SECONDE PARTIE
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Les jours d'innocence de notre premier père durèrent peu, mais qu'ils furent heureux.'... alors intimement uni à sou Dieu , il communiquait sans \ Mne avec lui par toutes les puissances de son aine; alors son corps était soumis à son esprit , et son esprit était soumis à Dieu. Tout était réglé en lui : point de ténèbres dans l'intelligence , point d'écart dans l'imagination , point de dérèglement
dans le cœur, point de révolte dans les organes. Aussi jouissait-il, dans cet état, d'une paix parfaite , d'une paix inaltérable !...
Mais à peine s'est-il rendu coupable , qu'une déplorable révolution s'opère dans tout son être. L'ordre, celte belle harmonie de la création , cesse d'exister ; l'aine, en perdant la sagesse, perd son énergie. La chair se révolte contre l'esprit et cherche à l'asservir à son empire. Dès lors l'homme , pour être juste et heureux, a besoin d'opposer une résistance continuelle contre ses mauvaises passions. Car ses passions non réprimées sont un feu qui le saisit, le brûle et le consume. Sous leur fatale influence, la volonté se porte à des actes illicites; il transgresse la loi éternelle; il a^lit son être et il tombe dans l'abîme de tous les maux.
11 est donc imposant d'opposer une digue à la fureur de vos passions, mon cher Théophile, et de façonner fortement votre cœur à la pratique du bien.
Votre vie tout entière dépend des habitudes que vous lui aurez fait contracter; et votre éternité n'en dépend-elle pas peut-être plus encore? Il vous faudra des efforts pour cette sainte entreprise; mais voyez si , dans tout ce qui a quelque prix et quelque mérite dans la vie, il ne faut pas des combats et du courage ; arrive-ton aux sciences sans travail et sans peine ? Combien les études demandent d'efforts et de persévérance 1 N'y aurait-il que la vertu qui s'obtiendrait sans difficulté ?
Détrompez-vous, mon cher ami; le mot de vertu lui-même , qui veut dire force, suppose que la force règne dans une arae qui la possède, ou qu'elle est le prix de la force. Les saints , ces hommes éminemment vertueux, n'ont été tels que parce qu'ils ont puissamment triomphé d'eux-mêmes ; les saint Jérôme , les saint Bernard, les saint Vincent de Paul, les saint François de Sales, ne sont arrivés à une si haute sainteté que par là ; ce dernier turtout, qu'on ne cite plus aujourd'hui
que comme le type de la douceur, n éta? devenu si doux qu'en triomphant en lui d'un tempérament violent et irascible.
Comme eux, il faat donc vous décider au combat.
Ah ! si vous portez sn vous une amf ardente, il faut diriger son ardeur, il faul lui donner un heureux élan par le combat spirituel ; que de biens résulteront pour vous de ces efforts sur vous-même ! que vous allez vous préparer des jours heureux ! Un cœur que vous conserverez pur et sage, une raison que vous garderez saine et droite, une conscience timorée, une ame religieuse et tempérée , voilà les précieux résultats que vous emporterez comme un trésor et comme une barrière contre le mal.
Pour vous aider dans cette guerre spirituelle, nous allons vous exposer, dans cette seconde partie , et les motifs qui doivent vous exciter à combattre vos passions, et les moyens qu'il faut employer pour les vaincre. Jeune soldat de
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-lésus-Cbrist , enrôlez-vous avec confiance sous l'étendard du Roi des rois; revêtez-vous de toutes les armes de Dieu. Prenez la ceinture de la vérité, la cuirasse de la justice , le casque du salut , le bouclier de la foi , l'épée de la parole , et volez au combat. Avec le secours du Tout- Puissant, vous êtes assuré de la victoire , et vous éprouverez un jour l'effet de cette consolante promesse : Soyez fidèle jusqu'à la mort, et je vous donnerai \a couronne dévie. (Apoc. ,2. )