

M. I. Nagy Sandor. — L'homme d'État providentiel I

Le PaÉsmENT. — Du calme, s'il vous plaît !

3l8 LX CUERIVli ROUMAINE

M. Vaïda Voëvode. — J'ai eu la chance, depuis que le comte Tisza a repris son activité politique suspendue jusqu'en iQio, de voir toutes les fois que j'ai pris la parole à la Chambre qu'il ne se passait pas quarante-huit heures sans que le comte Tisza m'écrasât, m'anéantît. {Mouvements.) J'ai encore été assez heureux pour que M. le président du Conseil veuille bien répondre aux observations que je me suis permis de faire. Des faits montrent qu'entre nous il n'y a jamais eu de relations intimes d'amitié. Personnellement, bien entendu, je considère M. le président du Conseil comme un homme très a.imaih\çi' (Mouvements), mais comme homme politique, comme adversaire, je le considère comme très dangereux, car l'homme est d'autant plus dangereux qu'il sait mieux vous glisser entre les doigts. {Grands mouvements.)

M. Fenyes Laszlo. — Ils ont fait le même mal au peuple magyar qu'au peuple roumain.

M. KuN Bêla. — Wekerlé est dangereux pour le peuple magyar.

M. Fenyes Laszlo. — Ce n'est pas le gouvernement du peuple magyar.

Le PRÉsmENT. — Du calme, s'il vous plaît ! Je prie M. le député Fenyes Laszlo de vouloir bien se calmer. {Exclamations à droite : Ce sont des provocations !)

M. Vaïda Voëvode. — C'est ainsi que l'honorable président du Conseil a été pour moi un adversaire politique agréable. — Mais je préfère comme adversaire politique le comte Tisza. Avec ce dernier on peut y aller carrément. Il a affirmé hier que nous avons travaillé à l'étranger avec un grand apparat et que nous avons réussi ainsi à gagner à notre cause la sympathie de l'opinion publique mondiale ; je préfère encore le comte Tisza pour le fait que, — et là il n'y a pas de différence de vue entre les autres membres de l'assemblée et nous, — pour arriver à ce but, le plus grand service nous a été rendu par le comte Etienne Tisza lui-même ! {Exclamations à l'extrême gauche : C'est ainsi! — Mouvements.)

Il n'a voulu offrir aucune occasion d'entente {Mouvements) ; il a continué l'oppression nationale sur les mêmes bases que le comte Apponyi et que le baron Banffy, au service de la tradition politique inaugurée en Hongrie par Coloman Tisza.

Les partis magyars ne pourraient pas rendre à notre cause un plus grand service que celui d'élire comme ministre des Affaires étrangères, après la proclamation de l'indépendance de la Hon-

gric, le comte Etienne Tisza lui-même et de le déléguer pour représenter la Honr)rie au Clongrès mondial de la paix. (Motivementa.) Voilà pourquoi le discours d'hier du comte Tisza a fait progresser notre cause plus que tout ce que nous aurions pu faire pendant des dizaines d'années de luttes 1

M. Fenyes Laszlo. — Vous entendez? (Grands bruits; le président agite sa sonnette.)

M. lliCHTER Janos. — Vains mots!

M. Nagy Sandor. — Il a complètement raison. C'est Tisza qui est coupable.

Le Président. — Silence, s'il vous plaît !

M. SziLAGYi Lajos. — Pas de provocations!

Le Président. — Silence, s'il vous plaît !

(Autres interruptions.)

M. Vaïda Voëvode, reprenant. — M. le président du Conseil a déclaré que dans ce pays les nations non magjaures ont eu, même jusqu'à présent, une vie heureuse et qu'entre les principes wilsoniens et la situation en Hongrie il n'}-^ aurait pas un grand écart. Elle est %Taiment digne d'admiration, l'audace de M. le président du Conseil, qui s'est permis de faire une telle affirmation, ici, au Parlement, par-devant le pays et par-devant le monde entier!

M. Stefan C. Pop. — C'est un cynique !

M. Vaïda Voëvode. — Il est pour la troisième ou quatrième fois président du Conseil des ministres de la Hongrie. (Interruptions à l'extrême gauche : C'est la cinquième fois, et il serait temps que ce fût la dernière.) On pourrait s'attendre à ce qu'il connût la question des nationalités et qu'il sût qu'alors que, sur tous les champs de bataille, on sacrifiait les enfants des nations non magyares, alors que les pères et les fils mouraient côte à côte dans les combats, toutes les prisons regorgeaient de prisonniers ; maintenant encore elles sont remplies des parents et des mères des combattants et même des enfants de quatorze et de seize ans ont été jetés en prison 1 (Vives protestations et grands bruits sur les bancs du centre.)

Le Baron Szterenyi (Joseph), ministre du Commerce. — Calomnie ! Mensonge 1 (Grand bruit.)

Le Président. — Silence, s'il vous plaît !

M. Fenyes Laszlo. — Ce n'est que maintenant qu'on les a remis en liberté. Voilà la vérité ! (Bruit à droite.)

Le Président, agitant sa sonnette. — Je prie MM. les députés de vouloir bien être calmes et d'attendre. L'orateur recevra très

certainement une réponse de qui de droit pour ses expressions déplacées. {Brait : Il faut entendre! écoutons!)

