XIV INTRODUCTION
(lalion du grand front oriental. Il faisait partie de tout un si/slème de politique que MM. de Kuhlmann et Czernin, les mêmes qui avaient solennellement oroclamé la nécessité d'une « paix sans annexions ni contributions y), imposaient, au nom du peuple et de l'empereur d'Allemagne d'un côté et de l' Autriche-Hongrie triomphante de l'autre, à la moitié de l'Europe que les armes allemandes croyaient avoir réduite à l'impuissance.
Le traité de Bucarest est une première et la plus parfaite réalisation de l'idée que les Allemands, les Autrichiens et les Hongrois, avec leurs alliés, se faisaient de la Société des Nations, telle que devait l'introniser la paix germanique.
Celte conception se trouve être en opposition violente et irréductible avec l'idéal passionné que le peuple roumain s'est fait de la vie et de la liberté internationales. C'est ce qui explique la fureur avec laquelle le Gouvernement allemand^ toujours très bien informé, a voulu frapper la Roumanie et l'insistance avec laquelle il a tout essayé pour l'humilier.
Mais cette violence supérieure n'a fait qu'attacher le peuple roumain encore plus profondément à l'idéal généreux de justice qu'il confond avec sa raison d'être ellemême.
Cet idéal a trouvé son plein épanouissement , comme devoir d'action, dans le suprême effort que fit la Roumanie pendant sa participation à la grande guerre. La conception allemande s'est incarnée au contraire dans le traité de paix que les puissances centrales ont voulu imposer au peuple roumain.