I-A GUERR£ ROUMAINE
déclarations et de faire croire que d'autres personnes et non pas nous seraient les vrais représentants de la nation roumaine. Par des pressions exercées au moyen de vos administrations et par les procédés des préfets vous arriverez peut-être à trouver par-ci par-là quelques non-Magyars qui vont vous faire des déclarations patriotiques. Mais que peut signifier une déclaration patriotique de ce genre-là ? Ce n'est pas un acte de patriotisme, c'est un expédient que le Gouvernement emploie pour échapper à une situation momentanée désagréable. Essayer de se croire heureux dans des temps pareils et avec de pareils moyens, c'est vraiment une tendance digne d'inspirer la commisération!
Le Baron Szterenyi (Joseph), ministre du Commerce. — Mais pas contre des traîtres à la Patrie! {Interruptions : C'est vrai! C'est comme cela!)
M. Vâïda Voëvode. — Il ne vous restera pas une autre manière de procéder que de prendre pour base une sincérité absolue, un complet repentir et de poser les fondements de la vraie démocratie, du vrai christianisme et de la réalisation non falsifiée des principes wilsoniens. Et quand, ensuite, nous nous rencontrerons comme nations libres et égales, nous pourrons vous tendre la main dans l'avenir ; mais entre oppresseurs et opprimés, depuis que le monde existe il n'a jamais pu exister de relations sincères. Nous devons donc établir l'égalité en droit de tous et la liberté de tous. Ce but ne peut pas être atteint par de longs débats ; on doit offrir en fait la possibilité pour toutes les nations non magyares de parfaire leur organisation nationale. C'est ainsi que la discussion pourra continuer. Mais elle ne se limitera pas aux frontières étroites de ce pays, car cette question ne va pas être tranchée par les politiciens myopes qui se laissent appeler ici avec tant de plaisir hommes d'Etat. Ce problème est déjà devenu en effet une affaire internationale et c'est maintenant une question d'honneur pour l'humanité entière que de le résoudre honnêtement.
Soyez certains que par ma voix ne vous parle pas mon individualité physique, faible et passagère, mais toute la nation roumaine ; en ces moments historiques, tous les Roumains s'unissent dans les mêmes sentiments et leurs cœurs sont animés des espoirs et des aspirations que j'exprime !
M. Ferdinand Juriga, Slovaque, crie en roumain : « Vive la nation roumaine ! »