M. Vaïda Voëvode. — M. le ministre du Commerce prétend que je mens.

Le Baron Szterenyi (Joseph), ministre du Commerce. — Oui ! (Sur les bancs du centre : Oui! Oui!)

M. Vaïda Voëvode. — C'est bien, je vais donc vous servir de suite des noms propres. Le D"" Valère Braniste... (Interruptions, bruit et cris à gauche : A-t-il seize ans celui-là ?)

M. Stefan C. Pop. — On a condammé aussi des personnes de seize ans.

M. Théodore MmAU. — Attendez. On ne saurait exposer tous les cas d'un seul trait. (Grand tapage!)

M. Vaïda Voëvode. — M. Braniste a été détenu pendant huit mois, quoiqu'il ait été tout à fait innocent et il n'a été remis en liberté qu'au moment où le ministre des Affaires étrangères a accepté au noni de la Monarchie et de la Hongrie les quatorze points de Wilson. (Grand bruit et interruptions sur les bancs du centre : Beaucoup plus tôt!) En dehors de lui, quatre messieurs... (Interruptions : Qui est-ce ? Nous voulons des noms!)

Allez demander, je vous prie, des informations téléphoniques k Cluj (Kolosvar). Et osez ensuite me démentir. (Cris à droite : Ils sont très certainement détenus pour d'autres Jaits criminels !)

Le Président. — Silence, s'il vous plaît. Messieurs les députés !

M. Stefan C. Pop. — Ordonnez une enquête. Huit tribunaux militaires sont en fonction depuis deux ans.

Le Président. — Je prie M. Stefan C. Pop de vouloir bien se taire!

M. Ferdinand Juriga, Slovaque. — Et ils sont morts dans les prisons de faim ou atteints de typhus. (Grand bruit.)

M. Vaïda Voëvode. — Est-ce que cet état de choses ressemble beaucoup aux postulats wilsoniens ?

Peut-être daignerez-vous aussi apprendre que l'on ferme nos écoles par centaines. Veuillez aussi savoir que nos gymnases vont être magyarisés ; on nous a imposé des conditions impossibles à remplir dans le seul but de créer un prétexte pour magyariser nos gymnases, ceux qui nous sont encore restés de l'époque de l'absolutisme.

M. Ferdinand Juriga, Slovaque. — A nous, ils ont confisqué des fonds nationaux.

M. Vaïda Voëvode. — Si vous vous étiez intéressé à ces questions, comme vous en aviez le devoir, vous auriez pu prendre connaissance, aumoinsdanslesjournaux, dufaitqu'àSibiu,lecommissaire

du (îoiivcrnemont ne s'est même pas laissé arrêter par les saints autels ol a envoyé des gendarmes dans nos églises elles-mêmes ! J'espère que vous reconnaîtrez que ce n'est pas là le point de vue que VVilson a aflirmé ?

Je ne veux pas l'aire un réquisitoire, les temps ne sont plus aux récriminalions : cette question doit être résolue par voie d'entente h l'amiable... (fnterriiptions) entre les grandes et les petites nations. Mais devant les affirmations faites hier par M. le président du Conseil, il est impossible de ne pas dévoiler l'état de fait de la situation.

Voilà par exemple la politique au sujet de la propriété rurale. A l'invalide de guerre, il n'est pas permis...

jNI. Stefan G. Pop. — Parce que les magnats peuvent .commettre n'importe quelle atteinte aux droits en Transylvanie 1 {Très grand brait à droite.)

M. Vaïda Voëvode. — ...d'acheter un hectare de terre pour bâtir une maison après avoir risqué sa vie et sacrifié sa santé. Cela ne correspond pas aux principes wilsonlens. Et cependant il s'est trouvé un président du Conseil qui a eu l'audace d'affirmer ici que dans ce pays le sort des non-Magyars serait tellement heureux qu'il correspondait entièrement aux postulats wilsoniens ! Quelqu'un a fait l'observation que Wilson ne pense pas seulement aux nations non magyares, mais aussi à la nation magyare * et à ses enfants opprimés. Regardez, je vous prie, dans cette Chambre où il n'y a que quatre députés nationalistes roumains et deux slovaques. {Hilarité.)

M. Fentes Laszlo. — La c( Social-Démocratie » n'en a aucun ! M. Vaïda Voëvode. — Et il n'y a pas même un seul député (C social-démocrate » magyar !

M. Fenyes Laszlo. — C'est un parlement déclasses! M. Vaïda Voëvode. — A l'affirmation faite, alors que dans cet heureux pays subsiste cette situation, qu'entre les principes wilsoniens et cette situation il n'y a qu'une petite différence provenant d'un simple malen?;endu, permettez-moi de ne pas appliquer l'épithète véritable qu'elle mérite, car je serais forcé d'employer une expression très peu parlementaire !

A remarquer certains symptômes, on peut croire qu'une nouvelle pression va commencer dans le genre de celle qui a déjà été exercée par le comte Tisza (*) afin d'arracher quelques

(i) Déclaration Je fidélité à l'État magyar, arrachée par le comte Tisza à quelques intellectuels roumains pendant l'état de siège en 1916-1917, par des menaces sans aucun scrupule.

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