INTRODUCTION
C'e,'if le 7 mai igi8 ('), « à 1 6^ 58 du matin, au Palais royal de Cotrotcheni'et dans le salon même où avait eu lieu, en août iQi6, le fatal Conseil de la Couronne qui avait jeté la Roumanie dans la guerre y> (^), que fut apposée la dernière signature sur le document, nommé Traité de Bucarest, par lequel l'Allemagne, l' Autriche- Hongrie, la Bulgarie et leur allié turc espéraient avoir mis la Roumanie hors de combat et l'avoir définitivement soumise.
Ce traité, « résultat de négociations prolongées et insistantes » {^), s'était fait attendre. Il était le dernier conclu en Orient et était nécessaire pour sceller la liqui-
(i) Un an, exactement, avant la remise des conditions de paix des Alliés, à Versailles, à la Délégation allemande.
(a) Préface de la brochure en allemand et roumain, mise en vente par la Kommandantur allemande de Bucarest et comprenant les textes du traité de paix, Traité de Paix entre l'Allemagne et la Roumanie, édition du Bukarester Tageblatt 1918, p. 18.
(3) Ibid., p. 5. L'insistance avec laquelle les Allemands appuient ainsi sur la longueur et la difficulté des négociations marque leur désir de présenter le traité de Bucarest comme issu d'un libre consentement de la part de la Roumanie. En réalité, les négociateurs roumains ont été forcés de prolonger les pourparlers à la suite des exigences exorbitantes et toujours renouvelées que les Austro-Allemands leur présentaient sans discontinuer ; toutes les protestations ont du reste été sans effet, et la Roumanie a dû, pour le moment, se soumettre complètement à la volonté de ceux qui, quoique ne l'ayant pas vaincue, croyaient être ses vainqueurs.